Les bon jours comme les mauvais ...
Suis-je trop fleur bleue pour y croire encore ? Suis-je trop "romantique" pour me dire que c'est l'essence même d'une relation sérieuse autre que l'amusement ?
Moi j'y crois, je veux y croire, parce que je ne me sens plus la force de faire semblant pour juste plaire ... Si je suis mal et qu'en plus, pour ne froisser personne, je dois jouer la comédie ... non, plus cela.
Les jours sans, je reste cloîtrée chezmoi, je rentre dans ma coquille et j'attends que le pire passe. Les jours sans je sors et je laisse couler mes larmes et en rentrant je prétends que c'est le vent qui me pique les yeux.
Les jours sans, je fais des efforts pour paraître normale, pour qu'on ne puisse me reprocher que je suis "pas bien". Mais dans une relation qui devrait durer dans le temps ? Jouer la comédie tout le temps ?
Je l'ai fait, je me suis retrouvée clouée au mur, à être dans le rôle qui me tirait vers le bas, chaque jour un peu plus.
Oui, je suis de mauvais poil de temps à autre, la vie, les soucis, le quotidien, le fait d'attendre sans recevoir, le fait de donner sans compter pour encaisser des remarques et des réflexions qui font de moi un nid de doutes et les doutes creusent dans le passé et resurgissent les fantômes que j'espérais avoir chassés.
Le temps qui reste gris jour après jour, le temps qui fatigue mon esprit et mon corps, le temps, l'usure de certaines situations vécues et re-vécues, ont un poids tel que j'ai du mal à me relever, à garder la tête haute ...
Prendre des coups est partie intégrante de la vie. Prendre des coups pour non-conformisme juste parce que je suis obligée de jongler avec les quelques heures BIEN que je vis ? Non, certainement pas, j'ai tout simplement assez "donné" dans le domaine.
Je suis toujours étonnée de voir que le monde pense avoir le droit de vivre selon les erreurs du passé, selon les circonstances malheureuses mais quand il s'agit de moi ... mon passé et mon vécu sont mis de côté d'un geste négligeant ... Comme si toutes les années pénibles n'avaient pas eu lieu et que rien de ce qui m'a mis à "mort" a le droit d'influencer mes journées aujourd'hui.
J'ai eu deux cancers, j'ai eu des grossesses difficiles, j'ai eu des enfants exigeants et tout cela façonne la femme que je suis devenue. Plus dure dans certains cas, plus ouverte dans d'autres.
Oui, la maladie m'a montrée que la vie ne tient qu'à un fil et qu'il faut agir pour que la vie apporte ce qu'on souhaite, que la vie n'est pas toujours rose-bonbon mais que dans le gris se trouvent des nuances de toutes les couleurs... Je crois que j'avais mis de côté mon urgence de VIVRE pour des raison diverses et qu'elle s'est enflammée depuis que j'expérimente de vivre sans tous mes artifices moléculaires.
Je n'ai pas "la vie devant moi", elle sera plus courte, je le sais ... et je ne veux me gâcher ce qui me reste en jouant un rôle qui m'empêche de respirer... je suis telle que je suis et j'ai le droit d'être de mauvais poil, d'être mal, d'être désagréable aussi et puis de redevenir celle qui se cache au dessous de cette m.... apparente.
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