Affichage des articles dont le libellé est famille. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est famille. Afficher tous les articles

samedi 8 mars 2014

Journée de la femme



Belle et bonne raison d'enfin me mettre à cet espace un peu abandonné, faute de temps, faute à tout, faute à la vie, faute à … moi, tout simplement.

Depuis un mois, rien, rien du tout, même pas une photo, même pas une petite phrase pour me plaindre de ma vie, rien, le néant. 

Depuis un mois, chômeuse, désorientée, fauchée, riant nerveusement à l'idée de rester dans cet état, me donnant du courage pour ne pas rester à broyer du noir. 

Un mois à réfléchir énormément, encore plus que d'habitude, c'est dire. Un mois à ne plus me voir dans aucun futur, c'est dur. Un mois à chercher les "beaux moments", à courir après des rayons de soleil disparus dans le brouillard. 

Un mois à cerner le problème qui couvre le tout : incapable de croire en des promesses si elles ne sont pas accompagnées d'actes tangibles, incapable de rester de marbre, incapable d'avoir une confiance aveugle…

Parce que la vie, c'est aussi cela, des choses auxquelles se raccrocher quand tout le reste s'écroule. 

Changer mon fusil d'épaule, je l'ai fait si souvent que mes épaules ont des callosités, qu'elles sont douloureuses du poids qui les écrase. 

Encaisser choc après choc, encaisser les petits coups comme les grands, me sentir si inutile, si remplaçable. Encaisser les blessures qui viennent d'autres qui ne savent pas que les petites gouttes remplissent mon déjà trop-plein et qu'une gouttelette se fera déverser le contenu… 

Je n'ai pas bronché auprès des bonnes personnes, je n'ai rien dit lundi quand mon grand à fêté sa majorité et que je ne l'ai pas su serrer dans mes bras, parce que c'était semaine-papa et que papa avait organisé une fête en famille à laquelle mon fils ne pouvait se soustraire, je n'ai pas pu le serrer, encore et encore, lui donner de cet amour maternel qui s'accroît au fil des jours, semaines, mois et années. Je n'ai pas pu l'avoir ici, même pas une demi-heure… j'en suis restée triste, je me suis sentie mise de côté, oubliée par un autre côté encore une fois.

Toute la semaine j'ai essayé de faire bonne figure, j'ai essayé de ne pas trop réagir aux phrases qui me disaient toutes la même chose : mais c'est pas grave, tu le feras vendredi quand les enfants seront de nouveau chez-toi… j'ai répondu : oui, c'est vrai, c'est pas grave, on le fera un autre jour, alors que j'avalais des larmes amères. 
Cela n'est peut-être qu'un détail, cette non présence, cette absence, encore une, encore un jour de plus qu'on m'enlève sans me demander mon avis, sans me consulter, sans me voir comme une personne qui compte.
Je ne parle même pas de la situation qui semble s'envenimer dans la grande maison mais qu'on balaye à coups de fêtes de famille, de sorties lointaines, de faire semblant, de jouer la comédie du "tout va si bien", ils en ont tellement l'habitude de couvrir ce qui ne va pas au dessous de nappes, dans des verres de vin qui ne désemplissent jamais afin de ne jamais voir le fond du problème, inutile donc que j'essaye de passer un message puisque je suis invisible, indésirable. 

Et finalement chercher les tout petits instants de bonheur pur, les minutes parfaites, les pépites qu'il faut déterrer et chérir. Chercher et trouver le sol dur, hostile, méfiant. Polir ce qu'on a avant que le quotidien ne ternisse leur éclat. Creuser trop profond et le sol se dérobe me laissant haletante et glacée à l'idée que la source se tarisse pour de bon. 


mardi 3 décembre 2013

Superbe weekend en famille


Avec les enfants, les uns malades, les autres non. Je les récupère tellement souvent malades que je me pose la question si leur père ne s'en rend pas compte ou s'il ne veut pas voir. 
Ma fille partage sa tête avec les petites bêtes qui se transmettent surtout en maternelle et en primaire et comme elle passe beaucoup de temps avec une fillette de cet âge dans la grande maison, l'agent transmetteur ne doit pas être cherché très loin d'après mon humble expérience. On a prévenu le papa qui a répondu : je ne peux rien faire, N est chez son père ce weekend... 

Pour ma part j'ai été à la pharmacie et j'ai ramené "le produit miracle". Traitement de choc paraît-il à condition que le reste des hôtes soient traités aussi, mais ce n'est pas mon domaine donc je ne fais qu'espérer. 
Ma fille, toujours elle, se plaint de mal de ventre et après investigation, encore une fois d'après mes humbles connaissances, cela ressemble beaucoup à une cystite. Elle est restée au chaud pendant deux jours, je la force à boire et à manger des cranberries en masse avant qu'on ne passe chez le médecin cet après-midi. Elle n'en a pas parlé à son père : "il dira encore que je fais du cirque pour rien"....  et comme pour les poux... ce n'est pas mon domaine, donc je fais avec en espérant ici que l'infection ne soit pas montée aux reins puisqu'elle se plaint aussi de mal de dos. 

Les garçons ont été adorables ! Pas un mot plus haut que l'autre, ils ont eu match de foot chacun et malgré le froid piquant ils ont couru et se sont dépensés sans compter...

Edit du lendemain
Infection urinaire et antibiotiques pour ma fille. Rester couché au chaud et boire boire boire 


dimanche 20 octobre 2013

Un peu de photo


avec ma fille hier après-midi avant de nous lancer dans les magasins à la recherche d'une veste pour elle, de lentilles de contact pour moi, d'un jeans pour le grand et de pain pour tout le monde. 

Elle change tellement vite ces dernières semaines qu'à chaque fois que je la laisse partir pour sa semaine-papa je ne sais pas comment elle sera en me retrouvant. 

Elle est entre enfant et femme, ado mais pas trop (sauf dans ses crises de nerfs ;-)), encore un peu gauche avec son corps qui change et en même temps à l'aise dès qu'il s'agit de bouger, de danser ... 

On a passé une belle après-midi et il faut que je garde ces souvenirs en moi quand viendra la grosse crise, quand les larmes coulent à flot, quand les mots blessent pour blesser. 

Du côté des garçons ... mon deuxième pousse et pousse. Lui qui était resté dans les plus petits va bientôt me dépasser en taille ! C'est beau de le voir ainsi mais j'aimerai en même temps qu'il reste un peu ainsi, juste pour que je puisse encore le prendre dans mes bras sans me sentir gênée... 

