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dimanche 15 décembre 2013

Angoisse absolue


Cette nuit, des cauchemars, des angoisses qui m'ont empêchée de dormir, angoisse pour le futur, angoisse pour la vie. 

Je ne sais plus comment faire, quoi faire, je sais juste que je vais droit dans le mur, sans freins, sans airbag, que je me crache lamentablement après la piste d'atterrissage, je coule dans le triangle des Bermudes. 

En parler sans paraître comme une femme qui ne sait pas gérer sa vie, ses finances est tellement difficile, en parler pour trouver une aide substantielle, en parler tout simplement. 

Depuis que je sais que je suis de nouveau (ou serai de nouveau) "sur le marché du travail", que je ferai (enfin) de nouveau parti des gens honnêtes qui travaillent pour gagner leur vie, que je ne ferai plus parti des "profiteurs de l'état" comme on m'a si souvent répété depuis que j'étais tombé en invalidité, je suis entre espoir et mort dans l'âme.

J'ai toujours travaillé beaucoup et avec beaucoup de sérieux, je n'avais pas de postes de travail sans "vrai" travail, tous mes postes étaient bourrés de travail, sans temps de repos, sans temps de midi puisque je restais souvent au bureau pour travailler en mangeant mes tartines. J'ai combiné travail dans le secteur privé avec travail dans l'enseignement, j'ai eu des années avec des horaires de fou, je commençais à 8 heures et je terminais à 22, j'ai cumulé un mi-temps chez mon designer avec 32 heures de cours de solfège et mes études au Conservatoire (10 heures), j'ai travaillé moins quand les enfants sont nés, j'ai switché uniquement dans l'enseignement afin d'être disponible pour eux, pour qu'ils ne soient pas obligés d'aller en crèche ou garderie, j'ai travaillé beaucoup pendant très longtemps et j'ai payé le prix plus tard. 

Aujourd'hui je me rends à l'évidence que je ne "vaux" rien au marché du travail. Je ne suis pas encore passée à l'administration pour l'emploi qui me prendra en charge (quand ???) mais quand je fais mon CV ... je n'ai RIEN comme compétence... absolument rien à part le Bac, à part quelques 20 ans dans l'enseignement musical, ce qui, pour trouver une place hors ce cadre, ne m'avance pas vraiment. 

Alors oui, l'angoisse est là... 

Je ne sais pas comment je vais survivre tout simplement, de façon tout à fait pragmatique, je ne sais pas comment je vais faire. 

J'ai reçu cette semaine un courrier avec le rapport de la médecin du travail que j'ai vue la semaine dernière ; 20 heures, ne pas porter de charges au dessus de 5kg, pas de station debout prolongée, pas de de ceci, pas de cela; 
en soi super positif de me savoir protégée ainsi, d'avoir la certitude que je ne ferai pas de travail à la chaîne, que je dois pas être soumise à plein de choses que je ne sais pas faire... mais cela ne rendra pas la tâche plus facile de trouver un emploi. 
Sans compétences particulières... je serai payée au salaire minimum certainement et je toucherai donc même pas la moitié de ce que je touchais en étant "invalide"... drôle de monde ... drôle de système ... 

Oui, Noël approche et peut-être que mon cadeau sera inattendu même s'il est fort espéré... me construire une nouvelle sécurité, une nouvelle vie de femme active en priant très fort que je ne doive payer le revers de la médaille, ce revers tant redouté: retomber malade parce que je ne respecte plus les besoins essentiels de mon corps faute de temps puisqu'il faudra caser tout le reste dans ce qui restera une fois les heures de travail prestées ....





mardi 26 novembre 2013

Et j'ai décidé


de garder le sourire parce que c'est la seule et unique chose que je maîtrise... dans un monde qui devient fou autour de moi. 

Je suis convoquée chez le prochain médecin qui jugera de mes capacités de travail, de ma capacité de reprendre mon dernier poste (chez l'ex-belle-famille donc) ou de me placer en mesure de reclassement externe si le dernier employeur ne me reprend pas (ce qui, vu la situation, semble trèèèèèèès probable ;-) ) Il y a tellement de textes à lire, tellement de choses à apprendre sur le fonctionnement, sur les mesures contre l'entreprise qui ne veut pas vous reprendre (sisisi, c'est écrit ...) que ma tête en tournicote toute seule, indemnité de ceci, de cela, un peu de loi et saupoudrer le tout de l'agence pour l'emploi qui m'accueillera les bras ouverts d'ici peu. 

