lundi 8 août 2011

Temps pourri, rêves pourris

Encore une nuit de pluie, j'ai dû fermer les fenêtres vers 3 heures du matin. Depuis, plus moyen de dormir. J'étouffe sous le drap, j'ai trop chaud, je transpire, mon corps a mal, ma tête aussi. 

Si vraiment l'été aura été ceci, la perspective de l'hiver me fait peur. Si je n'ai pas eu plus que quelques brèves semaines de répit dans les douleurs, la perspective des semaines à venir m'horripile. 

Je n'ai pas bien dormi, j'étais trempée, les cheveux collant à la nuque. J'étais entre rêve et éveil, dans cette luminosité qui me rappelle les heures à l'hôpital, pénombre artificielle qui scintille devant les yeux sans qu'on ne puisse distinguer de détails. Ma tête est pleine à craquer, elle fait du sur-régime, elle tourne sans cesse dans un vide que je n'arrive pas à remplir.

Les enfants me manquent, malgré leur comportement envers moi, malgré le fait qu'ils cassent, peut-être sans le savoir, leur avenir ici, malgré le fait qu'ils semblent me détester sans savoir se détacher complètement de moi. Ils me manquent parce qu'ils sont mes enfants, parce que jusque là, j'étais toujours à leurs côtés. Ils me manquent, c'est terrible. 

L'après-midi d'hier je n'arrivais plus à respirer calmement, j'étais en pleine crise d'angoisse. Que se passera-t-il pour eux ? Que feront-ils plus tard quand ils comprendront que juste pour me "donner la répartie", ils ont perdus une maison et une grande partie de sécurité financière ? Que l'aisance d'espace sera partie, uniquement parce qu'ils ne veulent croire mes explications ??? Qu'ils passeront le reste de leur enfance et adolescence sans espace personnel s'ils continuent de me faire passer pour une mauvaise mère et une mère qui ne subvient pas à leurs besoins ? Juste parce qu'ils m'en veulent de ne pas partir en vacances avec eux ? Juste parce qu'ils n'ont pas eu d'eau chaude à un moment pour un problème de chauffage ? ? ? 

A l'angoisse c'est alors ajoutée le manque de leur contact, de leurs voix, de leurs disputes même... Puis s'est greffé un autre manque tout aussi prononcé, qui lui n'en plus ne se dissipera pas facilement... je me sentais tout simplement seule, très seule dans cette maison si grande et si parfaite pour une vie de famille et tellement grotesque pour une femme toute seule...

Je ne suis toujours pas bien, je tourne en rond, je suis rentrée dans une mauvaise phase, corporellement et mentalement. Le contre-coup des deux dernières semaines ? La prise de conscience que je suis encore très loin du bout du tunnel qu'il me semblait avoir aperçu au début de l'été ? La certitude que la guerre n'a fait que véritablement commencer ? Est-ce que je veux encore me battre ? Après le verdict de jeudi qui ne sera même pas définitif mais juste une décision qui sera peut-être revue en septembre, est-ce que je vais savoir mobiliser assez de force pour les prochaines attaques qui pointent leur nez ? Est-ce que je saurais encore me botter les fesses pour me relever chaque jour et affronter les hostilités sans me laisser démonter ? En moi tout dit NON, assez. Je sens que mon corps ne veut plus, je sens que je m'éloigne beaucoup trop de ma zone de bien-être qui m'est nécessaire. Je crois que j'ai compris que ma santé m'est plus importante qu'une maison, aussi belle qu'elle soit. Que ma santé passe par une vie simple et heureuse et certainement pas à être et rester dans une attente et dans la défensive. 

Ce que je veux n'est pas compliqué.... je veux la paix ! Je veux juste la paix ....

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