Le grand, comme d'habitude, rentre, se couche, se lève pour squatter l'ordi, se dispute un peu avec sa soeur pour la faire monter, est désagréable sans l'être vraiment ... il est là sans l'être, vis avec nous sans le faire... 

Aujourd'hui, le temps à changé et le bien-être passager d'hier a disparu derrière le dos qui fait de nouveau très mal et une migraine qui ne m'a pas oubliée... 


mercredi 12 juin 2013

Sans cesse


Mon fils a besoin d'un nouveau costume pour passer les examens oraux de cette année étant donné que le costume "hiver" mis et remis est arrivé à bout de service faute d'entretien. 

Alors hier, il me contacte pour que j'aille à la chasse avec lui. La moindre des choses dans ce genre d'achat serait que le père prenne en charge une part (plus ou moins grande ;-) ). Le père rétorque que si c'est moi qui fais les magasins, c'est moi qui paye ... je crois rêver :-) 

Finalement il a daigné participer à hauteur du montant pour lequel on saura trouver des chaussettes et éventuellement une chemise. 

Hier donc, la ruée vers l'habit convoité. 

"Ahnon, pas ça, c'est trop voyant"
"Ahnon, pas celui-là, regarde il a des poches qui ne sont pas belles." 
"Ahnon, pas ça, non  non  non !"

En temps normal c'est la mère qui objecte ainsi mais chez nous, c'est le fils aux idées bien en tête. 

On a fait une galerie marchande, on s'est dirigé vers celle en face, on a fait des boutiques de luxe (avec les prix qui vont avec ...) et magasins à l'enseigne à deux lettres. Rien, absolument rien. Ah, si, tiens, un costume semblait lui plaire et la vue de l'étiquette m'a presque fait tourner de l'oeil. Débourser la moitié de mon salaire pour passer des examens ??? Euh ... non :-)

La suite se déroulera cet après-midi, j'ai le droit d'aller chercher la miss et le fils pour la virée chez les voisins. S'il ne trouve rien (avec  mon approbation) pour jeudi il faudra qu'il se débrouille, emprunter un costume, je ne sais pas, qu'il trouve lui-même. 

Ce n'est pas que j'appréhende la sortie mère-fille-fils, je me réjouis, c'est toujours un plaisir de les avoir comme ça, à l'improviste, on rigole bien et c'est agréable, ces quelques heures volées, c'est juste que cela me rend triste de devoir dire non à beaucoup de choses, même s'ils comprennent pourquoi. 

Allez, j'y crois à fond là, il sortira avec un costume noir, trois pièces, cravate assortie, chemise et chaussettes !!! 

En route pour la victoire ! :-)

dimanche 10 mars 2013

Rien à dire


mais vraiment rien. 
A part que les enfants sont malades ... ben quoi ? Encore ? Encore en rentrant de chez leur père ??

Que ma fille ballade de nouveau des petites bêtes sur sa tête ? Quoi ? Encore ? Encore en rentrant de chez leur père ? 
Oui, encore, alors que je lui donne les produits en la sermonnant d'appliquer la lotion en semaine pas ici ... mais rien à faire, pas moyen, elle est de nouveau infestée... 

Que ma fille a vomi dans ma voiture, pile entre les sièges avant ? Juste parce qu'elle avait tellement mauvaise conscience de ne pas aller à l'enterrement qu'elle a bravé les nausées et les crampes abdominales et qu'une fois en voiture, à la sortie du garage ... ben oui, tout ce qu'elle avait avalé depuis vendredi midi s'est reparti sur les sièges, entre les sièges, sur elle, sur moi... 

Que nous sommes arrivées pile poil devant l'église, après l'avoir changée, après avoir épongé le gros de l'accident ?

Que devant l'église se tenait toute la sainte famille ? 
Que dans la sainte famille se trouvait la nouvelle compagne du père des enfants ? 
Que la nouvelle compagne est un copier-coller de moi-même ... même coupe de cheveux, même gabarit, presque les mêmes yeux, même allure ? 
Qu'une bonne partie des personnes qui l'ont vue ont dû penser que c'était moi et qu'une fois que j'étais entrée à l'église et que j'avais rejoint discrètement le papa tout à l'avant, pour lui dire que sa fille venait de vomir et qu'elle allait rester avec moi au fond par pure précaution, ils ont eu un peu de mal à comprendre ce que je faisais là en double ? 

Que le père aurait voulu me mettre dehors d'un simple : "fiche le camp" mais que seul lui était permis de me jeter un regard qui aurait glacé un iceberg en pleine expansion ? 

Que la sainte famille avait sorti le grand jeu avec beaucoup de tralalaa et de mots posés, avec des lectures balsamiques et tellement pleines de bonté que leur halo de sainteté éclairait l'église ? 
Que je me suis pincée quand le père, dans sa lecture a parlé d'amour éternel qu'on ne sait vouer qu'à une seule personne, le tout sans rougir ou se sentir "mal à l'aise" ? 
Que je me suis demandée encore une fois comment il se fait que le fils reste en de bons termes avec ses parents alors que sa soeur avait été bannie, rayée des testaments divers lorsqu'elle a quitté son premier mari pour son amant de l'époque ? 
Mais sinon, rien. 

Rien sauf une douleur pratiquement insupportable du fait que j'ai dormi sur le canapé pour laisser mon lit une personne à ma fille, pour qu'elle ne soit pas trop loin de la salle de bains.

Rien, sinon les aveux de ma fille que c'est tout de même glauque de voir la même femme que sa mère le matin au petit déjeuner, de la voir se laver au même lavabo, de la voir dormir dans le même lit à la même place et d'avoir une petite soeur à qui on aménage une chambre en toute hâte.

Rien, sinon que j'ai roulé avec mon deuxième sur le parking du supermarché tout proche, que je lui ai appris à démarrer, à rouler au pas, à tourner sans accrocs, à se garer, à faire un peu de marche arrière ? Le tout en tout secret, juste lui et moi, petite excursion décidée sur un coup de tête ... 
Qui nous a fait du bien, à tous les deux, qui nous a rapprochés aussi, un peu, beaucoup ? 

