Soirée fille avec ma fille hier. Les garçons étant partis chez leur papa pour regarder le foot on a d'abord longuement réfléchi ce qu'on allait faire de cette soirée en tête à tête imprévue. Pour ma fille c'était : film d'amouuuur, alors qu'un message très étrange et difficile à digérer avait coupé mon enthousiasme de l'attente des jours prochains et encore plus l'envie de regarder des personnages heureux se tenir la main et se jurer amour éternel.
Finalement, ma fille étant très persuasive, j'ai sorti un bon vieux film de sa boîte : Bridget Jones (la deuxième partie). L'histoire n'avait rien de bien génial aux yeux de ma jeune, elle tirait même la tête, mais au bout d'une dizaine de minutes, le charme des films britanniques et surtout des acteurs masculins (pour ma fille, bien entendu :-) ) nous avait saisi.
Dans ma chambre, la fenêtre grande ouverte, les papillons de nuits d'installaient sur les rideaux, le chien de la voisine hurlait sa joie de voir un chat s'aventurer dans son jardin. La voisine hurlait sa joie d'entendre son chien hurler de joie... aah, c'était très joyeux dans l'ensemble.
J'ai essayé d'arrêter de me tracasser de ce message si dévastateur, j'ai laissé aller puisque de toute façon, ce n'est pas à moi de prendre une décision à ce sujet, j'ai laissé aller en me disant que si c'est pour moi, cela arrivera, soucis ou non, rien n'y changera rien, le tout avec un succès très relatif.
On s'est fait manger par les moustiques, heureusement que j'avais dit non au pop-corn dans le lit (assez de nuits pénibles à chercher chaque petite miette qui picote dans le dos ...). Je tricotais, elle rigolait, je l'observais et on a éclaté de rire en voyant la pauvre Bridget dans sa vie si particulière.
Les garçons sont rentrés bien après 22 heures. J'ai entendu le crissement des pneus sur les pierres du chemin, j'ai reconnu le ronronnement du moteur de la grosse voiture qui était la mienne encore il y a un an. J'ai perçu la voix grave et masculine de mon grand qui refaisait le match avec son frère en montant les escaliers vers la porte d'entrée.
Ils étaient fatigués et excités, tous les clubs du pays ont réussi à se qualifier pour la suite des match. En perspective beaucoup de soirées foot, que ce soit ici ou là-bas. Ma fille soupirait, encore du foot chez papa... je lui ai adressé un sourire pour la consoler mais je sais qu'elle sera seule dans sa chambre à entendre les hommes débattre chaque action et elle se sentira exclue, comme si souvent.
Après quelques rappels à l'ordre elle s'est enfin brossée les dents, est venue se blottir en moment dans mes bras, m'a assuré son amour, que la soirée avait été géniale et qu'elle allait faire de beaux rêves avec, comme acteur principal, cet homme aux yeux bleus et si british dans ses manières. On a donc souhaité l'une à l'autre que nos voeux de rêves se réalisent et elle est montée se coucher.
Je voulais lire un peu, me détacher plus de ce sentiment désagréable qui me restait dans la tête... Il faisait son chemin et mes pensées, bien que j'appliquais tous mes petits trucs de détente, tournaient sans arrêt. J'avais pressenti qu'un mois comme celui-ci allait éclaircir les idées, allait mettre des mots, peut-être durs à entendre, sur une situation qui dès le début n'était pas franchement en ma faveur. Je n'ai pas changé de cap parce que j'estime que tout est possible si on le souhaite et que quand on est persuadé que c'est la seule chose à faire pour se construire une vie "heureuse" on se détache de ce qui est connu au risque de ramer un peu au début de l'autre côté.
L'inconnu fait peur parce qu'il faut lâcher un monde balisé, un monde qui nous rend malheureux peut-être, mais au moins, le malheur, on sait comment c'est. J'ai souvent l'impression qu'il y a des personnes autour de moi, qui s'occupent sans cesse, qui se créent des problèmes sans arrêt, qui font de chaque événement une catastrophe, pour ne pas devoir se poser les vraies, les bonnes questions.
Je ne suis plus ainsi, je l'ai fait très longtemps et j'ai eu la "révélation" qu'un problème en devient un juste parce qu'on réfléchit comment le résoudre dans le futur. Une fois abandonné l'idée qu'on doit tout contrôler et tout penser à l'avance et voir toutes les facettes négatives, la peur se dissipe et laisse place à une créativité du moment qui facilite la mise en place de solutions toutes aussi satisfaisantes et nettement plus constructives.
S'occuper sans cesse n'est qu'une façade derrière laquelle se cache la peur de constater qu'on est réellement malheureux dans ce qu'on vit et ce constat est violent à encaisser.
Les uns me trouvent impulsive et imprévisible, les autres trop directe dans mes déclarations spontanées. Oui, je suis pelante à toujours poser des questions, souvent les mêmes, mais c'est ainsi que je fonctionne. Je m'adapte à une situation parce qu'elle me le demande. Donc, ce que je dis aujourd'hui n'est qu'une des possibilités qui se présenteront demain.
Je vis dans l'urgence de la vie et cette urgence me pousse à vouloir réaliser beaucoup de rêves dans un futur proche si l'immédiat n'est pas faisable. Bien que je me retiens pour ne pas (trop) brusquer, peu comprennent le pourquoi de mes démarches. S'il ne me restait plus que six mois à vivre, je ne voudrais pas me sentir obligée de mettre le paquet pour ne pas avoir de regrets (éternels, c'est le cas de le dire :-)). Non, j'aimerais passer le reste de ce temps à parler, à m'entourer de ceux que j'aime, leur donner courage et leur laisser tellement de beaux moments qu'à l'heure du départ ils sauraient se dire que j'ai eu une vie qui m'a comblée...
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