Ce sont deux qualificatifs que j'entends souvent quand une personne me décrit.
L'impression d'avoir rencontré une femme qui n'est pas vraiment heureuse, l'impression aussi d'avoir à faire à quelqu'un de retirée en elle, quelqu'un de hautain et se sentant supérieure.
S'il est vrai que je suis assez introvertie, que j'aime la solitude et que je n'ai pas vraiment besoin d'être entourée d'amis et de connaissances en permanence, certainement le fruit d'une enfance seule, sans compagnons de jeu, sans autres enfants dans la famille, je n'aime pas faire cet effet-là à ceux que je rencontre.
Je ne suis pas une des ces femmes qui, en tour de main, ont fait de la dizaine d'autres invitées à une fête leurs meilleures amies. Je fais connaissance, je m'imprègne de la première perception, qui souvent se révèle juste au fil du temps, je reste sur mes gardes et ne m'ouvre qu'une fois rassurée que l'autre ne me voudra pas de mal.
Je ne suis pas de celles qui sont le centre de l'attention, je n'ai peut-être pas assez à dire, je ne suis sûrement pas la femme que tout le monde admirera pour son charme et son aisance en public. Je n'aime pas non plus devoir m'occuper de plusieurs nouveaux visages à la fois. Ce qui fait que, oui, je reste à distance.
N'étant ni belle, ni sophistiquée, n'ayant pas la class innée, je passe à travers mon existence sans provoquer de grands remous. Ce qui me convient parfaitement... tellement que je me sens mal à l'aise quand je croise le regard d'un autre qui me scrute.
Au fil du temps je m'ouvre, un peu, pour me refermer dès que je me sens menacée. Menace verbale ou physique, un rien me fait rentrer dans ma coquille que je laisse close, imperméable et infranchissable.
J'aime écouter les gens, j'aime entendre ce qu'ils disent, je ne sais pas écouter si je parle tout le temps. Ce qui fait de moi un être peu locace. J'ai toujours peur de ne pas être à la hauteur, de n'avoir rien d'intéressant à communiquer, de ne pas en connaître assez sur le sujet. Je regarde avec fascination ceux qui parlent de tout comme s'ils avaient la science infuse. Intérieurement je me dis que, non, cela n'est pas vrai, que telle affirmation est erronée, que j'ai lu et entendu ...
Il semble que la chaleur humaine ne m'habite point, que je mets une distance volontaire entre moi et mes interlocuteurs. Depuis des années j'ai entendu que j'ai un coeur de glace, que je n'en ai cure du bien-être d'autrui.
Si je pouvais changer, si j'avais une baguette magique, je changerais ce foutu trait de caractère pour enfin toucher l'humaine, la chaleureuse, l'extrovertie qui ne se montre jamais et laquelle je soupçonne ne pas faire partie de moi.
Ceux qui abandonnent parce que dépités et déçus, ceux qui m'ignorent à une deuxième rencontre... je ne les toucherai plus.
Une fois le chemin balisé, une fois l'armure délaissée, je laisse entrer les quelques rares qui avaient la patience de me laisser le temps pour me déployer.
Et le cercle se referme.
Je connais intiment une personne qui te ressemble beacoup
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