Je garde le sourire, même figé à la lecture du devis de ma dentiste pour mes nouvelles fausses dents, glacé le coeur en voyant le calcul de la caisse de maladie qui rembourse tout jute un petit 10me du devis... et de glacer tout court en apprenant que ma caisse dentaire complémentaire n'amènera le remboursement même pas à 40% mais bien au dessous ... ben mince ... pourquoi toutes ces cotisations à la fin ??? 

Je garde le sourire en me creusant la tête afin de me souvenir où sont passés les copies pour la déclaration d'impôt que mon pays d'adoption me re-réclame alors que je ne gagne pas un sous ici et que mon épargne se limite au dépôt de la garantie locative ;-) gentil état de B pourquoi avez-vous "égaré" ma déclaration et pourquoi je ne retrouve pas ces fichus papiers qu'ils me demandent ?? 

Je garde le sourire malgré les longues minutes à écouter du Mozart que me passe la caisse de pension avant de me dire avec cette voix faussement enjouée que mon interlocuteur n'est pas disponible pour l'instant et que je peux continuer à fredonner la 40me ou abandonner (ce que je fais ...)

Je garde le sourire aussi parce que mon grand veut me présenter sa copine et que sa copine se dit : impatiente de me rencontrer ... la pauvre, elle ne sait pas ce qui l'attend ;-) (et moi, je "panique" parce que c'est une grande première, aucun de mes enfants ne m'a présenté aux amoureuses ... amoureux, enfin ma fille a encore un peu de temps ... ;-)). Je suis "paniquée" parce qu'elle vient de loin, là où les moeurs et manières, les don't et les do's sont autres et je ne sais pas si la serrer dans mes bras sera une bonne idée ;-) enfin, ils ont leurs examens de Noël à préparer et je ne compte pas les interrompre dans les études (ohlamauvaise, je cherche des excuses maintenant ;-))

Sourire à pleines dents et me regarder dans la glace, me dire que c'est tout de même fou que ma seule dent jamais cariée ni cassée est celle qui est la plus moche de toutes mes dents parce qu'elle n'a pas la même couleur que les autres, elle fait tâche dans le propre comme le figuré ;-)

Garder le sourire c'est gratuit donc j'en profite !

samedi 23 novembre 2013

Allez, un résumé s'impose


Quelle semaine ... pffff mais quelle semaine... 

Commençons avec les bonnes choses : en un je place que mon Grand semble avoir trouvé le bonheur auprès d'une fille qui a l'air sympathique (à mort dixit ma fille) qui fait, comme lui, de la musique mais qui repartira en fin d'année dans son pays lointain puisqu'elle est en échange "scolaire", donc ... difficile certainement à vivre puisque décompter les jours restants ... enfin, il est heureux et tout le monde est heureux pour lui ! 

En deux : la naissance du cousin de mes enfants, cousin que je ne verrai jamais (étant "bannie" de la famille ...) mais pour qui j'ai confectionné un petit ensemble "de mec" à l'image des chemises du papa. J'espère que le cadeau ne sera mis de côté comme moi ;-)

En trois : en trois ? trois ... non, j'ai beau chercher, pas de trois. 

Passons aux choses moyennes et rigolotes puisque inattendues : en un la lettre qui confirme qu'un comité a décidé d'envoyer mon dossier au prochain médecin qui lui, maintenant je rigole, va estimer si je peux reprendre mon dernier poste de travail ;-) ça a l'air bien, écrit comme ça mais (on sentait le mais arriver en douce) ... mon dernier poste de travail n'était pas prof de solfège comme on aurait pu le croire ... mon dernier poste était un poste fictif dans l'entreprise que gère le père des enfants, l'entreprise familiale de la famille qui m'a "bannie" ;-) en clair, je pourrais reprendre une place dans l'entreprise si le médecin estime que je suis apte à le faire ;-)))) c'est tout de même le comble de toute cette histoire de divorce, de maladie, de problèmes à n'en pas finir ;-) je rigole et j'attends ce qu'on me dira au prochain rendez-vous. 

