Et comment faire quand on se retrouve seule à vouloir inculquer la notion de respect à ses enfants.
Mon aîné a toujours été un enfant impulsif et développait déjà bébé des colères considérables s'il n'obtenait pas ce qu'il voulait. En grandissant il a ajouté à sa panoplie un air dégouté et boudait à la moindre occasion.
Aujourd'hui à presque 15 ans, il est en pleine crise pubertaire et même si je comprends que ce n'est pas la plus belle période dans sa vie, j'ai du mal à encaisser ses coups psychiques comme physiques. Il a perdu contrôle jeudi alors que je le ramenais à la maison. Pesant deux fois mon poids et me dépassant de presque deux têtes il a très bien compris que je ne suis plus une "menace" pour lui. S'il décide que c'est non, c'est non et je n'ai aucun moyen de le faire bouger. Il a refusé de sortir de la voiture, il m'a insulté, il m'a répété des propos de son père, que je ne suis qu'une bonne à rien, une emmerdeuse ...
Me disant que son père devrait pouvoir lui faire comprendre que son comportement n'est pas seulement grossier et impossible, mais qu'aussi il me doit le respect comme à tout être vivant, je lui ai fait part de l'incident qui venait de se produire. J'ai reçu un bref : je vais lui en parler. C'était tout.
Comme le weekend les enfants étaient chez le papa, tous les espoirs étaient permis. Je pensais qu'il allait leur dire que non, c'était impossible et inadmissible (le mot favori du papa !) et puis non, il a juste dit qu'il devait donner un coup de main à la maison... rien à voir avec ce qu'il s'était passé ! Rien ! Il n'avait encore une fois rien compris de ce qui me tracassait et me faisait peur.
Cerise sur le gâteau, je reçois un sms à 19.15 hier soir : on rentre vers 21.00. L'heure convenue étant 20.00 je n'ai rien dit, pensant qu'il devait avoir une raison pour les ramener plus tard. Et puis, la douche froide : ils rentraient de Bruxelles, ils avaient fait une sortie "en famille", il les avait amenés à Bruxelles, parce que cela leur fait plaisir... parce que, lui, il leur fait plaisir...
Non seulement j'avais dans mes projets de passer un weekend à Bruxelles avec eux et ils le savaient et lui avaient parlés des expos qu'on prévoyait de voir, mais aussi le fait de les mettre en voiture et puis, récompense pour comportement exemplaire, on monte, on fait 6 heures de voiture, parce que lui, il peut m'ont fortement blessés.
C'est bête, je sais, mais je me sens trahie, je me sens nulle, je me sens seule face à un problème qui grandit et devient ingérable.
Pourquoi je lui fais encore confiance ? Pourquoi je pense qu'il mettra de côté ses aigreurs et ses motifs personnels pour m'aider ? Pourquoi je n'ai toujours pas compris que de son côté je suis et resterais à tout jamais celle qui ne fait que raconter des histoires, la seule fautive, la méchante qui ne pense qu'à elle ?
Et pour m'enfoncer encore plus, je lui ai réécrit, criant mon désespoir face à ses actes, lui rappelant que ce n'est assurément pas cela que mon fils avait mérité, qu'il aurait peut-être du mettre ses idées de ; mais, ce n'est qu'un gamin et tu ne l'aimes pas comme il faut (ce qui en clair veut dire : tu ne m'aimes, ou m'aimais pas comme je le mérite !). Aucune réponse !
Je suis donc seule, encore et toujours seule. J'en suis à me demander si dans ma tête tout est déformé, que je ne tourne pas rond et que j'ai un sérieux problème. Même si ma psy, qui me suit depuis le premier cancer, m'assure que je suis OK, que je suis une battante et que je mérite mieux qu'un mari qui se trouve à plaindre plutôt que de se réjouir que sa femme est encore en vie, et que, non, ce n'est pas moi qui ai un problème... même si, au plus profond de moi, se révolte une petite voix qui crie : arrête de te prendre la tête, arrête de penser que t'es une mauvaise personne, le fait de me faire enfoncer au moindre problème me fait souffrir !
Que vais-je faire ? En attendant les règles de la maison ont changé. Elles sont strictes maintenant, parce que je le dois à eux et à la société dans laquelle ils évoluent. Je vais encore être la méchante, celle qui réprimande, celle qui interdit, mais quand on a dépassé les bornes on a aussi dépassé ce que je peux endurer.
Pas facile d'être mère ...

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