Parce que parfois me replonger 25-30 ans en arrière permet de se libérer des liens d'adultes qui retiennent à terre pour s'envoler encore une fois loin loin loin ....
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dimanche 22 décembre 2013
vendredi 12 juillet 2013
Parfois il ne vaut mieux rien dire ni écrire
parce que sinon la rage déborderait du cadre que je lui accorde encore.
En ouvrant ma boîte aux lettres un courrier tellement "dégoutant" qu'il m'a gâché le plaisir d'une belle journée, une soirée en prévision avec les enfants et un weekend qui s'annonçait pourtant bien.
Alors je n'écris pas plus, je me garde d'exploser, je reste polie et distante en demandant des explications nécessaires.
Et, pour ne pas permettre à cette noirceur de transpirer ici, je mets un souvenir d'enfance que j'ai retrouvé il y a peu. Cette fameuse colle qui sent la pâte d'amande, avec son pinceau pour absolument TOUT coller ce qui vous tombe sous la main. L'odeur est réconfortante et doucereuse, un peu comme tomber dans un lit douillet et aérien ... et en mettant mes photos et textes en place je me sens lointaine et au dessus des attaques ;-)
dimanche 9 juin 2013
Turn of a friendly card
Un classique de mes classiques.
Souvenir d'un été enchanté il y bien longtemps.
La K7 qui tournait en boucle dans la petite voiture sur le chemin du lac.
Les mots appris en cours de route, les accords analysés un peu plus tard.
Retrouver la légèreté d'autan, revivre les premiers émois amoureux.
Le vie sans obligations, sans plan d'avenir, sans soucis financiers, sans se préoccuper du lendemain.
Juste vivre au jour le jour, découvrant une nouvelle facette en moi, découvrir une douceur inattendue.
Le temps passe et le charme reste.
Je ne voudrais pas retourner en arrière, ce qui est passé reste aux souvenirs, ce qui s'est passé m'a construite, a tenu une part importante dans ce que je suis aujourd'hui.
Ma vie ? Loin des aspirations simples que j'avais à l'époque, très loin et tellement belle tout de même.
Mes enfants ont l'âge que j'avais à ce moment et je n'ai pas l'impression qu'ils vivent avec une telle insouciance que celle qui m'était donnée.
C'est difficile de savoir ce qui se passe dans leur tête, ils vivent dans un monde virtuel, entourés d'une vitesse d'évolution que je n'avais pas. Tout doit être tout tout de suite...
Ils ont 376 amis mais n'en voient pas un seul en dehors des cours. Ils conversent à longueur de journée sans plonger en profondeur comme je pu le faire. Connaissent-ils plus du monde, des gens ? A part ce qu'on veut leur montrer ? Des images truquées, tronquées, des images seulement, sur tous les écrans.
Est-ce qu'ils ont encore les papillons qui habitaient mon être à 15 ans ? Les papillons à attendre le coup de téléphone, l'arrivée à l'école, le rendez-vous en soirée ? Ces papillons qui vous rendent légère? Ces papillons qui vous font croire que l'univers est à vos pieds ?
Eux ont le monde à disposition et restent cloîtrés, du moins les miens :-)
lundi 20 août 2012
mercredi 13 juin 2012
J'étais partie
au pays des fées ...
Deux jours loin de tout.
Une nuit dans les bois dans une cabane perchée à 7 mètres de hauteur.
Sans eau, sans électricité, sans téléphone, sans rien ...
Juste le chant des oiseaux, les gouttes de pluie ... une nuit enchantée, enchanteresse.
Deux jours sans penser à rien, deux jours à parler et à apprécier d'être à deux.
J'étais partie loin, très très loin ...
Je suis revenue et j'ai dans mon coeur, dans mon corps, dans ma tête, dans mon esprit des souvenirs par milliers, du bonheur, de l'amour et de la joie profonde d'être en vie !
Merci aux fées, aux trolls et autres créatures qui m'ont permis d'être là !
lundi 20 février 2012
Zou zou souvenirs
Ce bel homme
Qu’on voit sur la photo est mon grand-père
maternel. Regard digne d’acteur américain des années 50te, ce regard tourné au
loin, vers une personne aimée qui n’apparaît pas sur la photo et qui, je
suppose, n’était même pas présente, ce regard qu’on imagine charmeur et
charmant …
J’étais sa seule petite-enfant, père lui-même de
trois filles et d’un garçon, il n’a eu que moi pour gâter, aimer et passer
beaucoup de temps avec moi. Des clichés où il me donne le biberon, plus tard où
fait le cheval par terre, moi au dessus, brossant sa crinière qui virait au
blanc argenté et un sourire grand comme ça.
