jeudi 4 octobre 2012

Temps


Avoir du temps, du temps à ne rien faire, du temps à regarder dans le vide sans se soucier du temps qui passe.

Je pense sincèrement que c'est la première fois que j'ai ce temps-là.


Petite je faisais autant d'heures à faire de la musique que le temps passé à l'école; plus tard même plus d'heures en musique qu'en cours. 
J'ai travaillé pendant les vacances à partir de 15 ans, je suis partie à des stages de musique régulièrement pendant une, deux semaines. 

Quand je suis entrée dans la "vie active", j'avais à côté de mon 40heures, un horaire complet en tant que chargée de cours assortis 17 d'heures de cours au conservatoire. 

Pas le temps de glander, pas le temps de me reposer, pas le temps de dormir assez, pas le temps de juste rien faire. Les prépas de cours, les corrections de devoirs, le temps passé en voiture pour me rendre de salle en salle, tout était planifié à la minute près. 

J'ai eu mes enfants, j'ai continué de travailler, un peu moins certes, mais rester avec trois enfants à la maison, en gérant la vie quotidienne sans grande aide de la part du papa ... prenais du temps aussi. 

Oui, je vais être honnête, j'ai aimé le temps passé à l'hôpital, alité pendant de longues semaines, à couver les bébés, à les faire grandir assez en moi pour leur permettre de naître le plus proche possible du terme. Je lisais, je cousais, je dormais... 

Alors aujourd'hui que j'ai du temps ... j'adore. J'adore être seule chezmoi, à me faire plaisir en lisant, en écoutant la radio, en dessinant et en me cuisinant des trucs qui prennent ... du temps :-)

J'adore les soirées passées seules ici, à me choisir une occupation, à me coucher quand je suis fatiguée, même s'il n'est que 20 heures.

Ce qui m'est restée des années sans temps ? Je ne sais pas rester "sans rien faire". J'ai en permanence un projet en cours, un tricot pour les films, des dessins, des bricolages. 

Rester sans aucune occupation plus d'une heure, je n'y arrive pas. Même si je ne lis plus aucune page, j'ai un livre en main quand je me couche... 
J'ai mauvaise conscience quand je "gâche" du temps ...

Quand on veut me persuader que je devrais sortir plus, voir plus de monde, avoir des occupations hors chezmoi, je sais que c'est pour "me faire du bien", que c'est parce qu'on pense que je suis malheureuse chezmoi, toute seule, mais... je ne suis nullement malheureuse. Pour la première fois de ma vie je vis seule pendant une semaine, pour la première fois de ma vie, j'ai une vie rien qu'à moi, sans devoir m'adapter, sans devoir me mettre en arrière, et je savoure chaque jour.

Peut-être qu'à un moment je vais en avoir assez de cette façon de vivre et là, on verra bien, je saurais m'adapter je pense :-)


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