Parce que parfois me replonger 25-30 ans en arrière permet de se libérer des liens d'adultes qui retiennent à terre pour s'envoler encore une fois loin loin loin ....
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dimanche 22 décembre 2013
mercredi 16 octobre 2013
Sans accès
à ma banque : cette fois-ci c'est mon petit boîtier qui a passé son temps et qui doit être remplacé par un nouveau modèle...
C'est formidable la technologie :-)
Sinon les jours s'enchaînent et rien de fondamental ne change, un dos qui coince, qui m'empêche de dormir, qui me rend la vie difficile parce que limitée dans mes gestes.
Les cicatrices sont en alarme et je ressens au dessous des lignes une douleur que j'avais espéré disparue à jamais... Peut-être que le fait d'être couchée sur le ventre et d'avoir une pression sur le dos écrase les côtes ? ? ? En tout cas je ne veux pas me retrouver avec des côtes cassées comme cela m'est déjà arrivé sans que je fasse grand chose, juste un mauvais geste et crac...
Mon grand est heureux parce que l'orchestre qu'il avait mis sur pied pour la messe des premières années perdure, il a de nouveaux musiciens et ils répèteront le mardi soir. Encore une soirée de moins en sa compagnie, je ne le vois plus que le mercredi s'il n'a pas match ... un avant goût de l'année prochaine ... cela fait bizarre et me dire qu'il aura 18 ans dans quelques mois seulement ... oui, c'est bizarre ...
vendredi 20 septembre 2013
Et la folie m'a prise
et j'ai sorti du placard ma vieille clarinette qui m'a donnée tant de plaisir et tant de joie... il y a tellement, mais tellement longtemps.
Par pure folie peut-être non, peut-être pour me prouver qu'on ne peut pas reprendre au bout de 25 ans la pratique d'un instrument. Je n'ai pas été déçue : ça sonne comme un canard enrhumé et mon souffle est tellement court qu'on oublie un trait de plus de 2 mesures.
C'est un acte cruel ce que je viens de faire. Pour moi et surtout pour les voisins.
Déjà, l'instrument sent mauvais, l'huile enfermée dans sa housse, ça prend un peu dans les narines au début...
Puis, mes lèvres n'ont plus l'habitude d'être sollicitées ainsi, c'est comme quand vous reprenez les bisous amoureux après la traversée du désert ... ça pique, ça tire, ça fait mal !
Mes doigts n'ont plus aucune coordination digne de ce nom et les années clarinette-basse m'ont donné des tics qui ne pardonnent pas sur une clarinette "normale", on ne peut pas, pour faire musical dans une mélodie, se permettre de lever un peu les doigts, pour caresser la note, et non, sur une clarinette normale, ça quiiiiique, fort !
Vais-je avoir le courage de continuer ? De faire une "remise à niveau" juste pour me contredire dans mes prédictions ? Alors là .... je n'en sais rien, enfin, si, demain weekend et avec les voisins en bas et à côté : PAUSE OBLIGEE ;-)
dimanche 9 juin 2013
Turn of a friendly card
Un classique de mes classiques.
Souvenir d'un été enchanté il y bien longtemps.
La K7 qui tournait en boucle dans la petite voiture sur le chemin du lac.
Les mots appris en cours de route, les accords analysés un peu plus tard.
Retrouver la légèreté d'autan, revivre les premiers émois amoureux.
Le vie sans obligations, sans plan d'avenir, sans soucis financiers, sans se préoccuper du lendemain.
Juste vivre au jour le jour, découvrant une nouvelle facette en moi, découvrir une douceur inattendue.
Le temps passe et le charme reste.
Je ne voudrais pas retourner en arrière, ce qui est passé reste aux souvenirs, ce qui s'est passé m'a construite, a tenu une part importante dans ce que je suis aujourd'hui.
Ma vie ? Loin des aspirations simples que j'avais à l'époque, très loin et tellement belle tout de même.
Mes enfants ont l'âge que j'avais à ce moment et je n'ai pas l'impression qu'ils vivent avec une telle insouciance que celle qui m'était donnée.
C'est difficile de savoir ce qui se passe dans leur tête, ils vivent dans un monde virtuel, entourés d'une vitesse d'évolution que je n'avais pas. Tout doit être tout tout de suite...