Quand j’étais chez mes grands-parents, ce qui
arrivait vraiment très, très souvent, il me nommait assistante en chef dans sa
cave-atelier. Il construisait des meubles, des lampes, sculptait le bois. Il
rabotait et j’avais la charge de ramasser les boucles dorées qui sentaient bon
l’essence en cours de travail.
J’avais le droit de me servir de la pierre
aiguiseuse, celle qui tournait autour d’un axe qu’il fallait mettre en route
avec la force des bras, nul besoin d’électricité pour ses travaux, il aimait,
je crois, la manière ancienne, où chaque coup est porté avec précision et après
mûre réflexion.
C’était l’homme qui conduisait ma grand-mère aux
courses et qui disparaissait aussitôt dans le rayon vices et clous, comparant
le pas de celle-ci et pesant le pour et le contre de cette cheville. Jamais je
ne l’ai vu ressortir sans une petite boîte en plastique qui allait rejoindre un
des nombreux tiroirs dans son atelier.
J’avais aussi dans mes attributions de trier les
clous avec toujours la mise en garde : ne te blesse pas, c’est quand même
assez dangereux …
Ma grand-mère, qui avait travaillé comme boucher
et qui, elle, n’avait pas de faible particulier pour les clous mais bien pour
des couteaux hyper-aiguisés et tranchants comme des sabres japonais, est
remonté un jour de son atelier avec un des ces objets, eux, vraiment dangereux,
comme à son habitude la pointe tourné en dehors et moi je l’ai croisé dans le
tournant qui menait à la cave. Elle m’a effleurée avec son couteau-arme et m’a
entaillée la main gauche. Bien entendu, j’ai commencé à hurler comme un porc qu’on
égorge et mon grand-père a tout laissé tomber pour me venir en aide. En voyant
le sang qui gouttait par terre il a commencé à disputer ma grand-mère comme
jamais je ne l’avais entendu lui parler… je n’avais rien de grave, juste la
peau ouverte et une bonne quantité de sang qui en sortait, mais il ne me
manquait pas de doigt ni de main quand même J
Ma grand-mère, bizarrement, ne supportait pas la
vue du sang humain, oui, j’en conviens, c’est assez étrange pour une femme qui
vous détaillait une demi-vache sans sourciller, ce fut donc mon grand-père qui
s’occupa de ma « blessure »
Ma marraine qui rentrait pour manger à midi,
n’avait pas encore franchi le pas de porte que mon grand-père lui avait déjà
lancé : ta mère a failli assassiner
la petite J
Oui, j’étais la prunelle des ses yeux, sa
petite, sa bien-aimée !
Je l’ai suivi musicalement en choisissant, un
peu malgré moi, la clarinette comme instrument. J’allais aux répétitions de
musique avec lui et quand j’étais la seule « jeune » j’avais
l’immense privilège de jouer la partie de première clarinette avec lui, chose
qui m’était défendue les jeudis de répétition. Mon oncle, fils de mon
grand-père avait en effet peur qu’on lui dise qu’il me faisait des faveurs que
les autres n’avaient pas et à cause de cette peur, « officiellement »
j’étais 3me clarinette même quand les autres pas meilleurs que moi avaient déjà
atteint les premières, voire les « solos » J
Mais les mardis, j’étais 1re
clarinette, je me mettais en compétition avec lui, j’essayais de faire aussi
bien, de jouer les traits difficiles aussi vite que lui et un bon jour … je l’ai dépassé en virtuosité. Il m’a
laissée partir au rang des clarinettes « solo » sans laisser paraître
un brin de tristesse, bien au contraire, il racontait avec fierté à ses amis
que j’étais devenue meilleure que lui. C’était un vrai acte de grandeur et
d’amour quand on sait qu’il jouait son instrument depuis plus de 35 ans …
Mon grand-père m’a soutenue très souvent,
c’était lui qui m’a dit quand je lui ai annoncé que j’étais enceinte de ma
troisième : là où il y a de place pour deux, il y a de la place pour
trois.
