Oui, j'aime bien mes heures solitaires, mes heures "à rien faire" d'autre que penser en repassant quelle chance j'ai dans la vie de pouvoir repasser quand je veux parce que ... je n'ai "rien d'autre à faire":-) Puéril, non ?
Pendant mes heures seules je sais me définir moi-même, je ne suis pas définie par autrui, je ne suis plus l'image que quelqu'un a de moi, je suis juste ... confrontée à moi-même, seule à me poser les questions d'importance première à mes yeux.
Il m'est "important" de pouvoir prendre ce recul, de pouvoir me glisser hors du monde qui veut ceci, cela, qui impose des rôles telle que maman, aimante, amante ou amie, membre de, non-membre de ... Seule, je suis quelqu'un à part entière, je l'ai trop longuement "nié", j'ai été trop longtemps l'ombre de ..., j'ai été trop longtemps obsédée de calquer mes actes aux exigences de ...
Avoir une masse de temps seule m'a confrontée à moi, obligée de voir d'un peu plus près ce qui était encore là, voir si ce petit reste de personne pouvait encore vivre juste par elle seule, sans assistance, sans écran derrière lequel disparaître.
Qu'un jour je me languirai de nouveau de compagnie, bien sûr que c'est possible, bien sûr que j'y pense les soirées seules chezmoi, en me couchant seule dans mon lit une personne ... mais j'ai appris que je suis bien MOI, sans quand me colle un comportement, un métier, un nom et cela, personne ne pourra me le reprendre.

