dimanche 10 mars 2013

Rien à dire


mais vraiment rien. 
A part que les enfants sont malades ... ben quoi ? Encore ? Encore en rentrant de chez leur père ??

Que ma fille ballade de nouveau des petites bêtes sur sa tête ? Quoi ? Encore ? Encore en rentrant de chez leur père ? 
Oui, encore, alors que je lui donne les produits en la sermonnant d'appliquer la lotion en semaine pas ici ... mais rien à faire, pas moyen, elle est de nouveau infestée... 

Que ma fille a vomi dans ma voiture, pile entre les sièges avant ? Juste parce qu'elle avait tellement mauvaise conscience de ne pas aller à l'enterrement qu'elle a bravé les nausées et les crampes abdominales et qu'une fois en voiture, à la sortie du garage ... ben oui, tout ce qu'elle avait avalé depuis vendredi midi s'est reparti sur les sièges, entre les sièges, sur elle, sur moi... 

Que nous sommes arrivées pile poil devant l'église, après l'avoir changée, après avoir épongé le gros de l'accident ?

Que devant l'église se tenait toute la sainte famille ? 
Que dans la sainte famille se trouvait la nouvelle compagne du père des enfants ? 
Que la nouvelle compagne est un copier-coller de moi-même ... même coupe de cheveux, même gabarit, presque les mêmes yeux, même allure ? 
Qu'une bonne partie des personnes qui l'ont vue ont dû penser que c'était moi et qu'une fois que j'étais entrée à l'église et que j'avais rejoint discrètement le papa tout à l'avant, pour lui dire que sa fille venait de vomir et qu'elle allait rester avec moi au fond par pure précaution, ils ont eu un peu de mal à comprendre ce que je faisais là en double ? 

Que le père aurait voulu me mettre dehors d'un simple : "fiche le camp" mais que seul lui était permis de me jeter un regard qui aurait glacé un iceberg en pleine expansion ? 

Que la sainte famille avait sorti le grand jeu avec beaucoup de tralalaa et de mots posés, avec des lectures balsamiques et tellement pleines de bonté que leur halo de sainteté éclairait l'église ? 
Que je me suis pincée quand le père, dans sa lecture a parlé d'amour éternel qu'on ne sait vouer qu'à une seule personne, le tout sans rougir ou se sentir "mal à l'aise" ? 
Que je me suis demandée encore une fois comment il se fait que le fils reste en de bons termes avec ses parents alors que sa soeur avait été bannie, rayée des testaments divers lorsqu'elle a quitté son premier mari pour son amant de l'époque ? 
Mais sinon, rien. 

Rien sauf une douleur pratiquement insupportable du fait que j'ai dormi sur le canapé pour laisser mon lit une personne à ma fille, pour qu'elle ne soit pas trop loin de la salle de bains.

Rien, sinon les aveux de ma fille que c'est tout de même glauque de voir la même femme que sa mère le matin au petit déjeuner, de la voir se laver au même lavabo, de la voir dormir dans le même lit à la même place et d'avoir une petite soeur à qui on aménage une chambre en toute hâte.

Rien, sinon que j'ai roulé avec mon deuxième sur le parking du supermarché tout proche, que je lui ai appris à démarrer, à rouler au pas, à tourner sans accrocs, à se garer, à faire un peu de marche arrière ? Le tout en tout secret, juste lui et moi, petite excursion décidée sur un coup de tête ... 
Qui nous a fait du bien, à tous les deux, qui nous a rapprochés aussi, un peu, beaucoup ? 

Comme je disais, rien à dire ... 



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