Heureusement il a connu tous mes enfants et eux
ont gardé un beau souvenir de lui, même si, l’âge faisant, le
charmeur-charmant, devenait de plus en plus grincheux et, oui, tout simplement
… vieux.
Comme avec tous les disparus qui ont compté dans
votre vie, il n’est pas resté le vieux monsieur que j’ai vu sur son lit de mort
quelques heures avant qu’il parte rejoindre ma grand-mère mais bien ce
grand-père artisan, artiste, musicien et homme formidable qui faisait
chavirer les cœurs des copines de ma grand-mère.
jeudi 16 février 2012
Les démons du passé
Je suis en
« relecture » de quelques textes qui vont s’ajouter au livre sur
lequel j’ai travaillé il y a presque un an déjà. Des textes beaux, tristes,
mélancoliques et parfois juste faits pour faire réfléchir…
Comme l’année
dernière je me pose la question si laisser vivre les démons du passé nous aide
à vivre aujourd’hui. Bien que je sois d’accord en ce qui concerne les leçons
qu’on doit tirer d’évènements malheureux et difficiles, me trouver en face de
peurs toujours présentes à cause de ces mêmes évènements me pose réellement
problème.
La peur freine,
la peur engendre la peur, la peur nous maintient dans des structures dites
rassurantes et la peur nous empêche de prendre des décisions concrètes.
Si les fantômes
de notre passé gardent leur emprise, s’ils gardent leur pouvoir absolu d’être
les « guides » de notre vie, comment donner une chance au changement,
au mieux, au « autrechose » ?
Les fantômes
hantent nos nuits et jours, on y pense sans cesse, au moindre prétexte ils
sortent de notre moi pour se dandiner devant nous en agitant le panneau :
DANGER !
Les fantômes ont
besoin du souvenir pour survivre, ils se nourrissent essentiellement de
souvenirs douloureux et gardent prisonnier les beaux moments, les moments de joie
pure, puisque ces instants ne garantissent pas leur survie.
D’ailleurs, en
étant honnête … à quoi pense-t-on le plus ? A la belle journée d’été en compagnie
d’amis chers et aimés ? Ou à la soirée ratée qui s’est terminée en dispute
avec votre moitié et dans laquelle vous n’avez pas su placer un mot et que vous
vous rejouez en prononçant un discours digne de la meilleure cueillette ?
Ah ? Ehben oui … la journée d’été est bien pâlotte à côté de l’excitation
grandissante de clouer le bec après coup …
Alors nos fantômes ?
Il y a-t-il un moyen de les faire fuir ? Faut-il les exterminer pour de
bon en les brûlant ?
Je me rappelle qu’un
jour j’ai fait exactement cela : j’ai écrit une belle lettre à un de mes
fantômes, je lui ai dit qu’il n’avait plus sa place dans ma vie, j’y ai ajouté
une photo qui était en relation avec le souvenir douloureux et puis j’y ai mis
le feu.
Il s’est
évaporé. Pas immédiatement, mais après quelques semaines j’avais arrêté d’y
penser puisque c’était MOI qui avais mis fin à la relation toxique je j’entretenais
avec lui.
Combien d’entre
nous ressassent sans cesse un événement qui les a cassés ? Tant qu’on
pense à quelque chose, à quelqu’un elle/il n’est pas oublié, ce qui reste un
boulet considérable à traîner chaque jour …
mercredi 8 février 2012
Souvenir d'une belle journée
Même si l'homme veut forcer la nature à se conformer à ses idées et envies, elle réussit à rétorquer de façon subtile
mardi 7 février 2012
Une magnifique journée
s'achève. Dehors il fait glacial. Quand je suis partie de chezmoi ce matin le thermomètre affichait -15,5 et ce n'était qu'un début...
Dans la voiture j'ai vécu le lever du soleil, tellement beau ces jours-ci.
Dans la voiture j'ai fredonné quelques chansons qui m'ont fait du bien, je me sentais si bien, si en sécurité, si joyeuse et heureuse.
Dans la voiture j'ai remis pull supplémentaire et veste, mis bonnet et noué l'écharpe. J'ai mis le nez dehors et le froid m'a coupé les jambes.
Petite promenade dans une rue inconnue, café chaud et pains aux raisins moelleux pour redonner courage.