Ils ont 376 amis mais n'en voient pas un seul en dehors des cours. Ils conversent à longueur de journée sans plonger en profondeur comme je pu le faire. Connaissent-ils plus du monde, des gens ? A part ce qu'on veut leur montrer ? Des images truquées, tronquées, des images seulement, sur tous les écrans.
Est-ce qu'ils ont encore les papillons qui habitaient mon être à 15 ans ? Les papillons à attendre le coup de téléphone, l'arrivée à l'école, le rendez-vous en soirée ? Ces papillons qui vous rendent légère? Ces papillons qui vous font croire que l'univers est à vos pieds ?
Eux ont le monde à disposition et restent cloîtrés, du moins les miens :-)
jeudi 30 mai 2013
Déjà 4 jours
de finale, j'ai un favori pour l'instant, mais il reste tout de même encore 5 candidats à écouter.
Un peu de Mozart, un peu d'imposé et du Rachmaninov pour terminer. Un programme que j'aime donc.
Ah, c'est reparti et mes yeux suivent la partition intérieure qui est ancrée dans ma tête.
mercredi 29 mai 2013
Merveilleuse
journée, délicieuse et attentionnée ... merci !
Douce soirée, mélodieuse et enchantée...
mardi 28 mai 2013
Reine Elisabeth
La semaine des finales a commencé hier et mes soirées sont comblées tout comme moi !
Et comme la pause se termine juste à l'instant, je rejoins le piano à travers l'écran et je me laisse porter à travers les siècles.
mardi 2 octobre 2012
Making of
sur mon téléchargement du weekend, en fin de disque, le making-of ... génial !
J'adore l'esprit qui y règne, j'adore voir le plaisir des musiciens, j'adore le chemin qui mènera au résultat final, j'adore les fous rires, j'adore la musique tout court.
Quelques souvenirs qui reviennent, penser à nos enregistrements de l'époque, avec le regard inquiet vers l'ingénieur qui était dieu en personne pour nous dire : OK ou pas OK :-)
J'aime MUSE :-)))
vendredi 7 septembre 2012
Concert
Ha ! Quelle nuit ...
Rêve improbable et tellement réel tant que j'étais dedans ...
Retour en arrière de 25 ans (bizarrement tous les autres avaient à peine 20 ans alors que moi j'avais mon âge ....) croisière avec l'orchestre du Conservatoire... avec mon instrument mais totalement perdue parce que je n'avais plus joué ... depuis 20 ans.
Ce qui aurait pu tourner au cauchemar s'est finalement relevé être une charmante escapade dans le passé.
Le gros bateau longeait les côtes avec une mer agitée, de grosses vagues, beaucoup de vent, carrément la tempête.
J'ai rêvé parler à mes anciens amis, à mes anciens amours aussi :-) Quand je dis que c'était charmant :-))
On a fait des escapades loin de la salle de concert, on a trouvé de petits refuges dans lesquels on s'est racontés nos vies depuis ... la fin de ma fréquentation assidue du milieu de la musique.
Certains n'avaient pas trop envie de me croiser, cela m'a un peu blessée bien que je sache que j'avais perdu en sympathie depuis que la musique n'était plus ma seule et unique passion.
Avec ceux qui m'étaient proches tout se jouait sur une note douce et emplie de bonnes ondes.
Finalement le concert a eu lieu et on m'a piqué ma place au dernier moment... quel culot tout de même. Un des "petits", petit teigneux qui nous enviait nos "succès" (tiens aujourd'hui il est directeur d'une école de musique ... enfin :-)) m'avait tout simplement dépossédée de mon instrument et s'était installé sans gêne aucune devant mon pupitre.
Là je me suis réveillée, j'ai ri et ri pendant de longues secondes, peut-être même une minute ou deux.
J'avais parlé des années musique à l'hôpital à ma masseuse adorée, celle qui me fait passer des moments douloureux pour aider mon dos à se détendre, jusqu'ici peine perdue, mais on ne perd pas l'idée qu'un jour je sortirai de sa table sans douleur.
Donc mon inconscient avait puisé dans sa mémoire pour me servir une petite gâterie nocturne.
