Difficile le choix des couleurs quand on est limité par une teinte assez moche de revêtement de sol et des meubles existants... et quand en plus, au moment de passer à l'achat de la peinture longuement réfléchie devant les murs nus, mes yeux tombent sur un beau rose très pâle, très fille, très poudré... que faire d'autre que mettre le seau dans le caddy tout en achetant aussi un semblant de couleur "neutre" au cas où.
Ma fille aime le rose, presque autant que moi, je dois refaire sa chambre après celle-ci, je l'ai promis depuis bien trop longtemps, les deux semaines d'août qu'elle passera loin de moi devraient suffire à faire le nécessaire. Pour elle le rose serait plus adapté, plus girly, plus pré-ado ? Alors que moi ? Passé l'âge du fun ?
Je vois de plus en plus que ma tête reste plus jeune que mon corps, que dans ma tête je n'ai pas encore passé le cap des vingt ans, que je me sens souvent aussi jeune que mes enfants, aussi folle, aussi ... jeune. Mais devant le miroir l'évidence n'est plus niable, je n'ai plus vingt ans ... et je ne les aurai plus jamais.
Concilier image intérieure et notre corps qui vieillit, les rides qui s'installent, la peau qui perd de son élasticité, je ne pensais pas que j'aurai autant de mal à réussir. Je me suis bercée dans l'illusion que j'allais prendre de l'âge, que j'allais me transformer en acceptant tout simplement que c'est ainsi. Certes, mon changement de vie, la possibilité de renouer avec mon passé, les nouvelles expériences y sont pour beaucoup. Pourtant, ce n'est pas une partie de plaisir d'être effrayée à chaque passage devant une surface réfléchissante.
Le rose serait-il un artifice pour parer aux années qui se marquent ? Quand même pas, du moins je l'espère du fond du coeur...
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