Le titre qui ne veut rien dire du tout, si ce n'est une idée qui me charme. Si je pouvais, si j'avais les moyens, si je n'étais pas retenue ici pour des raisons familiales et pratiques, si j'avais une baguette magique, je prendrai cette maison, je réduirai sa taille de moitié, je la transporterai face à l'océan, sur une falaise de laquelle descendrai un escalier en bois vers la plage en contre-bas.
J'arracherai des murs la tapisserie, je peindrai mes murs en blanc, je m'achèterai un futon pour dormir, ma chambre serait meublé avec le strict minimum. Une petite armoire, un tatami, un coin pour méditer et faire mon yoga matinal... une ou deux lampes et beaucoup de bougies. Aux fenêtres de légers voiles en lin...
Je dégagerai l'espace vie, je donnerai les assiettes dont on ne se sert jamais ou si peu, je garderai l'argenterie par nostalgie. Pas de pardon pour tous les souvenirs de ma vie d'avant. Je ne m'en débarrasserai pas, non, je louerai un entrepôt pour les conserver pour mes enfants et leurs enfants. Mais je ne voudrai plus les avoir sous les yeux.
Il y aurait de la place pour accueillir ceux qui partagent encore et toujours ma vie, il y aurait toujours une chaise en trop à table pour celui ou celle qui voudrait se joindre à nous.
Je serais un ex-frontalière ...
Dans la vie réelle, j'aimerai aussi devenir en devenir une, laisser derrière moi mon pays d'adoption, retourner chez moi, m'entourer de gens qui ne me jugent pas pour ma nationalité. Ce n'est pas énorme comme souhait et pourtant je sais que, à part un miracle.... je n'ai pas, plus la possibilité d'y arriver. Quand je regarde par la fenêtre je vois mon pays natal, je peux presque toucher des mains le territoire. Je ne fais qu'une centaine de pas et j'y suis, sans plus jamais y parvenir réellement. C'est frustrant, c'est dommage mais rien n'y changera rien...
Je suis encore une frontalière, de justesse mais à vie.
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