Puis, les vraiment pas bien, les mauvaises et moches choses qui me sont arrivées cette semaine : encore un pneu crevé et j'ai eu une chance inouïe de m'en sortir indemne puisque le pneu a explosé alors que je venais juste de sortir le l'autoroute ... à quelques mètres et cela aurait été la catastrophe. Et si cela vous arrive en pleine nuit, c-à-d vers 20hrs du soir, trouver un dépanneur qui veuille se déplacer pour remorquer la voiture chez votre marchand de pneus qui vous fait signe s'il vous croise, tellement vous passez du temps chez lui, je peux affirmer que c'est une entreprise assidue. En comme à 20hres vous tombez sur le "service de nuit", la facture est plus que salée et j'ai vu partir le reste d'argent du mois dans la main du gars très gentil et serviable avec sa dépanneuse. 

Dans les moins bonnes aussi une entente qui semble se dégrader sérieusement sans que je puisse cerner le "vrai problème" si ce n'est que je réfléchis trop et que je m'embarque dans de longues explications qui n'intéressent pas et qu'on me sent comme : intransigeante et campée sur mes opinions alors que dans ma tête tous les scénarios possibles ont déjà été joués et que mes décisions ne sont pas irréfléchies et bornées mais la seule issue. Que j'ai du mal à encaisser des critiques qui me semblent venues de nulle part, c'est vrai, cela peut être un problème... J'ai juste l'impression qu'on veuille me dire ce que j'ai à faire, à dire, à ne pas dire, à ne pas écrire et là je bloque parce que c'est facile de vouloir guider si on ne partage pas le quotidien et qu'on passe peut-être à côté de l'essentiel : que moi je dois vivre avec et faire du mieux que je puisse faire pour m'en sortir. Et que tant que la situation sera ainsi mes décisions doivent être bonnes pour moi en premier lieu, pour les enfants et moi en second...



dimanche 10 novembre 2013

Surprise ? moi ?


Hier soir, alors que j'étais en pleine session : je jette le trop plein pour faire de la place pour le vide, mon téléphone a sonné. Chose rare à cette heure, chose rare pour un samedi. 

La discussion a duré une bonne demi-heure et quand j'ai raccroché je n'étais pas sûre d'avoir dit/fait la "bonne chose". Attendait-on autre chose de moi ? Une affirmation, une invitation encore plus claire ? Attendait-on de moi que je prenne "les choses en main" devais-je lire entre les lignes des mots avortés ?? 

La question me taraude, j'y ai pensé le gros de la matinée, encore blottie entre mes couettes et couvertures, observant la pluie sur ma fenêtre. 

Je suis devenue tellement prudente dans certains domaines que je n'ose plus être spontanée dans ma démarche, j'ai pris tellement de murs que je reste derrière ma porte toujours ouverte mais je ne franchis plus le seuil. Je suis devenue tellement prudente que je ne m'autorise plus d'espérer ... 

La semaine écoulée était décisive en bien de points, j'aurais le feu vert pour reprendre une vie active, j'aurais le laisser-passer pour le monde du travail, si le monde du travail veut encore de moi. Après tellement d'années ... 
Dans mon dossier qui a été débattu quelque part de personnes pour lesquelles je ne suis qu'un numéro parmi d'autres on peut lire, si on prend la peine de lire le dossier, que reprendre le travail sera nocif, voire délétère pour moi, ma santé, malgré cet écrit "on" m'a rayé d'une liste pour me mettre sur une autre. 
Je n'ai pas la moindre idée de mon futur... que sais-je faire ?? A part donner cours ?? Qu'ai-je comme qualification ?? RIEN ... alors, comment me proposer une occupation ??? Je ne suis pas faite pour travailler avec une hiérarchie au-dessus de ma tête, je ne suis pas faite pour suivre un protocole juste parce que c'est écrit ainsi. Je ne suis pas faite pour me fondre dans une masse qui travaille juste pour gagner de l'argent... plus de 20 ans dans l'enseignement ou on m'a fait confiance sans me contrôler puisque les résultats étaient bons m'ont donné le goût de la liberté d'organisation et de la liberté tout court de travailler à ma façon. 

Non, je ne suis pas surprise que je sois de nouveau "apte" pour un médecin-contrôle puisque ce médecin ne fait qu'appliquer des quotas incompréhensibles, il ne fait que le compte des "points" et mes douleurs, migraines, fatigue, lassitude, prise de médicaments puissants etc ne sont pas repris dans son code ... oui, ce médecin m'a sorti : si au moins vous aviez une métastase mais vous, vous n'avez rien ... 