Belle journée à voir des oeuvres d'art diverses, à me dire que NON, TOUT ne vaut pas le prix qu'on veut bien lui donner.
Belle journée à faire du lèche-vitrine sans avoir une quelconque envie d'achat.
Belle journée, trop belle presque pour être vraie.
J'espère dormir cette nuit, la pleine lune m'a eue hier. Elle éclaire ma chambre et je n'ai pas eu le coeur de fermer les rideaux, j'aime trop voir les étoiles dans la nuit dégagée.
Je sens une bonne fatigue m'envahir, tout en douceur, petit à petit.
Encore un café, un petit chocolat, un bout de biscuit. Je crois que j'ai perdu du poids et je n'aime pas en perdre... seule solution : manger des gâteaux, du chocolat, boire beaucoup (oui, je sais, c'est tout le contraire de ce qu'on raconte, mais chez moi c'est nécessaire)
J'ai beaucoup dessiné ces derniers jours, fait beaucoup de petits projets pour des ex-libris. J'aimerai en offrir à mon amie, pour son anniversaire et tout le monde sait à quelle vitesse passent les semaines ... et on sera juin si vite ....
Alors je trie un peu ce soir, je ne jette pas parce que je me connais, le projet que je n'aime pas aujourd'hui sera peut-être mon préféré de demain. Et puis, m'avait appris mon premier employeur-designer, parfois mettre de côté peut servir pour autre chose ; oui, oui, oui j'étais depuis toujours adepte du recyclage :-)
Tiens, cela me fait penser à cette statue au prix de moitié de ma voiture ... qui ressemble à s'y méprendre à des personnages vus dans un autre magasin dans une vitrine qui regroupait les signes astraux... s'agit-il là-aussi de recyclage ou était-ce tout bêtement de plagiat ??
Allez, trêve de mauvaise langue, ma journée était merveilleuse et je la garderai dans ma boîte à souvenirs pour lui donner la place qu'elle mérite !
dimanche 8 janvier 2012
Golden Girls
Je les adore :-) Ces quatre femmes américaines qui vivent ensemble et qui ont le sens de la répartie tellement poussé dans certains épisodes que je n'arrive pas à tricoter une ligne complète parce que je ris et mon ventre sautille de joie et fait tomber la feuille avec mes lignes à suivre :-)
Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, la série date des années 80, avec les tenues 80, les coiffures 80 et sans cette fausse pruderie qui caractérise les séries "de bonne humeur" d'aujourd'hui.
J'aime Rose, tellement "sotte" et qui joue ce rôle sans sourciller, alors que j'en suis aux larmes en écoutant ses histoires de son village natal ...
Il faut les avoir vues et entendues au moins une fois dans sa vie d'adulte !
Je me dis que peut-être un jour je serai forcée de co-habiter avec d'autres femmes de mon âge, faute de moyens, faute de trouver à me loger de façon correcte... je me dis que cette façon de vivre me serait probablement assez difficile car j'aime mon indépendance, j'aime manger à l'heure qu'il me plaît quand je suis seule, j'aime me coucher à 20 heures si je suis fatiguée et me lever à 4.30 si je n'ai plus sommeil.
J'aime rester seule devant une feuille de papier blanche, la couvrir d'un texte, d'un dessin, d'un projet...
Vivre avec d'autres femmes ... oulaaa, cela doit être épuisant ! Ecouter les histoires d'amour sans lendemain, partager repas et soirées, devoir confier ses secrets pour ne pas froisser les autres ...
Non, je suis décidément trop fille unique encore. J'ai grandi en étant seule, sans amies, sans famille de mon âge. Je me suis toujours occupée de façon solitaire, beaucoup de lecture, beaucoup de dessin, petite, beaucoup d'heures à écouter les adultes parler et discuter.
Je suis sortie dans les cafés avec eux, après les répétitions de musique, j'accompagnais mes parents dans ces lieux qui n'existent plus aujourd'hui. Ces espaces si enfumés que quand on ouvrait la porte un brouillard épais et malodorant se répandait sur la place. On y buvait de la bière, beaucoup de bière, pas moi, enfin pas à l'âge de 10 ans en tout cas :-)
On rentrait après 23.00, j'allais me coucher et le lendemain j'allais à l'école sans problème... Faites cela de nos jours et on vous condamne sur le champ ! Emmener ses enfants en semaine dans un café ... Non, j'avoue, l'idée ne m'est jamais passée par la tête de le faire avec les miens ... même pas le weekend, bizarre !
