Du temps de midi j'ai eu un début de discussion intéressant sur la fin du monde qu'on nous annonce pour 2012. Ce n'était pas la première fois que j'y pensais et pourtant, en revenant, coincée dans les bouchons sur l'autoroute, je n'ai pu m'empêcher de plonger dans une longue réflexion.
Que saurait-on faire, concrètement ? Contre-balancer ? Non, trop facile pour que personne n'y ait pensé. Se sauver ? Oui, mais où puisque le monde tel que nous le connaissons ne sera plus que poussière et eau.
Essayer de dévier le danger ? Abandonner ? Se dire qu'on a été assez sage pour être sauvée par une arche construite pour les "gentils" ?
Que ferais-je si ...? Si je savais avec exactitude que je n'ai plus, et avec moi tout ce que connais, que 18 mois devant moi ?
Ce n'est pas aussi facile de s'imaginer avoir une date butoir, un jour précis de départ. Ce n'est pas un petit séjour à l'étranger ... c'est tout sauf facile !
Je ne suis pas défaitiste, je ne laisse pas tomber, je me bats pour ce qui me semble juste, donc ... en premier lieu je décide : je continue de vivre à plein régime. Je continue mon chemin tout en essayant d'y intégrer ce qui me rendrait encore plus heureuse pour n'avoir aucun regret le soir du 20 décembre.
Encore faudra-t-il que ceux avec qui j'aimerais vivre ces derniers mois soient de mon avis .... trop dommage de gâcher du temps à essayer de convaincre et d'avancer argument après argument. Le temps pressera tout de même.
Je ne partirais pas faire le tout du monde. Masochiste de faire le tour du monde, voir ses merveilles en sachant pertinemment qui tout est voué à disparaître. Non, je ferai quelques allez-retour vers la mer. Pour sa beauté, pour sa dynamique qui me sera mortelle le jour convenu.
Pas d'achats compulsifs non plus. Inutiles pour la plupart et trop prenants. Non je resterai avec ce que j'ai, en m'accordant des plaisirs gustatifs et non matériels.
Passer le plus de temps possible éveillée. Rester avec ceux que j'aime le plus au monde. Me battre pour qu'ils aient la vie qu'ils imaginent. Réaliser les souhaits sur le plan affectif.
Ce qui me ferait le plus peur dans cette éventualité de fin du monde serait sans aucun doute de voir l'humanité abandonner. Parce que cela ne vaudrait plus la peine. Je serais chagrinée de vivre le déclin, juste par désespoir.... ce serait la manière la plus sûre, la plus certaine de provoquer la chute dans l'inévitable...
Et puis, zut, non, je n'adhère pas à la théorie, parce que je me sens pas encore prête à finir ce que j'ai commencé. Je sens que je n'ai pas encore assez vécu pour accepter une fin.
Le seul aspect rigolo de mon expérience sur l'autoroute, entre les gros camions et les 4x4 plus gros les uns que les autres, était quand j'ai pensé que je n'aurais pas à supporter les décorations de Noël juste après la rentrée des classes, que même les Père Noël grimpants aux façades resteraient dans les greniers... quel soulagement !
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