Comme je disais, rien à dire ... 



dimanche 3 mars 2013

Cela nous fait donc 17


Eh oui ... 17 ans que je suis maman ... 17 ans de doutes, est-ce que je fais bien, est-ce que je fais de mon mieux, est-ce que je leur donne ce qu'ils ont besoin, est-ce que je fais de mes enfants de futurs adultes capables de peser le pour et le contre, capables de prendre leurs propres décisions, de ne pas se reposer sur un autre pour vivre leur vie, d'en faire des enfants heureux de vivre, heureux de leur vie actuelle ?

17 ans que je suis maman, au début dépassée comme toutes les mamans, je suppose, maman à plein temps, maman à temps partiel maintenant... 

Des doutes et des questions sans arrêt, chaque jour est différent, chaque jour porte en lui des milliers d'occasions de me tromper ... 

J'ai toujours tenu à ce que mes enfants grandissent dans la vérité. Que je n'allais pas leur raconter n'importe quoi juste pour qu'ils me "foutent le paix", que j'allais être sincère, même dans les moments douloureux, même pour leur annoncer une mauvaise nouvelle.
Que j'allais rester telle que je suis, que je n'allais pas me cacher derrière autrui pour ne pas assumer mes actes. Que j'allais prendre le risque d'être mise de côté temporairement aussi ...

Mon grand, mon grand garçon qui est né en ce dimanche il y a 17 ans, qui avait une tête de "bébé cadum" aux dires de la sage-femme, qui a grandi en devenant grand frère deux fois sans trop en souffrir en apparence, mon grand si difficile et si sensible en même temps. 

Mon grand qui ne dormait pas la nuit, mon grand qui marchait à 10 mois ... mon grand qui me dépasse d'une tête et demi ...

Mon grand qui est devenu ado avec toutes les facettes de l'adolescence, avec ses crises de nerfs, avec ses éclats violents ... et qui, en lui, est d'une douceur extrême, qui peut être si attachant, qui est un amour caché sous un roc ...

Que peut-on souhaiter à un garçon de 17 ans ? Je ne sais pas ... une vie heureuse malgré tous les obstacles qui se mettent sur son chemin ? Une vie pleine de joie, de bonheur de vivre, d'envie d'aller plus loin, toujours plus loin ... 

Il y a 17 ans une nouvelle vie prenait sa place sur terre et une femme s'est transformée en maman pour la première fois de sa vie ... merci mon grand de m'avoir choisie !


dimanche 27 janvier 2013

La température est passée au dessus de 0 degrés


 Et le dégel est en plein travail. 
Je n'aime pas les jours de dégel. Après des semaines de froid intense, après des semaines de blancheur, le dégel rend fou tristounet, gris, moche, mouillé et ... oui ... moche !

Ma fille est sortie avec le chien dans le champs derrière chezmoi, elle lui a brossé le poil et les poils volaient. Il perd énormément de poils pour l'instant, comme s'il sentait qu'il fera plus chaud dans quelque temps. Malheureusement tout est recouvert, les sols, les meubles ... quand il secoue son corps, ce qu'il fait très très très souvent, pour étaler sa bave de façon harmonieuse, ses secousses l'enveloppent dans un nuage brun-rouge-beige ... lui semble aimer, moi moins :-)

Que va-t-on faire de cette journée qui est bien entamée ? Le deuxième a un tournoi de foot en salle, il sera parti d'ici une demi-heure et ne reviendra que vers 19 heures .... Ma fille s'occupera de ses devoirs de la semaine et le grand un peu malade se contentera de regarder la télé. Superbe activité quand on a presque 17 ans ! 

J'ai commencé mon livre-documentaire, enfin ! On est déjà la quatrième semaine et je m'y mets sérieusement à partir d'aujourd'hui. 
Alors que je fais beaucoup de photos, choisir celles qui racontent notre quotidien n'est pas si facile. J'aime prendre des clichés que j'ai déjà retravaillé dans ma tête, prendre juste une partie de ceci, là ajouter un peu de luminosité, mais des photos juste comme ça ? Des activités, des repas, des petits mots doux de ma fille accrochés au frigo ... j'avoue, j'ai du mal. 
J'ai toujours vu la photo comme moyen de transmettre une émotion que je ressens sur le moment, capturer le ciel qui se couvre, transmettre le froid d'hiver et les odeurs de l'été ... 

Je n'ai pas le courage de repasser, encore une fois ... depuis que j'ai des enfants je ne me suis jamais retrouvée avec des bacs à linge vide, sans machine à faire, sans vêtements à plier. D'accord, on n'est plus que quatre, les chemises très larges et très longues ont été remplacées par des t-shirts manches courtes et pourtant ... jamais je ne suis à jour ! J'admire les femmes qui, avec trois enfants ou plus, ont une routine dans ce domaine, celles qui lavent le matin, étendent à midi et le soir venu rangent des pantalons et pulls qui sentent bon la lavande... C'est mon point faible, assurément! Et je sais vivre avec. Tant qu'on a assez pour tenir une semaine je me dis que je peux mettre mon temps à profit d'autres choses pour épanouissantes pour moi :-) Egoïsme quand je te tiens !

J'attends un petit message, j'avais parié qu'il n'y aura rien du weekend, parié avec moi-même, donc je serai gagnante peu importe l'issu de la journée. C'est marrant tout de même de savoir que rien ne me parviendra et de rester tout de même à l'écoute de mon téléphone, mais oui, mais oui. 


vendredi 30 mars 2012

Travaux inutiles

En ce qui concerne les tâches ménagères j'ai une liste de ces travaux inutiles qui s'allonge de semaine en semaine :

- ranger et nettoyer la table pendant la semaine "avec enfants"... j'ai deux ados en pleine croissance qui semblent avaler 6000 calories par jour. Il y en a toujours un qui doit se servir un bol de céréales, se faire une tartine, avaler un verre de lai "pour tenir le coup". Il y a ma fille qui tient à son 4heures comme à la prunelle de ses yeux. Donc, la table est parsemée en permanence de bouteilles, de miettes, de restes de cacao dans les tasses et j'en passe. Je déclare le nettoyage de la table : inutile !

- ramasser la télécommande... sert à rien puisqu'elle se retrouve par terre !

- ramasser les coussins... je ne sais pas pourquoi mais mes enfants vivent par terre. Affalé le grand ado devant l'écran, un coussin sous la tête, coussin qui reste à terre bien entendu. Ado deux qui alterne entre canapé et terre, fille qui fait même ses devoirs par terre. Question : pourquoi ai-je investi dans des meubles ?  Avec eux TOUT se retrouve par terre. Les cours, les feuilles volantes, les livres, les crayons, ... tout !

