Et a-t-elle une raison d'être ?
Si on ne faisait que suivre la raison, beaucoup de joies et de beaux moments ne seraient jamais vécus. Combien de jours s'écouleraient dans un gris enveloppant tout sous un manteau camoufleur ? Sans excès, sans déraison, sans éclats, sans explosions de joie, de peine, tout resterait bouillie confortable dans laquelle chaque mot sera connu, chaque geste qu'une enième répétition d'un monde aux coins arrondis. Sans risque de se blesser, puisque balisé et banalisé.
Sans perdre la raison, vivre deviendrai un exercice, une répétition infinie de la vie comme si on avait une deuxième chance, comme si on avait le temps de gâcher les plus beaux instants en se disant que la prochaine fois qu'ils se présenteront, oui, la prochaine fois, on y goûtera avec plaisir.
En écoutant que la raison, nul ne s'affronterai, nul n'aurait à prendre de décisions, puisque la raison a toujours ses solutions qu'elle brandit à bout de bras pour qu'on se serve exclusivement de son offre. Suivre la raison, même couplé aux meilleurs arguments ne sera jamais vivre à plein coeur. La raison choisira ce qu'elle connaît, la raison affiche son sourire qui veut dire : allez, approche, tu sais que j'ai raison, je suis la raison, avec moi pas de mauvaise suprise.
En se raisonnant on pense souvent bien faire, on pense épargner ceux qu'on aime, on pense s'épargner soi-même, on pense éviter de heurter la sensibilité, on pense agir en homme ou femme adulte et ... raisonnable.
La raison ne devrait avoir son dernier mot à dire que si elle donne plein crédit aux décisions du coeur, que si elle se plie à plus fort qu'elle.... que si elle dit OUI !
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