Allez, j'aimais bien, c'étaient des moments inoubliables, ma mère se fâchant sur mon père parce que celui-ci buvait une, deux, trois et plus de bières, mon père, réplique standard, lui remettant la clé de la voiture en disant : MOI, j'ai un chauffeur, tiens, prends les clés... Ma mère qui refusait de conduire parce qu'elle avait trop peur de provoquer un accident (laisser mon père conduire en état avancé d'ébriété lui posait donc "moins" de problèmes pour notre sécurité ???)
Mon oncle et les autres amis musiciens sortant les instruments, lui jouant du piano, bien fort, les clients qui chantaient ou commandaient un morceau, une chanson...
Mes "petits-amis secrets" qui tenaient ma main en dessous de la table :-) les cigarettes, la fumée, l'odeur de bière tiédie ... tout formait un ensemble "parfait" qu'aucun de mes enfants ne saura vivre ... bien dommage quelque part ... Mais eux vivent des moments de réunions de famille, avec leurs cousins et cousines, de grands rassemblements chez mes anciens beaux-parents, ils n'ont peut-être pas ce manque à combler que j'avais à leur âge ... ?
Rester seule et devoir s'occuper seule a quelques avantages ... on ne se sent jamais vraiment mal à l'aise en l'étant une fois adulte. On ne s'ennuie pas non plus... et on passe pour l'ermite du village, de la ville, du pays, parce qu'on n'éprouve pas le besoin vital de se mêler à tout prix aux autres ...
Je suis bien loin des Golden Girls me semble-t-il...
dimanche 25 décembre 2011
Jupiter, the bringer of Joy
En entendant mon fils répéter la partie de cor de Jupiter je replonge 25 ans en arrière. Belles journées d'insouciance et de légèreté... Répétitions enchaînés aux cours après les heures passées à l'école. Petits flirts sans lendemains et une grande envie de grandir et de devenir enfin "adulte".
Jupiter m'avait gâtée en ces jours-là, j'étais encore libre de mes mouvements et actes, j'étais entourée d'une nuée de mâles amoureux sans m'en rendre compte. Je les revois depuis quelque temps et tous sont unanimes, j'étais une fille qu'on aurait aimé serrer dans les bras et plus si affinités...
Malheur ... pourquoi ne me suis-je donc pas ouverte pour les laisser entrer dans mon sillage, entrer dans la bulle qui me séparait d'eux ? Et pourquoi, bon dieu, n'étaient-ils donc pas capables de dire les bons mots ? Pourquoi avais-je l'impression d'être un sujet de moqueries alors que c'était de la "drague" ??
Encore dernièrement un de ces mâles devenus hommes m'a confié : t'avais une sacré réputation ... MOI ? La fille sage qui sortait avec le même gars depuis deux ans ? J'avais la réputation d'être ... M'enfin ! C'est quoi ce cirque ???
J'aimais passer du temps avec les amis de l'autre sexe, c'est vrai, cela a toujours été comme cela, j'aimais être avec des garçons, les garçons c'était facile, les filles étaient toutes névrosées et problématiques :-)
J'aimais les petits jeux d'approche, les taquineries, les yeux doux et les éconduites...
Si aujourd'hui on me rassure que j'étais "vraiment canon" je doute ! Même plus que douter !! Je vais même à me dire que l'âge passant leur souvenirs deviennent doucereux et vagues :-)
Il semble que ma fille me ressemble beaucoup; je la trouve très jolie avec son corps musclé et son sourire désarmant. Verrais-je chez elle ce que je n'ai jamais su voir chez moi ? Verrais-je les garçons la regarder passer en la suivant des yeux et en soupirant ??
Dommage que Jupiter n'a agi que pendant ces quelques années touchées de grâce... Dommage que par après j'ai dû rentrer dans une phase noire attribuée à Neptune sans doute, dans les mares douteuses et les courants souterrains qui emportaient joie de vivre et liberté.
