même si dehors tout est gris, humide et à la limite du supportable, tout n'est pas gris en ce qui concerne mon avenir "financier". J'ai eu l'agréable surprise d'un mail de mon bureau d'avocats qui m'était transmis pour que j'en prenne note ... la fameuse "ordonnance" pour les mesures urgentes et provisoires... oui, rien n'est encore définitif, cela prendra assurément jusqu'en janvier de l'année prochaine... mais ... mais en attendant c'est tout de même fort positif et rassurant sur le comment la justice applique ses lois.
Non, ce n'est pas celui qui hurle le plus fort qui passe ses revendications. Non, ce n'est pas celui qui menace qui au bout du chemin récolte le grand bonus ... non, ce n'est pas ainsi, finalement, un juge c'est aussi là pour cela, pour rendre justice, pour veiller au bon déroulement d'un processus déjà assez pénible sans des coups bas incessants.
Mon "ordonnance" condamne (et là, même si ce n'est pas beau, même si ce pas mature DU TOUT du tout du tout, mais lire condamne à trois reprises dans ce texte, me fait sourire jusqu'aux oreilles :-)) monsieur x-mari, à continuer à rembourser sa voiture de célibataire puisqu'il a gardé la voiture de ministre à son départ, condamne monsieur mon x-mari à partager les frais extraordinaires des enfants pas de moitié, mais en proportion d'un tiers pour moi et deux tiers pour lui (hallelujia, le moment des études supérieures des enfants perd de "menace" pour moi ...) condamne monsieur mon x-mari à me verser un secours alimentaire de ... euros. La seule chose qu'il a obtenu, et encore seulement parce c'est lui qui dispose du plus grand revenu, c'est que les enfants seront désormais domiciliés chez lui, ainsi il pourra bénéficier de l'abattement d'impôts ... qui, en définitive reviendra au bien-être des enfants (cela, c'est Monsieur le Juge qui l'a écrit ainsi.)
A la première lecture, aucune réaction de ma part... j'étais surprise, c'est bien la toute première fois qu'il n'arrive pas à faire passer ses demandes, c'était tellement incroyable que je ne pouvais pas réagir... j'étais figée devant l'écran, je regardais et j'étais vide ... Je suis sortie au jardin, j'ai caressé Monsieur Gourmand et Madame Bulle qui s'occupent de façon exemplaire de la pelouse, j'ai posé mon regard sur la maison en contre-bas, ma maison, notre maison... et puis des larmes sorties de nulle part m'ont envahies, m'ont secouées en moi.
J'ai pris les escaliers vers la terrasse, j'ai vu toute la mousse qui s'est installée pendant ces 7 semaines de pluie incessante, j'ai piqué l'une ou l'autre mauvaise herbe qui se marie avec les fleurs et je ne sentais toujours rien...
En rentrant, j'ai retiré mes chaussures, j'ai senti sous moi le parquet solide et chaud, cette matière brute qui prend les signes du temps avec simplicité, je me suis préparée une tasse de thé, j'ai réchauffé mes mains à son contact et j'ai rejoint ma chambre qui se transforme de jour en jour...
Une fois de plus, j'ai relu le mail, j'ai ré-ouvert l'attachement avec la fameuse ordonnance. J'ai relu avec soin, mot par mot tout le texte. Encore une fois, très lentement afin d'être sûre et certaine de tout avoir compris... Je suis restée là, silencieuse, pensive, et profondément reconnaissante. Reconnaissante parce que pendant ces longs mois qui allaient de mensonge en mensonge, de sous-entendus en affirmations sans aucun fond, de menaces, de diffamations ... j'avais beaucoup de moments de doute. Doute, si j'étais vraiment cette femme décrite, doutes si vraiment j'étais à ce point détestable, si je n'avais pas mérité toute cette haine à mon égard...
J'ai eu beaucoup de passages à vide, beaucoup d'heures à me mettre en question, beaucoup de journées ou je faisais semblant que tout allait bien... même si je restais à distance pour ne pas tomber dans un trou béant qui me tendait les bras.
En 5 pages la justice avait parlé, elle n'avait pas écoutée une avocate déchaînée qui me faisait passer pour une traînée, une femme intéressée que par l'argent, une mauvaise mère et une épouse infâme..., elle avait pris en compte ma défense, ma situation et avait tranchée... en ma faveur. On pourra continuer à vivre dans les mêmes conditions, on n'a pas vraiment plus de moyens, mais au moins ces moyens ne sont pas réduits. Le partage des frais se fera d'une nouvelle façon, cela me donne plus de libertés de mouvement... et un secours alimentaire A MON NOM, non à celui des enfants ... mon dieu, c'est vraiment la cerise sur le gâteau :-) Ce n'est pas une somme énorme, mais c'est amplement suffisant pour couvrir mes besoins alimentaires les semaines sans enfants... et, très honnêtement, le fait que monsieur x-mari devra me faire parvenir cette somme tous les mois, rien qu'en imaginant sa rage quand il verra partir de ses comptes x-euros POUR MOI .... et ben oui, même si ce n'est PAAAAAAAS bien, cela me fait sourire et même éclater de rire quand j'y pense :-) :-)
En résumé, il n'a rien GAGNE dans toute cette histoire, non, il a même perdu TOUT ce qu'il voulait ... je n'ose imaginer sa colère quand il lira le texte, je n'ose imaginer ce qu'il va me sortir la prochaine fois qui ne saura tarder... dans un mois ses requêtes doivent être déposées. Pour un jugement définitif qui pourrait le condamner à devoir me verser une pension alimentaire ... s'il n'arrive pas à convaincre la justice que c'est moi la fautive ... Je n'ose imaginer ce que je devrais entendre, tellement que j'étais choquée en prenant connaissance des dernières conclusions avec lesquelles il a plaidé il y une semaine.
La nuit fut bonne, une belle migraine de relâchement s'est installée et me fait souffrir, normal toute la tension est tombée et je réagis mal au grandes émotions.
Quelques coups de fil avec des personnes que j'aime et qui m'aiment en retour, quelques rires de bon coeur partagés, des mails croisés, des encouragements de continuer à me battre pour la vérité... J'ai une nouvelle confiance en moi et c'est tout sauf désagréable :-)
Allez, oui, je ris encore ce matin, je ris non seulement parce que le poids et la peur de l'avenir se sont calmés, non, je ris de joie, je ris de soulagement et je ris aussi juste parce que cela me fait du bien.
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