vendredi 5 août 2011

Solitude

Je suis seule, de nouveau, encore une fois. 
Dimanche soir les enfants sont partis passer la deuxième quinzaine chez leur père, père que j'ai croisé au tribunal hier, père qui ne me dit ni bonjour ni au-revoir, père qui s'est fait plaindre devant le juge qui n'en avait rien à faire, ce n'était pas le bon endroit pour le faire, chose que mon avocate à bien mis en évidence en précisant qu'elle était malheureusement dans l'obligation de répondre aux accusations, bien que le divorce pour faute n'existe plus dans ce pays... le juge à accepté et a écouté "ma version des faits".

J'étais curieusement calme, j'étais bien presque bien, à l'aise, je me sentais détendue, peut-être ai-je été confrontée trop longtemps aux mêmes attaques pour encore en ressentir un effet néfaste hier. J'écoutais, avec application, les mensonges, les sous-entendus, les "oublis", les fourche-langues et en moi résonnait une joie de savoir que je n'aurais plus jamais à entendre ces choses chez moi, que de les entendre devant témoins était moins difficile que d'en être l'unique destinataire. 

Je vois, j'entends à quel point mon comportement d'après séparation a dû le mettre en rogne, me débrouiller seule, faire ce que j'ai envie de faire, sans qu'il puisse y intervenir directement, tout ceci est fort déplaisant pour lui. On m'a même reproché qu'un ami soit venu pour me donner un coup de main avec les palissades tombées... c'est vrai que c'est ridicule de baser des revendications financières sur de tels arguments. Je suis de nouveau en suspends, verdict rendu jeudi prochain 11 août, alors j'attends, sagement et détendue.

J'ai encore 10 jours sans enfants devant moi. 10 jours dans lesquels j'aimerai terminer tellement de choses sans savoir, de nouveau, si cela en vaut la peine. Je ne peux plus rester ici dans ces conditions, je ne veux plus rester si je sais que je suis surveillée par les voisins, si je sais que lui connaît mes allers et venues, qui passe quand chez moi, on ne peut voir la maison de la rue, ni les voitures qui s'y garent.... alors comment peut-il SAVOIR qui m'a donné un coup de main ??? Comment peut-il savoir qui me rend visite ?  Mon avocate m'a fait rire en parlant d'emblée de : manipulation.... mot qui n'a pas dû plaire à Monsieur... mais je m'en fiche, il est tombé tellement bas que je ne vois plus pourquoi je devrais encore mettre des gants en soie à son contact. 

Je ne sais pas si mes enfants partent, quand ils partiront, je n'ai droit à AUCUNE information ... 

Dans mes heures devant les papiers, à créer des cartes pour diverses occasions, mes pensées dérivent et s'attardent à des moments beaux et doux. Je sais que ma vie est d'une grande richesse, je sais que j'ai été touchée par la grâce de vivre et que mes anges gardiens veilleront sur moi comme ils le font depuis que je suis née. Je ne vis plus dans la peur d'un avenir douloureux puisque le premier pas à été franchi depuis presque un an. La décision de laisser partir celui qui vous fait souffrir en affirmant qu'il vous aime était certainement une des meilleures de ma vie. Même s'il essaie de blesser de loin, même s'il essaie de me détruire sur un plan financier et immobilier, là aussi, je fais confiance et je peux me dire que celui qui a perdu le plus c'est bien lui. Tellement de personnes qui sont déçues, qui se sont trompés en ne voyant que la face d'homme gentil sans soupçonner la noirceur qu'elle cachait. 

Je n'ai toujours pas envie d'en parler plus loin que mes proches, si eux en parlent c'est leur décision... je pourrais bien entendu l'imiter et faire lire ses derniers écrits à quelques personnes qui se feraient un plaisir de jouer les "messagers du coeur", mais en moi, aucune envie véritable, aucun besoin non plus, j'ai conscience qu'il est le papa des enfants, et juste pour eux, je me garde de divulguer ses grossièretés, au risque que l'étiquette de mauvaise, de coupable me collera jusqu'à la fin de ma vie... ce ne serait tout simplement pas moi ... non, j'y pense parfois pour m'imaginer la surprise de ceux qui disent le connaître, un grand sourire s'étend jusqu'aux oreilles et puis ma raison et mon "code d'honneur" se manifestent et l'idée parfois séduisante, je l'avoue, part en fumée... 

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