Devenir adulte ne devrait pas vouloir dire renoncer à cette folie qui accompagne nos jeunes années; devenir adulte en restant à jamais prêt de découvrir l'autre et une autre façon de faire, de vivre. Si je pouvais faire machine arrière je sais qu'une certaine nuit j'aurais offert ma bouche au lieu de montrer mes épaules :-)
lundi 30 mai 2011
Ces esprits qui nous hantent
J'ai eu la visite de ma fille cette nuit dans mon lit. Elle était en pleurs, pas les pleurs paniques des mauvais rêves mais les pleurs de tristesse d'une enfant qui s'est rendue compte que son petit chat ne reviendra jamais.
Le chat qui s'est noyé dans la piscine il y a quelques semaines. Ce petit chat tout doux et poilu qui venait lui téter le lobe de son oreille et qui s'endormait ainsi avec elle, lui réchauffant le corps et le coeur. Cette nuit, elle rêvait qu'il était là et quand elle a voulu le prendre dans ses bras ... il n'y avait personne.
Bien que beaucoup moins attaché à moi, bien qu'il ne dormait qu'avec elle, il m'arrive d'ouvrir la porte de la cuisine le matin et de le voir entrer et se frotter à mes jambes pour réclamer ses croquettes. De rentrer en voiture et de le voir perché sur le mur des voisins, guettant notre retour... mais il n'est plus là et souvent il me faut vite passer à autre chose pour ne pas laisser la tristesse s'installer.
C'est le premier animal domestique que mes enfants ont perdu. Il y en aura d'autres, c'est ainsi. Mon premier compagnon était un boxer, une merveille de chien. Il était tout ce qu'une enfant unique puisse souhaiter. Il était câlin, joueur, se prêtait à toutes mes expériences culinaires et il a été comme le frère ou la soeur que je n'ai jamais eu. Il est arrivé dans la maison quand j'avais 6 ans et l'a quittée 11 ans plus tard. Souffrant d'un cancer, il a fallu l'amener chez le vétérinaire qui l'a soulagé et l'a laissé partir.
Pendant des mois je m'attendais à ses explosions de joie quand je revenais de l'école. J'ai entendu sa respiration la nuit et ses petits aboiements le jour. C'est difficile de laisser partir un animal et encore plus douloureux quand il s'agit de personnes qui ont marqué votre vie.
Mon papa est parti un matin d'août, sans crier gare, sans qu'on ait eu le temps de se dire au revoir. Il m'accompagne encore aujourd'hui dans ma vie de tous les jours. Bien que je ne le vois plus, bien que son image deviens de moins en moins nette, bien que je ne me rappelle plus du son de sa voix... il est là. Il m'arrive de sursauter à l'odeur d'un homme qui me rappelle celle de mon papa. Une eau de toilette qui était rien qu'à lui et que je n'aimerai retrouver en aucun cas chez un autre qui me serait proche.
Il m'arrive aussi de rester à regarder une personne qui a la même forme de crâne, qui a une démarche comme la sienne et les souvenirs m'envahissent. J'ai rencontré une personne qui a des mains qui me font penser aux siennes. Aussi bizarre que cela puisse paraître, c'est ainsi et cela me rassure. J'aime penser qu'il est là pour moi, qu'il guide mes pas sans les influencer. Qu'il me met sur mon chemin les gens qu'il me faut pour avancer, des gens qui m'apportent tellement.
Les gènes ont voulu que j'aie les mêmes yeux que lui et que mon fils ait les miens. Je partage les petit doigts totalement crochus ainsi que les petits orteils tout aussi de travers hérités avec ma fille, mon deuxième est le seul à ne pas avoir ces signes extérieurs mais je retrouve en lui des expressions qui ne sont sans me faire penser à lui.
On garde ceux qu'on a aimés à jamais dans nos mémoires. Leur image se floute, leur timbre de voix se perd, ils deviennent ces sourires figés des clichés, ces poses qui seront à jamais associés à leur nom. Et dans nos coeurs ils se sont imprégnés à jamais...
samedi 7 mai 2011
Gin Orange et autres couleurs d'été
Hier soir, comme souvent les vendredis, soirée entre filles. Petite sortie improvisée suite à une courte concertation à la sortie de l'école. On s'est retrouvées au restaurant, pas le même que la dernière fois, mais tout de même dans les environs de nos maisons respectives.