- le repassage : ah, c'est le GRAND favori entre tous ! Repassage pour des enfants qui n'arrivent toujours pas à mettre les chemises repassées sur un cintre. Enfants qui jettent les vêtements pliés et sentant bon le fraîchement lavé dans un coin de leur chambre, l'armoire étant "trop loin", c-à-d à environ 20 cm du coin "dépot".  Je pense sérieusement au zappage du repassage pour eux ...

La liste pourrait se prolonger à l'infini, mais comme je vous ai livré le numéro nommé repassage, je vais m'arrêter ici :-)






lundi 26 mars 2012

Mille et une questions

Le weekend, sous le signe du calme et du repos (manqué) a réservé son lot de surprises !

J'ai enfin compris, du moins j'espère avoir eu une explication pour la haine que mes garçons expriment de temps en temps envers moi.

Leur père leu a affirmé que c'est parce que je l'ai trompé pendant des mois qu'il est parti de la maison ... que je l'ai forcé de partir ! 

Oui, c'est un choc d'entendre de telles choses ...

Oui, c'est incroyable qu'il s'est écrit une histoire dans laquelle il est le martyre et le héros en même temps. 
Le papa qui sauve la maison et les meubles, le seul qui aime ses enfants ... le seul et unique qui se préoccupe du bien-être des "gamins" alors que sa femme le trompe sans gêne. 

Comment leur faire comprendre que ce n'est pas la vérité ??? J'ai juré sur tout ce qui m'est important, sur tout ce qui me tient à coeur, sur la tombe de mon père et sur toutes les têtes des personnes que j'aime, que JAMAIS, JAMAIS je ne l'ai trompé ... que ce n'était pas ma conception d'un mariage qui était sensé "fonctionner" que j'ai absolument tout fait pour garder ce mariage intact pendant de longues années et que ce n'est pas un autre homme qui a cassé et détruit ... inutile de rentrer dans les détails.

Je ne sais pas s'ils me croient, ma fille a dit oui, je te fais confiance, mon deuxième, après avoir réfléchi sur mes présences sans faille auprès d'eux, sur mes non-sorties, et mes non-contacts en dehors du cercle familial m'a accordé que non ce n'était pas possible que j'aie une aventure ... puisque aventure veut dire des rendez-vous cachés et mensonges ...

Le seul qui a fait comme tout ceci ne le touchait pas était le grand. Il dit croire papa et maman bien qu'il sait pertinemment que ce n'est pas possible puisque les deux parlent dans des directions totalement opposées. 

Je ne sais pas si le fait de se construire une histoire pour se faire plaindre, je ne sais pas si c'est pour ne pas se faire "gronder" dans sa propre famille qu'il raconte des, oui, des idioties, mais je sais que j'ai peur de ce qu'il a cassé autour de moi et que les dégâts visibles ne sont que la partie de l'iceberg.

Comment des enfants peuvent vivre avec une mère qui leur aurait cassé absolument TOUT ce qu'ils avaient ? Comment on-t-ils su se taire aussi longtemps ? Comment on-t-ils soufferts depuis tous ces mois sans jamais rien dire ? 

Comment a-t-il osé me mettre dans une telle situation ??? De faire de moi "la traînée" comme l'a si bien crié mon fils lors d'une de ses crises ? Comment a-t-il osé faire passer la mère de ses enfants .... 

Je suis apaisée de savoir POURQUOI tant de mépris envers moi, de toutes parts, de mépris de la "famille" et de ces reproches incessants de mes enfants ... 


lundi 20 février 2012

Zou zou souvenirs


Ce bel homme

Qu’on voit sur la photo est mon grand-père maternel. Regard digne d’acteur américain des années 50te, ce regard tourné au loin, vers une personne aimée qui n’apparaît pas sur la photo et qui, je suppose, n’était même pas présente, ce regard qu’on imagine charmeur et charmant …
J’étais sa seule petite-enfant, père lui-même de trois filles et d’un garçon, il n’a eu que moi pour gâter, aimer et passer beaucoup de temps avec moi. Des clichés où il me donne le biberon, plus tard où fait le cheval par terre, moi au dessus, brossant sa crinière qui virait au blanc argenté et un sourire grand comme ça.
Quand j’étais chez mes grands-parents, ce qui arrivait vraiment très, très souvent, il me nommait assistante en chef dans sa cave-atelier. Il construisait des meubles, des lampes, sculptait le bois. Il rabotait et j’avais la charge de ramasser les boucles dorées qui sentaient bon l’essence en cours de travail.
J’avais le droit de me servir de la pierre aiguiseuse, celle qui tournait autour d’un axe qu’il fallait mettre en route avec la force des bras, nul besoin d’électricité pour ses travaux, il aimait, je crois, la manière ancienne, où chaque coup est porté avec précision et après mûre réflexion.
C’était l’homme qui conduisait ma grand-mère aux courses et qui disparaissait aussitôt dans le rayon vices et clous, comparant le pas de celle-ci et pesant le pour et le contre de cette cheville. Jamais je ne l’ai vu ressortir sans une petite boîte en plastique qui allait rejoindre un des nombreux tiroirs dans son atelier.
J’avais aussi dans mes attributions de trier les clous avec toujours la mise en garde : ne te blesse pas, c’est quand même assez dangereux …
Ma grand-mère, qui avait travaillé comme boucher et qui, elle, n’avait pas de faible particulier pour les clous mais bien pour des couteaux hyper-aiguisés et tranchants comme des sabres japonais, est remonté un jour de son atelier avec un des ces objets, eux, vraiment dangereux, comme à son habitude la pointe tourné en dehors et moi je l’ai croisé dans le tournant qui menait à la cave. Elle m’a effleurée avec son couteau-arme et m’a entaillée la main gauche. Bien entendu, j’ai commencé à hurler comme un porc qu’on égorge et mon grand-père a tout laissé tomber pour me venir en aide. En voyant le sang qui gouttait par terre il a commencé à disputer ma grand-mère comme jamais je ne l’avais entendu lui parler… je n’avais rien de grave, juste la peau ouverte et une bonne quantité de sang qui en sortait, mais il ne me manquait pas de doigt ni de main quand même J
Ma grand-mère, bizarrement, ne supportait pas la vue du sang humain, oui, j’en conviens, c’est assez étrange pour une femme qui vous détaillait une demi-vache sans sourciller, ce fut donc mon grand-père qui s’occupa de ma « blessure » 
Ma marraine qui rentrait pour manger à midi, n’avait pas encore franchi le pas de porte que mon grand-père lui avait déjà lancé : ta mère a failli assassiner la petite J
Oui, j’étais la prunelle des ses yeux, sa petite, sa bien-aimée !
Je l’ai suivi musicalement en choisissant, un peu malgré moi, la clarinette comme instrument. J’allais aux répétitions de musique avec lui et quand j’étais la seule « jeune » j’avais l’immense privilège de jouer la partie de première clarinette avec lui, chose qui m’était défendue les jeudis de répétition. Mon oncle, fils de mon grand-père avait en effet peur qu’on lui dise qu’il me faisait des faveurs que les autres n’avaient pas et à cause de cette peur, « officiellement » j’étais 3me clarinette même quand les autres pas meilleurs que moi avaient déjà atteint les premières, voire les « solos » J
Mais les mardis, j’étais 1re clarinette, je me mettais en compétition avec lui, j’essayais de faire aussi bien, de jouer les traits difficiles aussi vite que lui et un bon jour  … je l’ai dépassé en virtuosité. Il m’a laissée partir au rang des clarinettes « solo » sans laisser paraître un brin de tristesse, bien au contraire, il racontait avec fierté à ses amis que j’étais devenue meilleure que lui. C’était un vrai acte de grandeur et d’amour quand on sait qu’il jouait son instrument depuis plus de 35 ans …
Mon grand-père m’a soutenue très souvent, c’était lui qui m’a dit quand je lui ai annoncé que j’étais enceinte de ma troisième : là où il y a de place pour deux, il y a de la place pour trois.
Heureusement il a connu tous mes enfants et eux ont gardé un beau souvenir de lui, même si, l’âge faisant, le charmeur-charmant, devenait de plus en plus grincheux et, oui, tout simplement … vieux.
Comme avec tous les disparus qui ont compté dans votre vie, il n’est pas resté le vieux monsieur que j’ai vu sur son lit de mort quelques heures avant qu’il parte rejoindre ma grand-mère mais bien ce grand-père artisan, artiste, musicien et homme formidable qui faisait chavirer les cœurs des copines de ma grand-mère.

