Ma fille a enfin l'âge pour grimper dans les arbres en y prenant un plaisir très communicatif. Heureusement qu'autour de la maison on n'est pas à court de possibilités. Pourtant, sa préférence absolue va à celui devant la maison, à côté des escaliers qui mènent à la porte d'entrée.
Elle s'entraîne et de jour en jour elle grimpe plus haut, encore deux branches, encore une... il faut qu'elle soit à la hauteur si elle veut gagner le droit de grimper dans les marronniers de l'église. Ces marronniers attirent les enfants du village, même mon deuxième y élit domicile vers la fin août. Ils y préparent la bataille annuelle de marrons. Chaque groupe constitue sa réserve personnelle qui est cachée dans les endroits les plus insolites, au risque de ne pas retrouver le trésor le grand jour arrivé.
Véritable stratégie et grandes réunions préalables... Ma fille rêve d'y participer en tant que non-membre ; il lui faut au minimum savoir monter dans les sapins si les marronniers s'avèrent trop difficiles. Alors elle s'accroche et espère ... et prend son courage à deux mains pour monter encore un peu plus haut.
Quand je les vois s'amuser entre copains, disparaître pendant des heures, des journées entières consacrées à creuser des trous, à explorer la "rivière"... quand je les entends rigoler sous la fenêtre de ma chambre, quand je vois la joie des retrouvailles... j'ai vraiment difficile de me convaincre que seul le départ de cette maison me permettra de vivre une vie "normale". Comme cela me pèsera de ne plus avoir leur cris dans les oreilles, de ne plus les gronder parce qu'ils amènent un champ en dessous des chaussures... de ne plus avoir cette légèreté à vue de nez avec laquelle ils traversent ces journées d'été.
En attendant, qu'ils profitent du mieux qu'ils savent, que leur été soir le dernier ici ou non ...
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