Dur à avaler, dur parce que c'est ainsi que me voient la grande majorité des gens que je connais, je n'ai pas de stigmates visibles, j'ai un bon mètre de cicatrices, j'ai un corps qui fait mal mais cela ne se voit pas... oui, j'ai perdu mes seins, j'ai perdu "ma féminité" visible, mais ... puisque je le vis bien, de quoi pourrais-je me plaindre ?? 

Je rigole doucement quand "les gens" me donnent leurs bons conseils : bouges plus, tu n'as pas assez d'endurance, tu devrais sortir et marcher, tu devrais dormir moins, tu devrais faire ceci et cela... Je rigole doucement mais j'ai envie de hurler : PRENEZ MON CORPS, UNE SEMAINE ... et ne revenez plus avec ces conseils qui ne m'aident pas à aller mieux ... parce que au bout de cette semaine vous prierez la terre et le ciel de ne plus avoir ces douleurs permanentes qui vous vident et vous mettent à plat. 
Je rigole doucement parce que les mêmes personnes n'ont pas mon corps, ils n'ont ni ce corps ni l'esprit qui l'habite et qui me défend de me plaindre à longueur de journée, qui me défend de laisser aller, de sombrer même si c'était une bonne chose, peut-être ... 
Aider n'est pas donner des leçons, aider n'est pas appliquer sur moi ce qui marche sur eux ... aider serait de m'accorder le droit d'être comme je suis et d'accepter que je n'arrive pas à faire ce que "le monde" sait faire. Je fais de mon mieux, je me soigne, je passe trois fois par semaine par les mains expertes de masseurs et chiropracteurs, je me déplace si souvent à l'hôpital que je vais bientôt avoir une place réservée au sous-sol ;-) J'applique mon hygiène de vie qui veut que je dorme beaucoup, que je place mon oreiller de telle et telle façon, qui veut que je reste dans mes limites, j'applique tellement de mouvements, gestes, actes que toute ma vie est dictée par la discipline pour fonctionner. 

Alors je n'étais pas surprise quand les courrier sont arrivés, les uns plus réjouissants que les autres, des lettres impersonnelles, envoyées des milliers de fois déjà à d'autres dans le même cas... les douleurs, cela ne se voit pas cela se vit au quotidien et si vous essayez de cacher votre état en mordant sue votre chique, en vous tenant droit, en vous obligeant de sourire, en vous forçant de marcher alors que chaque pas est pure douleur, ne vous étonnez pas qu'on vous dise : mais madame, vous n'avez rien ... 





mardi 26 juin 2012

Ps, Ai, Id



nouvelles passions ! 

J'ai tellement entendu parler, lu, vu sur Photoshop que je n'ai plus résisté et que j'ai pris un abonnement chez A.obe. Un an d'usage intensif, à me familiariser, à comprendre, à jouer, à travailler...

Peut-être que je trouverai un jour un travail qui demandera la connaissance de ce genre d'outil ? 

Peut-être qu'un jour je réaliserai un de mes rêves ? Faire du travail créatif à domicile ... j'ai quelque part encore l'envie d'un travail comme celui-là. Même si mes années "dessinatrice dans un bureau de design" sont loin loin loin. 
Le souvenir de ces années est plutôt bien, à part la mésentente journalière avec le graphiste qui me prenait de haut alors que je me sentais déjà toute petite, le reste était positif. 
Les visites des chantiers et les coup de fil à donner en Allemagne et en Angleterre puisque j'étais la seule à maîtriser les deux langues m'ont donné du fil à retordre, souvent :-)

Mais cela fait longtemps que je suis sortie du manège des artistes... mes derniers mois ont vu arriver le premier MAC ... c'est dire :-)

Ayant du temps, étant motivée à apprendre et ayant développé un grand sens de l'autocritique je sens que mon MAC perso va tourner les prochaines semaines. 

En premier lieu je veux maîtriser les retouches "beauté", parce que c'est génial de rajeunir au fil de quelques clics :-))) 



vendredi 1 juin 2012

The show must go on




Coup de tonnerre, coup de théâtre, coup de tête, coup de gueule.

L'orage éclate, laisser éclater sa colère, se mettre dans une colère noire.

La nuit noire a tout avalé et recraché au petit matin.

Trop d'éclats, éclats de voix, éclats de rire, éclaboussures ...

Maux de tête, maux de corps, mots croisés, mots criés.

Traîne d'argent, traîner des pieds, passer sous le train.

Le train qui roule, dérailler, débrayer.

J'en ai fini avec le projet livre, il est confié aux bons soins de l'imprimeur. 