vendredi 3 février 2012

C'est difficile cette fois-ci

pour moi, pour les garçons et pour ma fille. Entamer la semaine de papa ... la semaine d'ici,  qui avait commencé sur de mauvaises notes, avec des ondes négatives à en crever le plafond, a enchaîné sur une mélodie douce, sur une entente sans mots, sur une semaine belle et agréable.

Plus d'accrochages, même pas de dispute entre frères et soeur, rien. C'était vraiment une chouette semaine en famille. 

Mon grand nous a gâtés avec ses crêpes hier, chandeleur oblige. On s'est régalés devant "Love actually", film qu'on adore tous les 4, chacun pour une part bien distincte, les uns pour l'humeur si british, les autres pour la belle allure de Miss K.

Alors aujourd'hui, vendredi, jour d'échange, jour de rechange ... 

Oui, on avait difficile et cela faisait tellement longtemps que je n'avais plus eu les larmes aux yeux quand j'ai refermé la porte de chezmoi et que j'ai vu ma fille monter dans la voiture, serrant ses deux lapins-doudous qui déménagent semaine après semaine d'une "maison" à l'autre.

Je pense que je vais aller me coucher tôt, une migraine me tient éveillée depuis mardi, chaque nuit le même scénario, je me couche, épuisée, je m'endors pour une petite heure et puis ma tête explose. 
Ce soir j'attends la neige promise avec une grande impatience, j'espère qu'avec les flocons ma nuque se libérera et en se libérant elle laissera couler la migraine hors de mon crâne, à travers mes bras pour sortir de mes doigts et disparaître pour de bon. 

J'ai envie de pleurer, oui, j'ai envie de pleurer un bon coup, de me décharger, de me défaire de cette nervosité qui me fatigue à outrance.




vendredi 13 janvier 2012

C'est fait !

Les deux plus jeunes sont rentrés dans ma voiture à 19 heures ce soir, après DEUX semaines avec leur père... ils sont rentrés chezmoi, ils ont essayé la télé et l'ordi, constaté que ni l'un ni l'autre n'avait de connexion... et ils ont tiré la tête des mauvais jours.

On a posé l'appareil d'orthodentie à mon deuxième, il a mal, ne sait pas mâcher correctement mais souffre comme un homme en devenir :-)

Le grand ... est au foot. 

On a raté "La Belle au bois dormant", ballet au théâtre ce soir dans lequel la meilleure amie de ma fille, danseuse dans la même école qu'elle, tient un rôle auprès des "vrais pros" danseurs du Ballet Royal de Flandre. Dommage que les billets se vendaient plus vite que les succulents petits pains au chocolat pur beurre de la pâtisserie du coin, on aurait tellement voulu l'applaudir ! 

Mon ex-mari m'a fait la bise ... non, décidément, je n'aime pas trop, j'ai l'impression qu'il veut m'amadouer pour une raison ou une autre, je reste méfiante, je n'aime pas l'idée qu'il essaie de devenir "gentil" après ces 18 mois de "guerre sans paix".

J'ai fait les courses, cherché la caisse avec la dame qui nous avait raconté peu avant Noël qu'on avait découvert à son mari des métastases au cerveau le même jour que sa fille venait d'apprendre qu'elle était enceinte ... drôle de mélange, une vie qui part alors qu'une autre prend forme. Elle était là, on a longuement parlé, elle est toujours aussi triste et ses yeux remplis d'un chagrin si profond. Je ne sais rien faire, je ne fais que prendre des nouvelles ...

Un weekend en famille se prépare, les garçons ont foot, ma fille veut inviter plein de copines. Chouette la famille !

J'ai lancé un décompte tout personnel, j'ai multiplié les jours avec les heures et je me fais un malin plaisir d'enlever une à une les périodes écoulées. 

Demain je vais me remettre au Yoga de façon plus structuré, je fais n'importe quoi depuis trop longtemps, maintenant je vais m'appliquer de façon sérieuse à faire travailler toutes les parties de mon corps que j'ai épargnées jusque là.