Voudrais-je revenir en arrière ? Voudrais-je reprendre la musique ?
Non et non, c'était bien et génial même mais c'est une partie de ma vie qui restera une partie de ma vie. Le besoin ne se fait pas sentir, après une année sans piano déjà le manque n'est plus présent comme au début. On peut vivre sans faire de la musique activement c'est certain :-)
samedi 26 mai 2012
Reine Elisabeth
Depuis une semaine j'écoute chaque soir la finale dudit concours...
Et je passe de très beaux moments ... musicaux et autres.
Aujourd'hui les deux derniers se sont lancés, dans la chaleur de la salle.
J'ai mes chouchous, ceux que j'aimerai bien "voir" récompensés d'avoir fait autre chose que "de jouer les notes écrites"...
On verra d'ici 4 heures, si je tiens le coup, si je ne m'endors pas avant la proclamation.
Un peu de Beethoven pour l'instant ... ah c'est tout de même beau la musique !!
dimanche 10 juillet 2011
Cadeau tombé du ciel
Hier soir j'ai "hérité" d'un petit trésor. De beaux livres, des livres juste pour lire, des livres intéressants qui appartenaient à un monsieur que je n'ai malheureusement jamais connu. Rien qu'en voyant sa collection de tableaux, sa discographie, ses lectures, je l'imagine en homme cultivé et passionnant.
Il y a quelques semaines déjà j'ai eu le privilège de ramener chez moi un grand nombre de cd de musique classique. Sublimes !!! Dans ma voiture Cécilia Bartoli m'accompagne sur l'autoroute, je me plonge avec délice dans les oeuvres aériennes de Debussy, Mahler et Bruckner font contraste... C'est si beau !
Je ne sais par où commencer les lectures. C'est très varié, une biographie de Victor Hugo me fait de l'oeil depuis ce matin, mais peut-être que ce dimanche se prête plutôt à une lecture détente, un livre à terminer dans l'après-midi ?
J'aime me dire que ce qu'on lègue garde la mémoire intacte, j'aime me dire que quand je me sers de l'argenterie de ma grand-tante une partie d'elle continue à vivre avec nous. J'aime dormir dans les draps en lin d'un grand-oncle, j'aime jeter un oeil amoureux aux verres en cristal qui appartenaient à mes grands-parents...
Que vais-je laisser à mes enfants ? Seulement cette maison ? Peut-être qu'un jour ils se plongeront dans la lecture de mes journaux, peut-être qu'ils envelopperont leurs enfants dans les mêmes draps ? Il se peut qu'ils rejetteront tous ces vestiges d'un passé qu'ils n'ont pas connu ... comme il se peut qu'ils ont hérité de moi cette espèce de nostalgie d'un temps écoulé.
Je m'installe au jardin, je vais profiter de prendre un peu de soleil, je vais me faire une tasse de thé, mettre West Side Story et regarder les nuages passer.
Je vous souhaite un beau dimanche, restez dans le présent sans oublier que c'est le passé qui vous mènera vers le futur.
vendredi 18 mars 2011
Il y a comme une air de
nostalgie dans l'air.
En écoutant des oeuvres de mes années orchestre d'harmonie et symphonique. Des oeuvres qui m'ont marquées de part leur message, leur émotions, leur contenu.
Le requiem de Fauré. Joué le jour de mes 18 ans. Avec un "léger" taux alcoolisé parce que j'avais bien fêté mon anniversaire AVANT le concert. Avec des cheveux teints en rouge ... pour marquer "mon indépendance". Le sentiment d'avoir flotté quelque part pendant toute l'oeuvre.... en ayant assuré tout de même. Avec à mes côtés mon ami bassoniste qui comptait mes mesures de pause parce que je n'y arrivais pas avec dans mon état , paaas bien ! :-)
Le même requiem un mois plus tard.... dans une autre église, dans un état sobre. Toute autre expérience cette fois-là. La beauté de la musique qui sortait enfin après des mois de répétitions... Quand je l'ai ré-entendu lors d'une commémoration j'ai eu les larmes aux yeux...
