Dormir la fenêtre fermée ne m'apporte pas les nuits paisibles et réconfortantes. Même si je suis persuadée que le fait de fermer une fenêtre ne devrait pas m'empêcher de faire de beaux rêves, le constat est : j'ai passé une nuit très bizarre et angoissante par moments.
Il pleut toujours, il fait toujours très gris, j'ai du mal à voir ce que je fais sans lampes allumées... que je suis lasse de ce temps, que j'ai besoin de revoir le soleil avant de rentrer dans un automne suivi d'un hiver précoce... comme j'ai besoin d'un peu de chaleur pour ne pas rentrer en hibernation bien avant l'heure.
Dans ma nuit, après que la pluie et le vent aient eu raison de mon entêtement de vouloir garder les fenêtres grandes ouvertes, dans cette nuit qui m'a plus fatiguée que remontée le moral, dans cette nuit j'avais déménagé bien loin d'ici, loin de tous les soucis et de tous les souvenirs qui empêchent de prendre son envol définitif. J'avais trouvé une petite maison, blanche de façade et juste assez d'espace pour contenir mes trésors.
J'y ai emménagée, j'ai repeint les murs dans des tons clairs, de tons glaise et caillou, j'ai installé ma chambre composée d'un lit et de rien d'autre... c'était très paisible.
Et sont arrivés les ennuis... dès que je voulais sortir je me sentais épiée, espionnée, je me savais contrôlée sans voir, sans savoir de quoi ou de qui.
Même à l'intérieur de ma nouvelle demeure je sentais des yeux invisibles fixés sur moi, suivre chacun de mes pas, suivre chaque mouvement.
Trop heureuse d'être sortie de ce cauchemar débutant par un discret "ding-ding" du téléphone qui m'annonçait un sms venu de très loin. Trop heureuse de prendre conscience que j'étais dans mon lit, que j'étais "à l'abri"...
Malgré mon réveil très matinal, sous la pluie, sous le ciel gris, malgré que je sais pertinemment que je suis chez moi, que j'ai le droit d'y faire ce que je veux, malgré la certitude que je ne fais rien de mal, rien de défendu ... malgré tout ceci, je me sens très mal à l'aise. Tellement mal à l'aise que l'idée que je suis vraiment sous "surveillance" ne me lâche plus d'une semelle.
C'est tout de même assez consternant que, dès que j'ai une connaissance qui me rend visite les jours sans mes enfants, qu'à chaque fois que je ne suis pas seule chez moi le papa en amène un des trois qui "a oublié" ceci ou cela. C'est tout de même plus que surprenant que depuis deux semaines, deux semaines sans ami/e de passage chez moi, que depuis deux semaines... ils ne sont plus passés... peut-être que je deviens paranoïaque, peut-être que je vois de fantômes du passé rôder autour de moi, peut-être que je suis devenue tout simplement à cran ??? Je n'en sais rien... je sais par contre que mes rêves veulent toujours m'aider à comprendre, à avancer, à me guider et me mettre en garde.
Ou alors, je suis tout bêtement au point d'en avoir assez de ce temps, d'en avoir assez d'être enfermée, d'en avoir assez d'être en tête à tête avec moi-même :-)