Cela fait du bien, cela est difficile aussi. 

Difficile de lâcher prise, difficile de dire au-revoir à cette partie. 

Difficile d'allumer l'ordinateur et de se retrouver avec son bureau vide, plus besoin de garder à portée de main les images, les clichés, les textes, les mails. 

Un énorme vide s'est créé hier quand j'ai lâché les supports qui contiennent une année de "travail". 

Un énorme vide qui voulait être comblé et qui ne l'a pas été, faute à ... ceci et cela, faute à d'autres impératifs beaucoup plus impératifs que mon besoin de me lâcher, de lâcher quelques larmes de soulagement, de lâcher un peu de leste...

Mais je suis restée avec en travers de la gorge cette envie de partager ma joie d'en avoir fini et mon angoisse que le résultat ne soit pas à la hauteur des espérances. Je suis restée là, devant le bâtiment qui ressemble étrangement à celui qui désormais faisait parti de ma vie de femme de ..., le coeur en lambeaux, le coeur battant, le coeur en attente ... 

Un peu comme lorsqu'au bout de 72 heures de "travail" le bébé attendu pointe enfin son nez et que, malgré votre joie intense de le tenir dans vos bras, de le voir agiter ses petites mains et de découvrir avec attention chaque cm2 de son être, votre ventre, votre état de femme enceinte, vous manque déjà... 

Nul ne sait comprendre qui ne l'a pas vécu ... et je pense ne pas être la seule à qui cela est arrivé... 

Hier j'étais dans la même configuration, sauf que, malgré le ventre vide, nul bébé, nul "autre" que le vide complet et total...

Nulle félicitation, nul coup de fil excité, nulle photo à prendre et à partager, juste un écran vide, une tête vide, un coeur gros comme ça... 

Rien à faire, j'avais besoin de converser, d'échanger, de me rassurer, de lâcher prise... et j'ai buté sur un tas de pierres au propre comme au figuré...

Pas de petite accolade joyeuse, pas d'embrassades soulagées, juste une phrase, juste une ou deux phrases qui ont achevé la petite travailleuse assidue et en manque de paroles.






lundi 28 mai 2012

Création - récréation - re-création




Je suis sur le livre...  

- Quoi, encore ??? 

- Oui très cher lecteur, lectrice du blog qui accueille chaque jour ses visiteurs avec un sourire et la bonne humeur ... et oui chère voix du offfffffff (je sens que mes enfants regardent trop ces émissions avec des voix offfffff et je me laisse influencer petit à petit ...aïe !)

- La bonne humeur ???

- Oui, enfin, souvent, presque toujours, enfin ... parfois tout de même... enfin, bon, d'accord, pas si souvent que ça non plus ...

Je suis donc sur le livre, plus exactement je planche sur la couverture ... 

- ENCORE ???

- Ouifff, c'est-à-dire ... nous sommes un peu ... perfectionnistes dans nos demandes respectives et puis plus que le temps passe, moins on est sûr si la couverture qui a eu son aval sera "vendeur" par après aussi ... 

- Ah ... 

Bon, je suis donc sur la couverture, aujourd'hui point d'exaltation photographique mais plutôt une débauche-ébauche graphique ... 

Oui, je fais, pour UNE fois, quelque chose totalement AUTRE que les propositions précédentes ... 

- Pour UNE FOIS ??? Tu rigoles ??

(Vous voyez, la bonne humeur qui règne ? tadaaaaaaa !)

- D'accord, je change souvent de cap radicalement, parce que c'est nécessaire, parce que LE DECLIC pour LA couverture qui colle, qui va, qui plait, qui séduit sans tomber dans l'ordinaire ... c'est pas SI évident que cela !!!

Je sais, certains tournent les yeux au ciel ; n'avait-elle pas dit que c'était fini toute cette histoire avec ce "livre" ? N'avait-elle pas dit et redit qu'elle avait assez travaillé, qu'elle avait passé beaucoup de temps à y travailler, qu'elle voulait passer A AUTRE CHOSE ??? 