J'ai chargé une multitude de morceaux sur mon ..phone. Pour les ré-écouter, pour me rappeler ces années qui étaient insouciantes et joyeuses. Non qu'aujourd'hui ma vie ne soit heureuse, mais elle n'est plus aussi facile qu'à l'époque. Normal, je suis adulte...
Je vais lancer une nouvelle recherche, The Year Of The Dragon.... un autre souvenir à déterrer :-)
Belle journée à vous
En écoutant des oeuvres de mes années orchestre d'harmonie et symphonique. Des oeuvres qui m'ont marquées de part leur message, leur émotions, leur contenu.
Le requiem de Fauré. Joué le jour de mes 18 ans. Avec un "léger" taux alcoolisé parce que j'avais bien fêté mon anniversaire AVANT le concert. Avec des cheveux teints en rouge ... pour marquer "mon indépendance". Le sentiment d'avoir flotté quelque part pendant toute l'oeuvre.... en ayant assuré tout de même. Avec à mes côtés mon ami bassoniste qui comptait mes mesures de pause parce que je n'y arrivais pas avec dans mon état , paaas bien ! :-)
Le même requiem un mois plus tard.... dans une autre église, dans un état sobre. Toute autre expérience cette fois-là. La beauté de la musique qui sortait enfin après des mois de répétitions... Quand je l'ai ré-entendu lors d'une commémoration j'ai eu les larmes aux yeux...
J'ai chargé une multitude de morceaux sur mon ..phone. Pour les ré-écouter, pour me rappeler ces années qui étaient insouciantes et joyeuses. Non qu'aujourd'hui ma vie ne soit heureuse, mais elle n'est plus aussi facile qu'à l'époque. Normal, je suis adulte...
Je vais lancer une nouvelle recherche, The Year Of The Dragon.... un autre souvenir à déterrer :-)
Belle journée à vous
mercredi 16 mars 2011
Flotter
Une nouvelle année.
Une nouvelle vie.
Une éternité qui m'attend.
Il y a ces moments de flottement. Le flow des anglais le décrit très bien. L'impression de n'être qu'un avec l'univers, l'impression de ne plus avoir de corps, l'impression de se diluer dans ce qui nous entoure.
J'en ai eu hier, du temps de midi, hier soir ... de petits instants magiques où l'on n'a plus besoin de rien. Des instants qui sont hors du temps.
En Yoga il est facile de rentrer dans l'état d'esprit qui permet de laisser aller, de juste être sans plus. En dehors, cela ne m'était plus arrivé depuis très très longtemps.
Ce flow qui permet de créer sans penser, qui permet de se donner entièrement, qui permet de laisser tomber toutes les barrières qui entravent notre liberté.
Ce matin en jouant du piano j'ai de nouveau ressenti le flow qui me transperçait, j'ai joué sans réfléchir, j'ai laissé mes mains aller et venir sur les touches et je n'ai rien fait d'autre qu'être un avec ma musique... magique...
Une nouvelle vie.
Une éternité qui m'attend.
Il y a ces moments de flottement. Le flow des anglais le décrit très bien. L'impression de n'être qu'un avec l'univers, l'impression de ne plus avoir de corps, l'impression de se diluer dans ce qui nous entoure.
J'en ai eu hier, du temps de midi, hier soir ... de petits instants magiques où l'on n'a plus besoin de rien. Des instants qui sont hors du temps.
En Yoga il est facile de rentrer dans l'état d'esprit qui permet de laisser aller, de juste être sans plus. En dehors, cela ne m'était plus arrivé depuis très très longtemps.
Ce flow qui permet de créer sans penser, qui permet de se donner entièrement, qui permet de laisser tomber toutes les barrières qui entravent notre liberté.
Ce matin en jouant du piano j'ai de nouveau ressenti le flow qui me transperçait, j'ai joué sans réfléchir, j'ai laissé mes mains aller et venir sur les touches et je n'ai rien fait d'autre qu'être un avec ma musique... magique...
vendredi 25 février 2011
L'enseignement c'est la vie
J'ai eu l'immense plaisir de donner une heure de cours hier ici chez moi. Une heure qui en sont devenues deux... sans que je m'en rende compte.
Une heure de partage, de mise en confiance, une heure de pur plaisir pour moi.
