lundi 4 juillet 2011

Reconnaissance tardive

Il y plus de deux ans j'avais assisté avec mon amie à une journée "développement personnel et auto-hypnose". Déjà à la quête de comprendre ce qui se passait en moi, je m'étais dit que cela ne coûterai rien de passer une journée avec un homme qui, par ce qu'on m'avait raconté, était formidable dans ce domaine.

Encore au début de mon chemin, j'avais pourtant déjà compris que je voulais vivre et non survivre et que mon bonheur était bien ancré en moi.

Au début de journée, en introduction, chacun avait la possibilité de se présenter et de définir ce qu'il aimerait voir changer dans sa vie. Très sceptique à cause de sa manière de parler, façon PNL, j'ai quand même levé la main et exposé "mon problème" : même si moi j'étais heureuse, je n'arrivais pas à faire passer le message. Il ne s'est pas exprimé sur le moment, m'a juste lancé un regard incrédule qui faisait monter une colère noire en moi.

On apprenait à se mettre dans des états de détente, à visualiser des instants agréables... j'avais l'impression que ce n'était absolument pas pour moi, appuyée par mon amie qui, à force de se forcer, développait un mal de tête terrible. On décidait de quitter les lieux au milieu de l'après-midi. C'était sans compter sur le maître. Il s'approcha de nous et proposa une hypnose à mon amie pour la soulager de sa douleur, ce qu'elle accepta à ma grande surprise. Je l'ai vu se détendre, de se laisser aller et de partir très loin tout en restant debout. Quand il lui ordonna de tomber à la renverse, elle le fît, sans aucune retenue, sans aucune peur. 

On était très impressionnées toutes les deux, elle, parce que encore plus sceptique et négative que moi et moi par le fait que non seulement ses maux de tête avaient complètement disparus, mais aussi parce que je ne l'avais jamais vu aussi bien et sans défenses ...

Il me lança le deuxième regard de la journée puisqu'il m'avait totalement ignoré depuis le matin et me dit d'une voix douce : tu es formidable et tu le vaux bien..... Cette petite phrase a fait le tour dans ma tête, elle ne voulait rien dire ... mais de mes yeux jaillissait un flot de larmes que je ne savais plus contrôler. Très gênée je disparus aux toilettes prétextant un petit malaise à cause de la chaleur dans la salle. J'ai mis 20 bonnes minutes pour me ressaisir et me sentir prête à rejoindre le groupe. 

Plus aucun regard jusqu'à la fin du stage. Je le maudissait, j'aurais pu lui cracher au visage, j'étais réellement en colère ! On était plus de deux heures en retard sur le programme établi, j'avais les enfants avec leur père à la maison, père qui m'envoyait des sms de plus en plus pressants pour que je rentre. 

On nous proposa de prolonger avec un repas, histoire de parler"en privé" avec monsieur. Non, pas pour moi, j'en avais assez, j'avais perdu assez de temps à écouter, à me sentir mal à l'aise, je voulais rentrer et oublier l'expérience. J'ai donc salué mes connaissances et par politesse j'allais aussi tendre la main à cet homme bizarre. Il la prit dans les siennes, me regarda dans les yeux, secoua la tête en disant : ce n'est pas à toi d'accepter, c'est aux autres. Ceux qui t'empêchent d'être, ceux qui te bloquent... aussi longtemps que tu les accepte, tu n'avancera nul part.

Là, j'étais furieuse... c'était bon, j'en avais assez entendu de quelqu'un qui ne me connaissait pas et qui se permettait de me juger et de me donner de bons conseils. 

La colère, la déception ne m'ont pas lâchées des journées durant. Je ne voulais pas réfléchir au sens de ses paroles, je refusais d'admettre qu'il avait mis le doigt sur mon coeur, avait pointé là où cela faisait mal et avait réussi à me faire pleurer en public. Je voulais juste oublier ce weekend malheureux.

Ce n'est qu'au bout de quelques mois que j'ai admis qu'il avait raison. Que je ne pouvais PAS changer ceux avec qui je vivais. Que je ne pouvais PAS faire autre chose que de les laisser prendre leur propres décisions... 

Oui, aujourd'hui je me sens reconnaissante envers lui, je ne sais pas comment il a su (je n'avais rien raconté de ma vie ...), je ne sais comment il a fait pour résumer en trois phrases mon mal-être permanent, mais il avait touché ma corde sensible et l'avait fait vibrer en douceur.

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