lundi 27 juin 2011

Cassé le mythe

du père infaillible, intouchable, de celui qui n' a jamais rien fait de mal, qui ne fera jamais rien de mal, celui du père malheureux et abandonné.... Le père qui le casse lui-même en imposant, en un tour de main, une nouvelle femme à ceux qu'il dit aimer au-dessus de toute autre personne au monde, ses enfants.

Un père qui a dévoilé sa face d'égocentrique, celui qui a toujours fait passer son bien-être en premier... un père qui est tombé très bas dans l'estime de ses garçons. Les deux sont encore sous le choc et choc est peu dire vu leur état d'hier soir. 

Mon puiné me reparle comme un fils parle à sa mère, certes, l'agressivité est toujours latente mais il réussit à me regarder dans les yeux et non en rasant le sol... Il a l'air épuisé, je pense qu'il pleure dans sa chambre, loin de ses frère et soeur. Je vois sa peine et je n'ose lui poser les bonnes questions, trop peur qu'il se referme, qui se remette dans le mépris total.

Leur imposer une femme sans en avoir parlé auparavant... je n'arrive pas à me dire que c'est la bonne approche d'un sujet aussi délicat. L'embrasser devant les enfants, lui faire des caresses ... est-ce vraiment une nécessité absolue? Envoyer ma fille avec elle au cinéma, la faire passer une après-midi entière avec une totale inconnue, juste pour la forcer en douce de dire du bien d'elle ? Je doute fort...

C'est sa vie, je suis réellement délesté de ce poids énorme qu'est la culpabilité, en sachant bien que je ne suis pas la seule coupable... J'ai porté ce fardeau tellement longtemps, le fardeau d'avoir sur la conscience le mal-être de ce père. Je suis libérée aux yeux du monde, je ne vais plus passer pour cette ingrate qui a chassé un homme si admirable, si gentil, si dévoué à sa famille. Parce que cet homme montre de nouveau ce qui est en lui, son égoïsme total et sans limite... 

Je suis libre désormais, en une minute, en un mot, les liens qui me tenaient enchaînés à cette ancienne vie se sont lâchés et me laissent enfin monter à la recherche de ce qui m'attend de l'autre côté. Je suis perdue devant l'ampleur des possibilités qui s'offrent désormais à moi. Et je suis heureuse, tellement heureuse, profondément heureuse de savoir que les pendules sont remises à l'heure.

Je ne vais pas brusquer mon deuxième, je vais lui laisser le temps se s'approcher de nouveau de moi, je vais lui laisser le temps de remettre son monde encore une fois chamboulé en ordre, je suis là, j'ai la patience et je n'ai pas hâte... Mon grand fait comme si la nouvelle ne le touchait pas mais j'ai vu dans ses yeux, j'ai entendu dans sa voix d'homme une certaine déception et un tremblement qui annonçait un flot de larmes retenues. 

Je vois avec bonheur les vacances toutes proches... des vacances sous le signe d'une reconciliation...

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