de dormir une nuit complète sans migraine, sans mal de tête. Dormir de fatigue !
Hier soir au coucher, j'ai mis en route un livre audio pour passer le temps de l'endormissement... qui est très long chez moi. Cela va d'une demi-heure à deux heures, dépendant mon état de mal.
Hier donc, j'étais dans mon lit, j'avais oublié de prendre ma bouteille d'eau et je me suis dit : pas grave, j'irai la chercher au prochain lever... qui ne s'est pas produit.
J'ai écouté la voix quelque peu monotone, j'ai écouté les phrases qui s'enchaînaient... sans écouter vraiment. Mes pensées dérivaient vers de lointains horizons. Je me suis rappelée cette parenthèse hors du temps d'il y a quelque mois, le coucher du soleil au bord de mer, l'ambiance feutrée du lieu, le repas, le vin, la compagnie... je me suis rappelée à quel point je me sentais bien là-bas, à quel point je me sentais à ma place, assise à une petite table intime. Je me suis rappelée les rires, les mots échangés, je me suis rappelée les yeux fixés sur moi, la main sur la mienne... et c'était bien.
Et doucement j'ai glissé dans mon sommeil profond, sans bouger pendant des heures. Dans ma nuit je n'étais pas seule, j'avais avec moi un compagnon de voyage, j'avais à mes côtés ce qui me manque cruellement de temps à autre... d'avoir quelqu'un à qui parler, d'avoir quelqu'un qui regarde de bêtes films avec moi le soir, d'avoir avec moi quelqu'un qui me permette de partager ma vie... et de savoir que cela n'arrivera pas, que cela restera juste une envie, juste une lubie, juste un rêve m'a fait comprendre, encore une fois, que aimer la solitude ne concorde pas avec se sentir seule.
Cela passera comme c'est passé maintes fois déjà et je me réjouirai de nouveau de ma liberté de vie de célibataire, mais ce matin j'avais la boule au ventre parce que je me suis sentie tellement bien là-bas et que la réalité n'est pas construite ainsi...
C'est vrai que je le sais depuis longtemps, c'est vrai que je l'accepte pour diverses raisons, c'est vrai que je ne veux pas faire de mal à d'autres même si je ne les connais pas vraiment. Je sais que je n'aurais pas eu le courage de quitter tout pour une destinée incertaine... c'est vrai que j'aurai continué dans le train-train, le connu, le mal-être certainement, en comptant les années qui passent, en comptant les années jusqu'à ce que les enfants n'auraient plus besoin du cocon familial, pour le briser et m'échapper enfin afin de vivre un peu aussi.
Et c'est vrai que je maudis un voyage scolaire, une nuit d'hôtel qui aurait pu changer tellement de choses, qui aurait pu m'ouvrir les yeux, je maudis mon manque de courage, je maudis ma personnalité qui prend sur elle, qui n'a pas montré sa jalousie, sa colère au bon moment...
Mais on ne sait revenir en arrière, les années ont passé et la vie nous a conduit chacun à sa manière dans son chemin. On s'est certainement croisés sans se reconnaître, souvent, sans porter la moindre attention à l'autre qu'on regarde sans le voir.
Malgré tout, la vie m'a gâtée avec de magnifiques enfants, avec quelques années de belle vie sans soucis, avec le cadeau de deux nouvelles vie après la maladie, avec une liberté retrouvée, avec la simple envie de vivre. J'ai eu quelques années dans l'abondance matérielle, dans une belle maison, grande et agréable, j'ai eu quelques années dans un travail que j'adorais. Je ne peux me plaindre, ce serait injuste !!!
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