J'ai envie de me faire belle, j'ai envie d'être jolie ... 







mercredi 31 août 2011

J-1


  • dernière grasse matinée pour ma fille
  • répétition du groupe en formation du grand dans le garage
  • terminer le repassage de mes chemises (autant que cela ne me dérange pas de repasser les vêtements des enfants, autant pour les miens ... aïe)
  • profiter de cette dernière journée à fond
  • graisser les nouvelles bottes de mademoiselle 
  • attendre sagement une réponse à un mail à monsieur le père
  • réfléchir intensément a propos des suggestions de mon avocate
  • téléphoner pour un appartement qui me plaît
  • rendez-vous avec les trois chez la dentiste (extraction de 4 dents pour le moyen...)
  • achat du matériel scolaire du moyen ... celui qui "ne veut pas y aller avec son frère et sa soeur"
  • préparation des enveloppes pour l'abonnement du train, des premiers manuels et autres des deux grands
  • conduire le grand au foot
  • faire à manger
  • aller chercher le grand au foot
  • veiller à ce que ma fille se couche à une heure raisonnable, elle ne saura pas dormir, mais c'est par principe
  • tricoter un peu ?
  • lire quelques pages ?
  • repos mérité

mardi 30 août 2011

J-2

  • Monter à A. pour déposer le grand à son école.
  • Examen de math pour le grand.
  • Remonter à A. après l'examen
  • Vérification matériel scolaire pour la plus jeune.
  • Achat chaussures toujours pour la miss.
  • R-V chez la dentiste pour moi.
  • Rester avec le GSM en main le reste de la journée pour verdict examen de math.
  • Essayage chaussures de caractère (danse) pour savoir s'il faut investir dans une nouvelle paire.
  • Vidange garderobe été contre garderobe automne-hiver.
  • Passage à la banque pour récupérer le code.
  • Payer un tas de factures
  • Attendre un autre coup de fil important
  • Conduire le deuxième à l'entraînement de foot
  • Préparer à manger
  • Reprendre le deuxième au foot
  • Manger "en famille"
  • Rangement cuisine, vaisselle
  • Rester ouverte à un éventuel changement des points énumérés
  • Peut-être un peu de tricot ?
  • Repos du guerrier
  • Garder bon moral, peu importe ce qui arrivera
  • Demain sera un autre jour


samedi 16 juillet 2011

Et c'est bien

Ils sont rentrés... hier soir, en retard (ce qui n'est pas nouveau), ils sont sortis de la voiture et ont fait leurs adieux à leur papa. Ma fille était triste de le laisser après deux semaines, c'est normal, c'est son papa et elle l'aime. 

Elle sentait encore le cheval, elle était fatiguée, elle va enfin pouvoir prendre un peu de repos ici avec moi. Deux semaines en stage, deux semaines de plus à devoir se lever de bonne heure, deux semaines partie de la maison.

Je retrouve avec grand plaisir les garçons. Mon deuxième a changé d'attitude, totalement, complètement, c'est un miracle ! Il me parle comme à un humain, il me regarde dans les yeux, il renoue une complicité perdue. 

Peut-être que par le fait que son papa est en couple, qu'il comprend que je ne lui ai pas menti, que son papa ne m'aime plus et ce depuis très longtemps, que la nouvelle compagne ne date pas du mois dernier (ou alors le papa ne réfléchit pas en leur présentant la femme si tôt ...), peut-être qu'il s'en veut de m'avoir jeté la faute sans se poser de questions .... peu importe finalement, je suis heureuse du changement, je ne m'y attendais pas.

Le grand devient de plus en plus homme, je crois qu'il a encore grandi. Il ne lui reste de son visage de gamin que les petites fossettes qui ne se creusent que s'il sourit. Il est beau mon frère, m'a confié sa soeur. Elle a raison :-)

Oui, les retrouvailles ont été faciles, beaucoup plus facile que je ne l'avais imaginé. Je ne suis pas de nature rancunière, je ne tiens pas ce trait de personnalité de ma mère, fort heureusement d'ailleurs ! Je reprends la vie comme s'il n'y avait jamais eu d'accrochages, jamais eu de crise terribles, jamais eu de paroles blessantes. Parce que cela ne sert à rien, ils sont assez intelligents pour savoir qu'il n'ont pas réagi de façon correcte, ils se font pardonner en me donnant le meilleur d'eux. C'est beaucoup, c'est bien.

On a deux semaines devant nous, on a deux semaines à remplir de moments à garder dans nos mémoires. Deux semaines de vie de famille tous ensemble. J'aimerais qu'ils se posent, qu'ils vivent quelques jours sans sorties, sans rester la journée devant la télé, sans se goinfrer d'ordinateur et de jeux sur console. 

Oui, c'est bien de les avoir avec moi, ils m'ont manqués cruellement, même si je vis mieux chaque séparation... je reste cette maman poule qui aime voir ses petits dans la cour et qui leur permet de s'envoler chaque fois un peu plus loin....

lundi 30 mai 2011

Ces esprits qui nous hantent

J'ai eu la visite de ma fille cette nuit dans mon lit. Elle était en pleurs, pas les pleurs paniques des mauvais rêves mais les pleurs de tristesse d'une enfant qui s'est rendue compte que son petit chat ne reviendra jamais.

Le chat qui s'est noyé dans la piscine il y a quelques semaines. Ce petit chat tout doux et poilu qui venait lui téter le lobe de son oreille et qui s'endormait ainsi avec elle, lui réchauffant le corps et le coeur. Cette nuit, elle rêvait qu'il était là et quand elle a voulu le prendre dans ses bras ... il n'y avait personne. 

Bien que beaucoup moins attaché à moi, bien qu'il ne dormait qu'avec elle, il m'arrive d'ouvrir la porte de la cuisine le matin et de le voir entrer et se frotter à mes jambes pour réclamer ses croquettes. De rentrer en voiture et de le voir perché sur le mur des voisins, guettant notre retour... mais il n'est plus là et souvent il me faut vite passer à autre chose pour ne pas laisser la tristesse s'installer.

C'est le premier animal domestique que mes enfants ont perdu. Il y en aura d'autres, c'est ainsi. Mon premier compagnon était un boxer, une merveille de chien. Il était tout ce qu'une enfant unique puisse souhaiter. Il était câlin, joueur, se prêtait à toutes mes expériences culinaires et il a été comme le frère ou la soeur que je n'ai jamais eu. Il est arrivé dans la maison quand j'avais 6 ans et l'a quittée 11 ans plus tard. Souffrant d'un cancer, il a fallu l'amener chez le vétérinaire qui l'a soulagé et l'a laissé partir. 