Je sais, certains ont peur de découvrir demain le nouveau truc que j'ai cogité entre quelques mailles, la préparation du saumon poché au four et ses carottes au miel et thym et petits ognons jeunes ... hmmm que c'était BON !!! Entre un peu de couture à la japonaise sans me soucier de comprendre vraiment ce qu'ils voulaient et de râler sec parce que je ne comprenais absolument pas pourquoi ce "chauffe-épaule" ne laissait pas passer les épaules  ! De découdre un peu, beaucoup, passion..., non, pas de passion là-dedans, la passion c'est pour plus tard, pour demain peut-être, allez, oui, je vais dire : la passion ce sera demain :-)
De recoudre, de découdre, de recoudre, de découdre, de .... jeter le tout avec un juron pas du tout japonais et assurément pas du tout polis et courtois, dans la première chaise venue pour me retrouver, un peu plus tard, avec une aiguille plantée dans ... ben oui, OU d'autre ??? 

Alors, oui, je sais que celui qui ne me lira pas ce soir mais peut-être demain matin, que celui qui s'arrache les cheveux quand je viens avec un sourire et un paquet de "propositions", que celui-là sera aussi content de boucler mercredi le chantier "livre" ...

-MERCREDI ??? 

- Ecoutez, chère voix en offff, vous commencez sérieusement à m'agacer, pourriez-vous rester en offffff et la boucler ? (ah ah ah, on boucle la boucle :-))))

... alors, oui, je sais qu'on sera deux à essuyer les larmes de joie (ou pas), qu'on se serrera la main en signe de victoire (ou pas) et qu'on aura très fort envie de se prendre dans les bras pour ... 
M'ENFIN !!!!! c'est quoi ce regard malicieux en notre direction ??? M'ENFIN !!! J'ai dit PAS DE PASSION aujourd'hui, c'est tout de même terrible d'avoir l'esprit aussi mal tourné et de s'imaginer que ... m'enfin !

Donc, je me retourne vers la voix en offff pour lui signaler qu'elle peut encore vous souhaiter une belle soirée et une bonne nuit pour les chanceux qui sauront dormir de suite :-)

- Belle soirée !

... et belle soirée de moi aussi, bien entendu :-) :-) :-)




dimanche 29 avril 2012

Belle nuit

C'est tellement rare que je me dois d'en parler ...

J'ai passé une très bonne nuit, une nuit de résiliation, une nuit d'acceptation. 

J'ai pas énormément dormi, loin de là, j'ai été réveillée à maintes reprises et malgré cela je me sens très bien dans ma peau ce matin.

La boule au ventre a disparu, elle a laissé sa place à une sensation de bonbon au caramel qui distille son goût rassurant dans tout mon corps. 

Oui, j'ai toujours mal dans ce corps, le temps n'aide en rien pour que ça passe. Pourtant, je suis bien, détendue et tranquillisée. 

Non, je ne sais pas pour combien d'heures, de jours, de semaines ce bien-être restera à mes côtés alors j'en tire le meilleur des partis et je savoure cette journée sans aucune retenue. 

Il était temps que la peur cesse, que l'acceptation s'impose. 

Si je savais changer le destin, si je savais prévoir ce que l'avenir me réserve; serais-ce à ce point enviable ? 
Ne serais-je pas "obligée de réussir"? Ne serais-je pas bloquée dans mes actes ?

Peut-être que c'est finalement cela ma plus grande peur : obligée de réussir ... obligée de faire d'une nouvelle situation un sans faute. 

Je continue de travailler sur le fameux livre. Je n'avais pas imaginé quelle masse de travail représente une telle entreprise. Je suis seule pour la plupart du temps à décider du comment, du visuel, de la présentation et je me freine avec mon perfectionnisme qui me fait douter de chaque page, de chaque photo, de chaque proposition. 

J'aimerai que l'auteur ait un peu, non, beaucoup plus de temps à me consacrer, maintenant que le projet touche à sa fin et que ne je travaille plus que sur le visuel, le graphique, la photo. Ce n'est pas mon livre et j'ai le sentiment désagréable de travailler dans le vide. 

Je clôturerai cette semaine, peu importe, je veux passer à autre chose :-)

Ma pièce à vivre est tapissée des clichés de l'auteur. Je balance, je choisis, j'assemble pour démonter. A chaque page terminée, mais en cours d'approbation, j'enlève du mur les photos et je mets à la place la page qui attend son OK.

Peut-être que j'ai trop féminisé le projet ? Mais, en soi, la clientèle potentielle ne sera-t-elle pas plutôt féminine ? Est-ce que beaucoup d'hommes se passionnent pour la poésie ??? 

Ah, les doutes, les doutes ... 

Je vous souhaite de passer une journée paisible, avec ceux qui vous aiment et à qui vous portez votre amour sans retenue !