Une jeune fille, sceptique au début, puis qui s'est laissée aller au jeu. Approcher un élève, la première fois qu'on le rencontre est toujours un acte de balancier. Le premier contact sera celui qui guidera la suite. J'ai toujours été très prudente et hier encore plus que d'habitude de ne surtout pas brusquer, de ne pas effrayer. Cela faisait presque trois ans que je n'avais plus eu d'élève plus de classe... plus eu cette poussée d'adrénaline quand je vois dans les yeux de l'apprenant cette petite lumière briller, celle qui veut dire : ça y est, je commence à comprendre. C'est unique, c'est un des moments magiques de l'enseignement.
Je vais revoir la jeune fille, elle a aimé ce qu'on a fait hier, elle est d'accord pour continuer à venir ici, dans cette maison remplie de musique. C'est bien plus que ce je pensais faire passer. Reprendre plaisir dans une matière qu'on a déjà classé dans les mal-aimés... se dire que, ben, oui, c'est peut-être pas si barbant que cela. Et que peut-être c'est même amusant de découvrir et de savoir analyser...
Enfin, la soirée d'hier m'a encore une fois montré à quel point j'adore enseigner. A quel point je suis heureuse quand je peux transmettre, à quel point ce travail me manque aussi...
lundi 7 février 2011
Mon piano
Je l'appelle comme ça, sans gêne ; mon piano. Même si c'est plutôt le piano familial qui endure toutes sortes de martyres, il reste pour moi le mien.
C'était une acquisition spontanée. Lors de mes premières chimios je n'arrivais plus du tout faire de la musique. On avait (et on a toujours) un clavinova, certes bien pour préparer les cours et jouer la nuit, mais il manque à cet instrument le rapport intime qu'on développe au fil des années. J'étais obligée de rester à la maison, système immunitaire inexistant oblige, sans visites et totalement désoeuvrée. Je flânais sur le net et je tombe sur une annonce: piano à vendre.
La place, on l'avait, l'envie d'avoir un vrai piano encore plus, et même les moyens de nous faire plaisir. Pas une seconde d'hésitation; mail envoyé et piano acheté :-)
Quand il est arrivé ... une légère déception m'envahit. Oui, je savais qu'il avait plus d'années derrière lui que moi, mais mis à part cela, sa sonorité laissait à désirer, il montrait des signes de faiblesse à l'attaque et avait un air de vieux piano de conservatoire. Il est alors passé dans les mains de notre accordeur qui l'a bichonné, lui a confectionné de nouveaux marteaux, à joué sur la réponse et l'a finalement accordé. Depuis il est devenu mon ami, le piano était une promesse qu'il fallait réveiller.
Il m'accompagne depuis presque 6 ans maintenant. Il est témoin des mauvais jours, doit endurer mes colères et se réjouit avec moi quand tout va bien. Je me fonds en lui, je me sens bien quand je me mets à jouer, même si ce n'est que les gammes, chaque jour je lui consacre du temps, du temps juste pour nous deux.
Le plaisir de me lever le matin et de commencer, café posé à côté de moi, la journée avec lui ! C'est devenu une véritable histoire d'amour.
Tout à l'heure, au moment de mon rituel du matin, quelques timides rayons de soleil l'ont effleuré, c'était tellement beau. Il avait l'air d'apprécier autant que moi....
samedi 5 février 2011
Des regrets
j'en ai. Des masses, des tonnes de regrets
Comme ne pas avoir pris au sérieux mes capacités musicales quand il était encore temps. Passer à côté d'une "carrière" probable. Regretter que je n'ai pas vu l'importance de "travailler", de peaufiner ma technique. J'avais mes cours, cela me prenait un temps considérable, mais le temps de répéter, je l'aurai trouvé. Je rigolais quand j'entendais des amis musiciens raconter qu'ils se levaient à 5heures du matin pour travailler leur instrument avant d'aller à l'école, bien sûr, je n'aurai jamais eu la permission de faire de la musique à une heure pareille, mais mis à part ce problème mineur, imaginer qu'on doit s'investir autant pour arriver au même résultat que moi, c'était juste marrant... Passer les examens l'un après l'autre sans avoir pris le soin de travailler, travailler et travailler encore. Et je les passais les examens, doigts dans le nez, jamais préparée de façon correcte mais avec la chance que j'avais bonne mémoire et une oreille qui le permettait.