Pendant des mois je m'attendais à ses explosions de joie quand je revenais de l'école. J'ai entendu sa respiration la nuit et ses petits aboiements le jour. C'est difficile de laisser partir un animal et encore plus douloureux quand il s'agit de personnes qui ont marqué votre vie.

Mon papa est parti un matin d'août, sans crier gare, sans qu'on ait eu le temps de se dire au revoir. Il m'accompagne encore aujourd'hui dans ma vie de tous les jours. Bien que je ne le vois plus, bien que son image deviens de moins en moins nette, bien que je ne me rappelle plus du son de sa voix... il est là. Il m'arrive de sursauter à l'odeur d'un homme qui me rappelle celle de mon papa. Une eau de toilette qui était rien qu'à lui et que je n'aimerai retrouver en aucun cas chez un autre qui me serait proche. 

Il m'arrive aussi de rester à regarder une personne qui a la même forme de crâne, qui a une démarche comme la sienne et les souvenirs m'envahissent. J'ai rencontré une personne qui a des mains qui me font penser aux siennes. Aussi bizarre que cela puisse paraître, c'est ainsi et cela me rassure. J'aime penser qu'il est là pour moi, qu'il guide mes pas sans les influencer. Qu'il me met sur mon chemin les gens qu'il me faut pour avancer, des gens qui m'apportent tellement.

Les gènes ont voulu que j'aie les mêmes yeux que lui et que mon fils ait les miens. Je partage les petit doigts totalement crochus ainsi que les petits orteils tout aussi de travers hérités avec ma fille, mon deuxième est le seul à ne pas avoir ces signes extérieurs mais je retrouve en lui des expressions qui ne sont sans me faire penser à lui.

On garde ceux qu'on a aimés à jamais dans nos mémoires. Leur image se floute, leur timbre de voix se perd, ils deviennent ces sourires figés des clichés, ces poses qui seront à jamais associés à leur nom. Et dans nos coeurs ils se sont imprégnés à jamais...

mercredi 2 mars 2011

Travaux autour de la maison

J'ai conclu un échange de services dernièrement. Je donne cours et en échange le papa de cette fille s'occupe des alentours de la maison. 
Notre clôture s'était effondrée avec les grosses chutes de neige, plus moyen de passer sur le côté de la maison pour rejoindre la terrasse.
Hier, les "hommes" ont attaqué le travail de démontage. Comme il faisait noir je n'arrivais pas bien à voir la différence, mais ce matin j'ai eu l'agréable surprise de découvrir la nouvelle vue vers le jardin. 

J'aime fort. Une sensation d'espace supplémentaire, on a gagné 1 mètre de dégagement. C'est aéré, on voit à travers les haies les bois. C'est beau.

Demain ils s'attaqueront au restes et éventuellement même de l'autre clôture qui, elle aussi, a cédé sous les masses hivernales.

Après le travail on s'est réunis autour de la table familiale. On s'est offerts une bonne frite belge et on a ri et discuté. Les enfants se sont bien entendus, N. est à Anvers pour un échange linguistique et il manquait le jeune frère de mon élève. Il y avait cette douceur de réunion de famille, même si c'était la première foi que les quatres se sont rencontrés. 

Aujourd'hui je passe une IRM pour écarter une suspicion de métastase osseuse sur la colonne vertébrale. Je ne ressens aucune angoisse, aucune peur. Ce qui arrivera arrivera, peu importe que je me tracasse ou non. S'il y a un problème, on le traitera. C'est tout. J'ai perdu trop de semaines à attendre dans un état second, à guetter le moindre courrier, à redouter le moindre coup de fil. 

Le soleil promis est arrivé. Ciel bleu, oiseaux qui chantent... Le printemps s'annonce par bribes, je suis impatiente qu'il s'installe définitivement.

jeudi 27 janvier 2011

Il aurait eu 69 ans aujourd'hui

Mon papa ... décédé à tout juste 50 ans, arrêt cardiaque, à son travail, un lundi matin d'août.

J'aurais aimé qu'il connaisse mes enfants, j'aurais aimé qu'eux le connaissent. Comme j'aurais aimé le voir les prendre dans ses bras (ce qu'il ne faisait pas avec moi), de jouer avec eux (ce qu'il ne faisait pas avec moi non-plus), de développer cette amitié que les grand-pères savent créer parfois avec les enfants de leur enfant. 

Peut-être que m'a vie aurait pris une autre tournure, je ne serais certainement pas ici, je n'habiterai certainement pas cette maison. 

Le jour de sa mort était le premier jour de congé à mon travail. J'étais encore couchée quand on a sonné à la porte. Ma mère était partie, je suis descendue en chemise de nuit et j'ai entrouvert la vitre. Deux hommes se tenaient très droit devant moi et ma première pensée était : ben dis-donc, ils viennent sonner tôt pour vendre leurs billets de tombola. 

Puis ils m'ont appris que mon papa venait de mourir. Qu'un de ses collègues l'avait trouvé à son bureau, la tête posée sur des dossiers. Que le médecin avait conclu à un arrêt cardiaque, qu'il n'avait pas souffert avant de partir. 

J'ai du appeler ma mère pour lui annoncer cette nouvelle terrible. Elle a juste crié et a raccroché. Quand elle est arrivée en larmes à la maison, elle s'est effondrée dans les bras des deux hommes. Comme j'aurais aimé qu'elle me prenne dans les bras, qu'elle ne me regarde pas avec cette froideur... mais j'étais seule avec ma gorge serré et mes larmes coincées dans ma poitrine. J'avais tellement froid !

Les jours qui ont suivis ne sont que brouillard. J'avais refusé d'aller voir mon papa à la morgue, je ne voulais pas le voir mort, je ne voulais pas garder de lui une image qui ne me quitterait plus jamais. Pour moi mon papa c'était des rides plein le visage quand il riait et des yeux bleus qu'il a partagé avec moi. Là aussi, de la part de ma mère une incompréhension totale, on était à la limite du conflit.

Mon amoureux, le papa de mes enfants, a essayé de me distraire. C'était gentil, mais je ne voulais qu'une chose, qu'on me laisse tranquille, qu'on ne me force pas à rire alors que je venais de perdre un pilier de ma vie. Mais j'ai ri, j'ai fait bonne mine, j'étais rassurante, je consolais ceux qui pleuraient autour de moi. 