D'excellente humeur je suis partie de la maison, j'ai presque pas râlé en voyante un énième panneau : route barrée qui m'a obligée de faire un beau détour, j'ai garé la petite voiture verte et j'ai rejoint les filles, grandes et petites. J'étais tellement de bonne humeur que j'ai regardé loin devant moi, je n'ai prêté aucune attention aux regards. Ah oui, j'étais de très bonne humeur hier :-)
On nous a proposé la carte pour l'apéro et contrairement à mes habitudes non-alcooliques je me suis permis de commander un gin-orange. Souvenirs lointains d'un voyage de concerts à Riga, juste après la chute du mur... Souvenirs d'une cave humide et assez délabrée (pour rester polie et courtoise), dans laquelle nous recevaient les étudiants du conservatoire pour nous souhaiter la bienvenue dans leur pays.
Souvenir de ne pas avoir su distinguer les verres sur les bancs parce que la seule et unique source de lumière étaient deux bougies coincées dans les goulots de bouteilles. Souvenir d'avoir eu très soif après le concert... et d'avoir bu en toute vitesse deux grands verres du breuvage. Et puis, tout s'embrouille... parce que ce qu'ils nous servaient était de nature plutôt costaud. Ils avaient mis tout leur argent dans un pot pour nous offrir la boisson la plus occidentale et européenne possible à leurs yeux : du gin-orange. Mais ce qu'on ne savait pas, c'est qu'à cette époque le jus d'orange coûtait le sextuple du prix du gin ... et qu'ils avaient mixés dans la même proportion inverse. Beaucoup beaucoup de gin pour très peu d'orange. Ohla, même en y pensant après tant d'années j'ai encore la tête qui tourne :-)
J'ai encore de très vagues souvenirs qu'on a du remonter de cette cave avec nos quelques verres (non, je ne sais plus combien, mais comme je l'ai déjà dit : on avait soif !!) dans le nez, quand a du retrouver le bus (vrai bus de l'époque soviétique, avec les gaz d'échappements qui rentraient par tous les trous ...) et qu'il a fallu retrouver nos "chambres" dans "l'hôtel" qui nous servait de quartier de nuit.
Ce que je me rappelle par contre, c'est le réveil du lendemain. Douloureux ! C'est le seul adjectif que je mettrais ... Les têtes qu'on croisait dans les couloirs n'avaient plus rien des personnes du matin précédent. Tous avaient l'air blafards et malades et tous étaient sensés visiter Riga à pied le jour-même. Je suis désolée, je ne me rappelle plus de beaucoup, heureusement que j'avais un appareil photo pour immortaliser le marché de viande, avec ses veaux, vaches etc découpés en morceaux grossiers, dévorés par les mouches, faute de réfrigération... tout était posé sur la terre, comme ça et pourrissait parce que personne n'avait les moyens pour acheter.
Les vendeurs de cigarettes qui vendaient les cigarettes à l'unité. La femme qui vendait un bas et une moitié de collants. Les enfants qui nous suppliaient de leur donner un peu d'argent. Le marché aux poissons qui s'annonçait par ses odeurs nauséabondes... un autre monde comme sorti d'une autre époque.
Peu à peu les effets de l'alcool se sont dissipés, on disparaissait de moins en moins derrière les buissons et à la fin de la journée tout le monde avait compris que ce qu'on avait vécu allait rester dans nos mémoires à jamais. Le dernier soir, sur la plage, on s'était rassemblés en petits groupes pour admirer le soleil de minuit. C'était l'image parfaite pour clore ce voyage.
Aujourd'hui, aucune séquelle de ma sortie d'hier. Je suis devenue très raisonnable (et très vieille aussi :-)) On s'est dit bonne nuit à 22.00, toutes fatiguées et avec la seule idée d'aller poser sa tête sur l'oreiller et de passer une bonne nuit.
La mienne a été reposante à volonté, je me suis levée à 5.35, j'ai regardé par la fenêtre et je me suis dit que décidément je suis gâtée d'être là où je suis, que je suis gâté de me réveiller en douceur et d'avoir devant moi une belle journée.
lundi 19 juillet 2010
Suède
L'année dernière nos vacances nous avaient conduits en Suède. Des vacances très mitigées point de vue météo, mais vraiment intéressantes et dépaysantes point de vue environnement.
Quand je suis tombée nez à nez avec ce petit nichoir je ne pouvais que le prendre et lui trouver une place sur notre terrasse. Un petit coin de Suède chez nous et plein de souvenirs inoubliables dans la tête.
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