dominical, fin de semaine, journée de migraine n°6 ...
Depuis que je vais chez le mon ami-kiné, j'ai des migraines terribles, que j'avais avant aussi, mais elles étaient moins douloureuses que celles qui me tiennent compagnie aujourd'hui.
Six jours de réveil difficile, de manque d'appétit, de manque d'entrain, de manque de tout ce qui pourrait améliorer la journée.
Il me "décoince" les cervicales, il essaie d'assouplir la masse compacte qui s'étire de la nuque jusqu'aux fessiers et j'ai l'impression que mon corps travaille contre lui en se cramponnant à sa position malsaine, en retombant dans sa structure connue.
Lutte entre corps et homme avec au milieu, moi, ma tête, mon dos, mon corps qui encaisse pas mal depuis quelque temps, au propre comme au figuré.
L'expression " en avoir plein le dos" n'a jamais sonné aussi juste.
J'ai devant moi ma boîte avec le remède miracle qui enlève la douleur pour quelques heures mais qui peut provoquer une migraine par la suite aussi, comme au sevrage d'une substance que l'organisme réclame.
Ecrire ces mots me prend le triple du temps parce que je n'ai plus aucune coordination entre tête et doigts, les fautes s'enchaînent et cela m'énerve !!!
Si j'apprends à vivre avec ces douleurs permanentes je n'arrive pas à m'habituer à ce ralentissement de l'esprit, de ma dextérité, de mes capacités intellectuelles. Cela me fait peur, perdre la tête en plus du corps me fait peur !
Tricoter est difficile, coudre encore plus parce que je n'arrive pas à calquer mon rythme à celui de la machine, lire impossible, dessiner en restant aux contours, prendre des photos m'énerve parce que je suis incapable d'assurer une mise au point manuelle et que celle de l'appareil ne me convient pas.
Que fais-je donc de ces journées si nombreuses ? Bonne question... j'étais sous la douche pendant 15 minutes (pas écolo du tout je sais ...) sous l'eau bouillante (pas écolo du tout ... je sais) espérant que la chaleur allait dégager la douleur, détendre ce muscle de l'épaule qui fixe mon bras droit contre les côtes si fort que lever le bras est ... impossible.
Je me suis préparée un petit déjeuner régressif, tartines beurre-sucre, mélange qui me replonge dans les mois d'hospitalisation des dernières années avec son choix diabolique : petit pain ou tartine (le dimanche c'était croissant d'office). Enduire un petit pain d'une épaisse couche de beurre avec une perf dans chaque bras était devenu un jeu d'enfant, ruisseler le sucre prévu pour le café dessus et s'en mettre plein le lit (parce que, oui, j'avais le petit-déjeuner, le déjeuner et le souper au lit ;-) l'hôtel de grande classe non ? )
Ce qui me fait penser que ma manie de miettes dans le lit vient de cette époque, rien de plus énervant que ces bouts durs qui piquent les jambes, dans mon lit, personne à part moi, ne met les pieds, les enfants essaient, enfin plus les garçons, mais bien ma fille qui veut se glisser en douce contre moi le matin ou le soir et que je fais fuir en lui lançant un : t'as les pieds propres ????
Finalement les hospitalisations à répétition, dans le même service, avec le même personnel qui rentre et sort 25 fois par jour pour interrompre les activités palpitantes que l'on peut avoir dans un lit, remplie de médicaments et de calmants m'ont montrée que le vie s'arrête totalement derrière ces portes et je ferais mieux de profiter de maintenant au lieu de râler et de me plaindre ...
Sauf que : je ne suis pas bien, pas aujourd'hui, pas hier, pas la semaine dernière, ni celle d'avant et je peux continuer ainsi sur une longue période...
Corps et esprit, liés même si le lien est nocif, dangereux, malsain.
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