Le quotidien a vite repris le relais, je reprenais le travail, je refusais de penser à ce qui m'attendait en rentrant chez moi. Même pas six semaines après son départ on m'a fait une offre pour acquérir un appartement. Pensant que je ne pouvais laisser ma mère seule dans la maison familiale, je voulais refuser. Refuser aussi parce que je ne me sentais pas prête à partager ma vie avec mon amoureux. Mais ma mère avait d'autres projets pour moi, elle m'a poussé à l'achat, a dit à tout le monde que je ne devrais pas prendre en compte sa perte pour me lancer dans ma vie. J'ai cédé à la pression et je suis devenue propriétaire. 

Que ce serait-il passé si mon papa était toujours là? Que ce serait-il passé dans ma vie ? Je ne saurai jamais, je sais juste que malgré les année qui passent son manque se fait toujours énormément sentir. Alors j'imagine qu'il est devenu mon ange gardien, qu'il veille sur moi et qu'il me guide dans mes choix. Je le remercie quand je suis en retard et que le feu passe au vert, c'est bête, mais cela me permet de garder un contact avec lui qui n'est qu'à moi. 

Je ne me rends sur sa tombe que deux fois par an. Je n'en ressens pas le besoin. Pour moi il n'est pas sous une dalle en granit, pour moi il est là, juste derrière mon épaule et quand je tends les oreilles je peux l'entendre rire.

mardi 25 janvier 2011

Faire ce que j'arrive à de mieux

Mon fils est rentré dans une nouvelle phase de confrontation. Bien que je lui ai interdit toute sortie cette semaine, il n'en a fait qu'à sa tête et est parti, sans prévenir personne ni demander une permission, hier soir au foot. Il a su s'organiser pour trouver un chauffeur qui l'y amène. Je me suis rendue compte de sa disparition au moment du souper, quand je suis montée vers les chambres pour l'appeler à table.

Après un premier moment d'énorme peur, j'ai rapidement était soulagée en voyant un tiroir éventré pour trouver des chaussettes et le sac de foot disparu de son lit. J'ai tout de même tenu à prévenir son père de son acte, mais monsieur son père n'a pas daigné donner réponse, ni à mes mails, ni à mes messages. 

Je sais désormais où j'en suis. Je suis seule. Tout bêtement, je suis seule. Le papa ne s'intéressant à eux que pendant son weekend, je suis donc la seule et unique responsable de mes enfants. Bien, c'est ainsi. Je ne vais désormais plus le mettre au courant, ni le "consulter" pour trouver une solution, il ne veut pas s'en mêler, c'est son choix. Je le respecte, je vais le faire constater pour que rien ne se perde. C'est ainsi qu'on me l'a conseillé.

De mon côté je suis en pleine cogitation pour donner naissance à un règlement intérieur qui nous permettra de vivre dans le respect de l'autre personne. Un petit rappel à l'ordre pour remettre tout à plat afin de savoir reconstruire. Il faut que même mon aîné (qui n'a que 14 ans !!!) se rende compte que je suis celle qui dirige. Que je suis celle qui mène la barque, que je suis telle que je suis, forte et capable de prendre les bonnes décisions ! C'est ce que je suis, c'est ce que je suis devenue au fil des années à côté d'un père qui ne faisait que me contredire et lever les règles que j'imposait aux enfants. S'il n'est pas apte à plus que cela, alors il n'aura plus qu'une place de regardant sur notre cercle familial. Il s'est rayé de la liste des états membres en quelque sorte.

Non, peur de me confronter ? Non ! Peur de mal faire ? Peut-être, mais il n'y a pas de manuel qui enseigne comment élever des enfants. Il n'y a que des idées à prendre, il n'y a qu'essayer et garder ou jeter. Notre cercle a changé de nom, il a besoin de sa propre dynamique pour marcher.

Non, je ne suis n'y la plus grande, ni la plus lourde, ni celle qui a le plus de voix pour crier , mais je suis la seule adulte et donc celle qui décide :-)


jeudi 30 décembre 2010

La petite fille qui ne voulait pas grandir

et qui demande sans cesse que tout redevienne comme avant, avant qu'on devienne une famille "pas-normale". 

Quoi lui répondre ? Si j'avais une réponse satisfaisante, si seulement une réponse satisfaisante existait ...

Je pourrais lui dire : choupette, ton papa ne voulait même pas rester pour vous. Cruel, non ? 
Ou : ton papa était en congé toute cette semaine et n'est pas venu vous chercher pour passer une soirée avec vous, ni pour vous amener au cinéma, ni pour aller à la patinoire, rien. Cruel aussi ! Alors non, je la prends dans mes bras, je la prends comme quand elle était petite, je sui caresse les cheveux, je lui chantonne une mélodie douce... 

Ma fille ne veut pas grandir; elle ne veut pas devenir une ado ingrate, elle ne veut pas s'éloigner de moi, elle ne veut pas quitter la maison un jour lointain. Bien sûr, elle deviendra une ado, va s'affronter à moi, va rencontrer un jeune homme de qui elle tombera éperdument amoureuse et elle quittera cette maison. C'est ainsi que va la vie, c'est ainsi que la vie avance.

Mais pour l'instant, elle est perdue, elle a perdu tout ses repères, tout qu'elle pensait éternel. Oui, son papa l'aime, c'est certain, il le vit juste d'une autre façon que moi. Si moi j'ai le besoin d'être là, de les voir, de les entendre, de les toucher, leur papa leur prouve (?) son amour avec des cadeaux, du n..tella le dimanche matin, du M..o le samedi soir... quand c'est "son" weekend. Malheureusement il ne se met pas à la place des ses enfants, qui ont, d'une certaine manière compris le pourquoi des cadeaux et des faveurs, puisque pour la St. Nicolas il n'avait RIEN pour eux, il s'est dit, "trop occupé". Et voilà que ma fille doute de son amour ... même si il leur a expliqué qu'avec tout ce qu'il leur a offert avant devait suffire. 

Oui, mais .... c'est comme oublier l'anniversaire. Même si une semaine avant on a reçu un super livre, on ne peut pas prétexter que c'était pour l'année qui va suivre. Valait mieux dans ce cas, garder le livre et l'offrir LE jour. 

Enfin ... je suis un peu lasse de prendre constamment la défense de leur papa. Un peu fatiguée de le faire passer pour le gentil qui fait tout pour eux. Parce que justement, c'est ce que j'ai fait trop longtemps.

Demain les enfants partiront chez leur papa, dix jours avec lui, dix jours sans me voir. Sans les voir ...