mercredi 19 septembre 2012

Souvenirs


Souvenirs de vacances lointaines

Rarement je partais passer un weekend voire une semaine du côté de la famille de mon père. Bizarrement d'ailleurs quand on met en balance les nombreuses semaines que j'étais chez mes grand-parents maternels, à me faire gâter, bricoler, dessiner, faire des gâteaux le dimanche ... ah, enfant unique et petit-enfant unique, que dire, même si je me sentais un peu seule de temps à autre, je n'ai jamais eu de crise de jalousie à cause d'une soeur, cousine, frère, cousin, qui aurait eu la dernière cuillère de pâte délicieuse que ma marraine savait faire (et sait toujours faire d'ailleurs !).

Bizarre peut-être de ne pas le faire "de l'autre côté", mais, et je suis très sincère, heureusement que c'était ainsi. 

La soeur de mon papa avait une maison de vacances très loin (sisisisi, à plus d'une heure de la maison !) dans le village natal de mon papa, en face de la maison dans laquelle ils avaient passé leur enfance. De la vieille ferme j'ai juste encore l'odeur en mémoire, l'odeur et la chaleur de la petite "Stuff" la pièce dans laquelle se tenaient mes grand-parents. Contraste au reste de la maison glacée... et de la grande cuisine avec un poêle au bois, une énorme table au milieu.

Sur un talus l'autre maison ... grande avec une toute petite cuisine, des chambres très grandes, une grande terrasse assez cachée pour que ma tante y ose bronzer seins nus... oulaa, cela m'avait choquée de la voir ainsi ... :-)

Pour une raison obscure, même plus de 30 ans plus tard ... il fallait tartiner la tranche de pain : du bon côté ... comme je n'avais dû faire cela ... je ne savais pas lequel était le bon côté ... que faire ? Observer les autres le matin et le soir et ne rien comprendre parce qu'une tartine, ben, pour moi c'était pareil des deux côtés... j'avais donc régulièrement les yeux de ma tante rivés sur mon bout de pain, je voyais que mon côté choisi n'était pas le bon ... mince alors. 

Sur la table : du "bon lait de vache" en direct de la vache ... encore tiède ... avec une grosse couche de crème au dessus ... aïe ... déjà le lait sans rien, j'avais du mal, mais alors là ... c'était tout simplement un supplice. Du miel aussi, tout frais des abeilles (non je rigole :-)) mais du miel AVEC du lait tiède ? Aïe, j'avais des haut le coeur rien qu'en y pensant en me levant. 

Comme je passais pour la "difficile qui ne mange rien", je me contentais de mordiller un peu de pain, je trempais mes lèvres dans le bol et je faisais tout pour ne pas montrer mon dégoût. 

Je ne sais pas ce qu'on faisait le reste du temps ... des promenades peut-être ? Peut-être que je disparaissais dans les livres comme toujours ? Je n'ai aucun souvenir ... 

Quand approchait le départ j'étais HEUREUSE :-))) trop bien de rentrer chez moi, de retrouver mon lit, de retrouver ma petite vie pépère, de retrouver mon cacao matinal, parfois avec une tartine au miel qui, tiens, tiens, passait très bien chez moi :-)

Encore aujourd'hui, chaque fois que je sors le pain je me pose la question du bon côté, je pense avoir trouvé : le bon côté c'était le "petit côté", celui où l'on met "moins" dessus puisque plus petit... 

Mes enfants et moi utilisons le grand côté, pour pouvoir nous délecter des marmelades maison de ma marraine, du choco pendant les vacances, du miel et des charcuteries occasionnelles :-)))



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