Je comprends aujourd'hui un de mes profs qui m'avait gratifié d'un "ce que tu fais, c'est du gâchis". Oh, je l'avais mal pris, vraiment, parce que j'avais compris exactement le contraire de ce qu'il voulait dire, dans ma tête c'était du gâchis parce que je n'avais pas le talent nécessaire et qu'il considérait que je gâchais SON temps.
Je regrette de n'être tombée sur un prof qui me poussait, poussait jusqu'au dernier souffle, qui me faisait venir le dimanche matin chez lui pour que je joue (il avait compris assez vite que je ne faisais pas chez moi) que dans mes dernières années. Il donnait tout dans ses cours, il chantait faux comme un prout, mais qu'est-ce qu'il me donnait envie de donner et donner. Je l'aimais ce monsieur, il était tellement motivant de l'entendre. J'ai le souvenir d'un enregistrement de disque, on était une douzaine et les enregistrements avaient lieu de 20 heures à minuit, une, deux heures de la nuit. Jamais il ne s'est plaint, jamais il n'a fait paraître sa fatigue. Je baillais à côté de lui et il me donnait des coups de genoux pour que je ne m'assoupisse pas lors d'un réglage en studio :-) aaah comme je souhaite à tout le monde un prof comme Monsieur H.
Je regrette aussi que ma maman estimait que des études supérieures étaient superflues dans mon cas. Qu'elle m'a envoyé travailler en disant que j'avais un amoureux et que de toute façon on allait se marier et que gagner des sous était plus important que des études artistiques. Mon papa avait cette phrase géniale : lui était musicien et elle ne gagnait pas grand chose non plus :-) Ma créativité s'est perdue dans une vie d'épouse, de maman. Je n'ai plus cette flamme qui m'animait à mes 18 ans...
Tout ceci m'est passé par la tête quand je jouais du piano tout à l'heure. Je remarque qu'à force de répéter, d'accorder à la technique la place nécessaire, de m'arrêter et de reprendre, mes mains reprennent leurs marques, mon son s'améliore comme si les bouts de mes doigts étaient devenus de doux coussins sur lesquels reposent les notes. Je l'ai même ouvert mon piano, cela fait prétentieux mais qu'est-ce que ça change dans la tête !! Des souvenirs d'un merveilleux Steinway sur lequel je passais les concours, cette merveille de sonorité, ce plaisir de toucher, tout revient dans ma mémoire...
J'ai des enfants doués en musique. Et je ne les pousse pas. C'est une honte, je le sais ! Ils gâchent aussi un potentiel qui devrait être exploité. Comment trouver un juste équilibre entre plaisir et travail ? Comment leur faire comprendre qu'à 40 ans il sera bien trop tard pour regretter ?
Heureusement ils savent distinguer la musique de conserve et la musique qui exprime plus qu'un joli minois. Et depuis que je leur fait découvrir un de mes groupes fétiches (pour les changer de Queen qui, même si j'adore, me sort légèrement par les oreilles :-) ) ils montrent de nouveaux signes pour jouer et jouer ensemble...
Pas de photo juste ceci. Ce n'est pas un pianiste "classique", mais j'aime son interprétation, elle sort des chemins connus.
samedi 4 décembre 2010
Du travail frontal et des joies retrouvées
Hier j'ai lu ici une chouette description de l'affrontement frontal :-) Ce qui m'a rappelé que mon dernier contact frontal date de plus de trois ans. Je ne compte pas les heures passées avec mes enfants chéris à réviser les déclinaisons latines ou pire, les tables de multiplications ... Non, je parle du vrai, du élève-prof, dans une classe surchauffée avec plus d'enfants que de chaises, de la vie, la vraie !
Pour moi enseigner, même s'il ne s'agit que de solfège (oui oui, c'est pas du sérieux le solfège, c'est pas comme math ou grec, mais cela s'enseigne tout de même...) c'était une évidence. Bien que mes études ne menaient pas dans cette direction, enseigner la toute première fois que j'ai expérimenté vers l'âge de 16 ans pour un remplacement, c'était... magique.
