par le voisin qui coupe son bois pas loin d'ici. Ballet de tracteurs bruyants, le clac-clac des troncs et le bruit de la scie m'ont sacrément bien tirés d'un rêve tellement beau que je râlais de bon coeur !
Je n'étais pas contente, pas du tout, il était tout juste 6heures 45 et le coucher avait été trop tardif pour que les quelques heures me suffisent pour me sentir en forme. Je ne suis pas en forme, j'ai des douleurs de plus en plus prononcées, j'ai un mal de tête permanent. Je mets sur le coup du mauvais temps, des températures qui grimpent au-dessus des 30 degrés pour retomber en dessous des 20 le lendemain. Je me fais vieille !
Côté poids, mes kilos si fièrement acquis sur l'année fondent, je mets tous mes bobos dans le même panier que les soucis côté post-divorce, sur mes énervements envers monsieur le père, sur un manque très difficile à gérer et sur mon incapacité de me couper complètement de toutes ces bêtises dont je n'avais pas besoin.
C'est certain, je n'ai pas encore vu l'apothéose qui m'attend pour septembre. Je n'ai pas encore touché le fond des insultes qui ne sauront tarder à me parvenir. Déjà assez compliqué de ne pas réagir aux récits des enfants, de ne pas rentrer dans les critiques qui se bousculent dans ma tête. Comment rester distante quand ma fille me dit qu'elle pleure tous les soirs parce qu'elle n'aime pas que la nouvelle compagne leur "enlève" le papa, qu'elle aime encore moins les voir entrer dans la chambre à coucher et passer la nuit ensemble. Ma fille n'est pas dupe, elle sait ce qui se passera derrière cette porte close.
Comment ne pas réagir aux mots très durs de mon deuxième qui prend la défense de son papa en hurlant que son papa ne fait pas l'amour à une autre femme, même s'ils couchent dans le même lit, que son papa n'est pas comme moi. Comment rester gentille et indulgente tout en lui expliquant que c'est tout de même exactement pour cela que leur papa les a quittés. Je considère qu'il leur a fait beaucoup de peine avec son départ, je commence enfin à insister sur le fait que ce n'est pas moi qui ai voulu et exigé son départ (même si, avec le recul je me rends compte que je suis si bien sans lui que j'aurais peut-être dû faire le choix moi-même de partir il y a bien longtemps).
Mon grand est comme sa soeur, lucide en restant en distance. C'est une autre façon de se protéger, c'est une autre façon de ne pas montrer sa peine.
Je perds du poids et cela me fait enrager, je perds du poids pour des raisons inutiles et je n'arrive pas à redresser la barre. D'accord, je rentre de nouveau dans tous mes vêtements, je ne suis plus obligée de retenir ma respiration pour passer les boutons... mais je ne suis pas heureuse avec cela.
Il faut que je me reprenne sérieusement en main ! Bientôt la rentrée avec un horaire qui s'annonce du diable. Comment vais-je concilier un éventuel travail avec des activités extra-scolaires pour lesquelles il n'y a pas d'autre possibilité qu'une personne avec voiture pour y aller ? Déjà aujourd'hui le planning est serré et il nous manquent encore au minimum 4 cours à caser. Oui, je serais de nouveau en voiture de 15 heures à 20.45 chaque jour de la semaine. Alors que les cours que je pourrais reprendre se déroulent de 14 heures à 20 heures...
Il faudra reprendre l'habitude de l'heure du matin à amener, rentrer, amener, rentrer les trois au train, à l'école... ma journée s'étalera de 6 heures du matin à ??? du soir. Oui, dans ces moments j'aimerais avoir un logement comme celui du papa qui ne doit amener personne puisqu'il habite à deux pas de tout. Parfois je l'envie de s'être simplifié sa vie au maximum... parfois je l'envie d'avoir cette faculté de passer au-dessus des sentiments de tout le monde pour vivre ce qu'il a envie de vivre... mais je me reprends vite en me disant que finalement je me préfère telle que je suis, même si ma bonne volonté me mène encore trop souvent vers une fatigue chronique difficile à combattre.
Tiens, ils ne coupent plus de bois...
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