J'ai vu passer dans les 2000 élèves en 20 ans de "carrière". Quelques uns restent à jamais gravés dans ma mémoire, pas forcément les plus doués, mais tous étaient le temps d'une ou plusieurs années "mes enfants". Il m'arrive de croiser l'un ou l'autre, ils ont toujours un sourire jusqu'aux oreilles quand on reparle des cours. Je ne sais a b s o l u m e n t pas pourquoi, tout le monde sait qu'un cours de solfège est b a r b a n t au possible :-)
mardi 16 novembre 2010
De la musique
Je suis née dedans. Pas un seul souvenir sans musique. Mariages, baptêmes, fêtes de famille, quotidien, jeunesse, adolescence, premier amour ; chaque événement a eu son morceau de musique spécifique.
Les premières photos de moi sont prises lors du mariage de ma tante. On m'y voit dans les bras de mon grand-père qui est assis à côté du piano familial sur lequel joue mon oncle. Je dors paisiblement malgré le vacarme qui m'entoure. Quelques années plus tard, le même piano devient mon premier instrument, vite accompagné par une clarinette, comme joue mon grand-père que j'adore. J'aurais préféré apprendre la flûte traversière, mais mon oncle, chef de musique, décide qu'il a besoin de clarinettistes et quand on a un oncle qui décide, bah, on apprend à jouer de la clarinette :-)
Je ne regrette pas, c'est beau comme instrument ! Les premiers cours deviennent un vrai supplice ... pour mon enseignant. J'avance tellement vite qu'il ne sait plus quoi m'apprendre (il faut dire qu'il n'est pas vraiment grand musicien ...). Donc, la deuxième année, direction le conservatoire. Les plus belles années de ma vie commencent. Je n'ai que 9 ans, dans les classes de solfège je me retrouve qu'avec des jeunes d'au moins trois ans mes aînés. Au cours de musique de chambre, même configuration, je suis toujours la plus jeune et je me sens terriblement inférieure aux autres. Ils rigolent de moi parce que je n'ai pas encore de petit copain (logique à 9 ans !), ils se fichent de mes tartines que j'emporte pour manger dans la salle d'attente (à 13 ans, on trouve absolument tout ridicule ... je le vis avec mes garçons :-) ).
Je passe tout mon temps libre au conservatoire, la ville devient mon territoire de jeu. Je n'ai pas d'amis en dehors du cadre musical... Et toujours la plus jeune. Ce qui me permet de braver quelques interdits :-) Et comme je suis enfant unique, dans toute la famille aucun cousin ni cousine, ma famille deviennent tous ceux avec qui je joue.
Je n'aime pas répéter, je déteste jouer la même chose deux fois de suite, je vais au cours et y découvre les études et gammes, puisqu'à la maison je n'ouvre même pas la boîte de l'instrument. Je deviens une sacrée bête en lecture à vue :-)
Mon premier amour m'amène voir Amadeus au cinéma. On est assis l'un à côté de l'autre, on vibre, on vit la même chose, il me prend enfin la main vers la fin du film, encore aujourd'hui, quand j'entends le concerto pour piano de Mozart, j'en ai la chair de poule.
Le père de mes enfants, je le rencontre lors d'un stage d'orchestre en Allemagne. Il est corniste, joue terriblement bien et devient l'amour de ma vie. Mon fils suit ses traces et les miennes, il est fainéant au possible pour ce qui est de répéter à la maison.
Tout cela m'a traversé l'esprit ce matin en conduisant ma fille à l'école (ma fille est d'ailleurs la seule à ne pas avoir choisi la musique mais la danse). La radio passait un extrait de la Grande Pâques Russe, une des dernières oeuvres que j'ai joué en orchestre, avant de devoir rendre ma clarinette-basse au conservatoire, de me marier et avoir des enfants.
Bizarrement je n'écoute plus beaucoup de musique à la maison, je préfère le calme pour travailler. Trop de musique tue la musique ?
La musique m'a tellement donné, elle m'a aussi pris énormément, une enfance, une jeunesse que je n'ai pas vécues de la même façon que mes enfants. Mais si c'était à refaire ? Je ne sais pas... heureusement que l'on ne peut revenir en arrière :-)
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